Retour à la case Lycoming pour les Ecoflyer

jeudi 25 juin 2009



Face au mutisme de Centurion (anciennement Thielert), les propriétaires de DR400 Ecoflyer envisagent désormais de monter, en lieu et place du moteur diesel Centurion 1.7, un moteur à essence Lycoming de 160 cv. Pour cela, ils veulent s’engouffrer dans une brèche administrative.

Denis Rongier, le président de l’aéro-club de Bourg-en-Bresse (Ain) dont l’Ecoflyer est cloué au sol depuis avril 2008 a fait le tour du problème. « Trois solutions s’offrent à nous. La première serait de remplacer notre moteur Centurion 1.7 par un autre moteur diesel, mais le 1.7 n’est plus produit et le 2.0 n’est pas certifié sur le DR400. La deuxième solution consisterait à ce que Austro Engine accepte de certifier son moteur AE300 sur le Robin, mais compte tenu le nombre d’avions concernés, cela n’est pas économiquement viable pour le motoriste. De plus ce moteur est sensiblement plus lourd. Reste la troisième solution qui viserait à revenir au moteur d’origine qui est le Lycoming de 160 cv ».

Et c’est cette dernière solution qu’a retenue le président de l’aéro-club bressan qui, en creusant le dossier, a mis en lumière une faille administrative sur laquelle il compte s’appuyer. « Sur le certificat de type de l’Ecoflyer identifié comme étant un DR400-140B il n’est pas fait mention du moteur diesel. Il n’est question que du moteur à essence Lycoming de 160 cv. Cela signifie donc qu’en principe, nous n’avons besoin d’aucune autorisation pour déposer le Centurion 1.7 et pour le remplacer par un Lycoming ».

Denis Rongier a attiré l’attention du GSAC sur ce point qui a reconnu les faits. Faute de pouvoir obtenir une trace écrite, il s’est retourné vers la DGAC qui le renvoie vers l’EASA. Il se tourne désormais vers la Fédération française aéronautique. « J’attends du service juridique de la FFA qu’il trouve le texte qui m’interdirait de voler avec un moteur essence ». Et pour donner plus de poids à son action, il a entrepris de fédérer les propriétaires d’Ecoflyer. Il en a recensé une quarantaine en Europe dont 24 en France. Le coût de la remotorisation est évalué entre 30 et 35.000 euros.

Gil Roy


Commentaires

Retour à la case Lycoming pour les Ecoflyer
vendredi 25 septembre 2009 à 09h28

Le contenu de l’article est exact, mais il réside un problème de taille. Si l’Ecoflyer est un DR400-140B auquel APEX a appliqué un STC (appartenant à Thielert), pour démodifier, il faudrait des données de désinstallation et de réinstallation avec liste de pièces... Aucune données de la sorte n’existe.

C’est typiquement le cas des propriétaires de C182 qui ont fait installer un moteur SMA en conservant en stockage le moteur et les pièces d’origine pour le cas où... Faute de données, ils ne peuvent faire de retour en arrière même si règlementairement c’est possible.

Un STC est une modification certifiée par quelqu’un qui n’est pas le détenteur de certificat de type mais destinée à être installée sur un avion en service. En pratique, il n’est pas interdit de l’installer sur un avion neuf. C’est ce qui s’est passé chez APEX où il n’y avait ni finance ni compétence pour développer la motorisation diesel. C’est pour cela que Thielert a développé et certifié un STC. Selon un accord Apex/Thielert, personne ne pouvait acheter ce STC pour équiper un avion en service. Seuls les avions neufs sortant de chez APEX étaient équipés. Malheureusement si ces avions restent des DR400-140B, personne ne sait comment les démodifier, selon quelle liste de pièces. Il faudrait un document approuvé. Il reste aussi le problème de la disponibilité des dites pièces.

Un autre exemple de STC neuf actuel est l’installation d’un turbo sur les Cirrus SR22. Les SR22 peuvent être équipés neuf d’un turbo nomalizer (permet de conserver la pression d’admission du niveau de la mer jusqu’à l’altitude dite de rétablissement) qui a été développé par Turbo Alley.

Denis Pluche

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