Les cadets Air France dans la nature

En ces temps incertains de délestage des vols, Air France ne sait plus quoi faire de ses pilotes-stagiaires. Alors, la compagnie tente des expériences dans l’espoir de corriger certains défauts et travers révélés par ce cursus mis en place il y a une dizaine d’années.
Cette année, Air France n’a pas recruté de candidats pour sa filière Cadets. La prochaine sélection n’est pas d’actualité non plus. Pour l’heure la compagnie française est occupée à réduire ses effectifs et elle doit aussi s’occuper des jeunes pilotes qui sortent de l’EPAG et auxquels, elle a promis par contrat, une place dans un cockpit d’A320.
Une cinquantaine de Cadets sont actuellement à l’EPAG, école à laquelle Air France a confié la formation initiale. D’autres sont à la porte de l’école, attendant leur convocation, pour débuter leur cursus. Il y a aussi ceux qui ont achevé cette première phase et qui attendent d’entrer en stage de transition réacteur. A tous les stades de la formation, qui en temps normal, s’étend sur 28 mois (20 mois pour la formation initiale et 8 pour la formation complémentaire), des stagiaires attendent le feu vert pour passer à l’étape suivante. Et l’attente peut durer des mois pour certains. Rien d’alarmant puisqu’ils continuent à être payés et qu’ils savent que tôt ou tard, ils commenceront à travailler. Ils tuent le temps en voyageant sur les lignes de leur compagnie puisque contrairement aux EPL (élèves pilotes de ligne) de l’ENAC, eux bénéficient de tarifs préférentiels (les célèbres « GP »).

- Des Cadets Air France au SEFA
- La compagnie nationale remettrait-elle en question la formation dispensée par l’EPAG, son partenaire de la première heure ?
Les Cadets font partie d’Air France et cela change tout par rapport, précisément aux EPL, qui eux, même s’ils bénéficient d’une formation gratuite de qualité, n’ont aucune certitude de faire carrière dans la compagnie nationale. Cette différence de statut induit des comportements singuliers, comme ont pu le constater les instructeurs du SEFA qui ont vu passer le groupe de Cadets que leur a confié Air France.
Les instructeurs des centres nationaux sont formels, les EPL sont beaucoup plus motivés que les Cadets. Les premiers ont tout à prouver pour se faire une place au soleil. Les seconds l’ont décrochée le jour où ils ont réussi leur concours d’entrée et cela change tout. La rencontre de ces deux populations a été révélatrice des travers de la filière Cadets.
Toujours au chapitre des expérimentations, Air France a décidé d’envoyer, cet été, un autre groupe de Cadets à Saint-Auban, où est implanté le Centre national de vol à voile. Les responsables pédagogiques d’Air France se sont en effet rendus compte que les jeunes pilotes étaient parfaitement formatés pour suivre des procédures, mais qu’ils étaient complètement désarmés face aux prises de décision. D’où l’idée du planeur. Le vol sans moteur étant une suite de prises de décisions qui interviennent en moyenne toutes les minutes, le déroulement du vol dépend directement des choix opérés par le pilote. Pour l’heure, il s’agit seulement d’une expérience rendue possible parce que rien ne presse et que les cadets ne sont pas attendus en ligne.
Et puisqu’il faut jouer la montre, autant le faire de manière utile. Reste à savoir ce qu’Air France retiendra de tout cela.
Gil Roy
Photos : © Gil Roy









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