Tentative de regroupement des propriétaires d’Ecoflyer

A l’initiative du président de l’aéro-club de Bourg-en-Bresse, les propriétaires d’Ecoflyer vont se rassembler, le 13 octobre 2009, à Paris, pour créer une association. Leur objectif est de trouver une solution commune pour permettre aux DR-400 à moteur diesel Thielert de voler.
Selon Denis Rongier, président de l’aéro-club de Bourg-en-Bresse, il y aurait actuellement en France 7 ou 8 Ecoflyer cloués au sol (celui de son club l’est depuis avril 2008). Et d’une manière ou d’une autre, à terme, l’ensemble de la flotte, soit une quarantaine de machines, est concerné par le problème. Les plus anciens modèles équipés du moteur Centurion 1.7 sont arrivés à bout de potentiel et comme le Centurion 1.7 n’est plus fabriqué, il n’est pas possible de changer le moteur. Quant aux autres Ecoflyer, équipés du Centurion 2.0, les conditions de garantie ayant changé, les prix des pièces et du moteur sont devenus inacceptables pour beaucoup de propriétaires. La nouvelle donne imposée par le liquidateur judiciaire en charge du dossier Thielert a fondamentalement remis en question l’intérêt économique du diesel.

- Deux des trois Ecoflyer de l’aéro-club de Colmar
- Photo Gil Roy
« Pour sortir de cette impasse, les propriétaires ont tout intérêt à se regrouper et à ne parler que d’une seule voix avec Thielert, avec la FFA, avec la DGAC et avec l’EASA », explique Denis Rongier. « A court terme, nous souhaitons pouvoir remettre en service les avions cloués au sol, et à moyen terme, remotoriser l’ensemble de la flotte ». Le président de l’aéro-club de Bourg-en-Bresse affirme que « les aéro-clubs concernés sont mobilisés » et qu’il a obtenu « un soutien réel de la FFA ».
La première initiative de cette future association interclubs de défense des propriétaires d’Ecoflyer sera de prendre contact avec Thielert. Beaucoup se plaignent en effet de ne pas y parvenir individuellement. Il s’agit de trouver un arrangement pour permettre de remettre rapidement en vol les avions bloqués. Dans le même temps, l’association se rapprochera des ateliers de maintenance susceptible de faire certifier la remotorisation des Ecoflyer.
« Il existe deux options, d’une part le moteur Lycoming de 160 ch, d’autre part le Continental de 120 ch », résume Denis Rongier. La première solution constitue un retour à la case départ avec un moteur d’ancienne génération qui a fait ses preuves. Elle permet surtout de retrouver un vrai quadriplace. La seconde solution se rapproche plus du moteur Thielert avec un Fadec (donc une monomanette) qui optimise le rendement du groupe motopropulseur. L’inconvénient est la faible puissance développée et aux yeux de Denis Rongier, ceci est rédhibitoire.

- L’Ecoflyer de l’aéro-club de Savoie
- Photo Gil Roy
Christophe Robin, (Dyn’Aviation) interrogé sur ce sujet est catégorique : « Chaque moteur présente des avantages et des inconvénients, mais une chose est sûre, les propriétaires d’Ecoflyer doivent se mettre d’accord sur l’une ou sur l’autre des deux solutions pour que l’opération soit économiquement viable. Il n’est pas question de faire deux compléments de certifications pour un nombre aussi restreint de machines ».
Les propriétaires d’Ecoflyer étant convaincus de l’intérêt de se fédérer, Denis Rongier estime pouvoir boucler ce dossier rapidement, c’est-à-dire obtenir un consensus des propriétaires sur l’un ou l’autre moteur, trouver un accord commercial avec un atelier de mécanique et convaincre l’EASA et la DGAC d’approuver rapidement le dossier de modification qui leur sera soumis. Son objectif est de pouvoir aborder la saison 2010 avec des Ecoflyer remotorisés. Il va falloir mettre les bouchées doubles pour y parvenir. Le plan de bataille sera établi, à Paris, lors de l’assemblée générale constituante du 13 octobre 2009.
Gil Roy
Photos : © Gil Roy







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