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Vol AF447 : le BEA sur la défensive

Sureté - Sécurité

publié le jeudi 4 août 2011
par Gil Roy

Dans l’enquête sur le crash de l’A330 d’Air France (vol Rio-Paris), l’impartialité du Bureau d’enquêtes et d’analyse est mise en question.

Suite aux informations parues dans la presse, le 3 août 2011, sur le retrait du rapport préliminaire du 29 juillet dernier d’une recommandation concernant l’alarme de décrochage, le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) a demandé à son enquêteur de suspendre sa participation aux travaux du BEA : «  les pilotes n’entendent pas fuir leurs responsabilités mais ils n’accepteront pas que cette enquête se transforme en une simple instruction à charge contre l’équipage ». Le SNPL affirme que « sa confiance dans le Bureau d’Enquête et d’Analyses est sérieusement entamée ». Pour l’association Entraide et Solidarité AF447, représentant des familles de victimes du drame, l’enquête est « définitivement discréditée ».

Il est évident que l’annonce du retrait de cette recommandation jette un trouble sur l’enquête et ne manque pas d’entrainer de la suspicion. Alain Bouillard, le directeur de l’enquête technique sur l’accident de l’A330-200 d’Air France (1er juin 2009) a tenté, hier, de se justifier sur l’antenne de RMC en affirmant qu’il n’avait jamais subi de pressions dans son métier d’enquêteur : «  le rapport, c’est moi qui le rédige, avec mon équipe et qui le propose pour validation au directeur. Je n’ai jamais vu, je n’ai jamais connu un directeur qui m’a censuré un rapport  ».

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J.P. Troadec, directeur du BEA, lors de la présentation du 3ème rapport préliminaire sur le crash du vol AF447 Rio-Paris
Photo : © Gil Roy / Aerobuzz.fr

Dans un communiqué de presse daté du 3 août 2011, le BEA explique que « le projet de rapport confidentiel qui avait été adressé pour commentaires aux experts désignés par l’exploitant, le constructeur et le SNPL ainsi qu’aux autorités associées à l’enquête (…) contenait un projet de recommandation relative au fonctionnement de l’alarme de décrochage. Ce projet a été retiré car il est apparu aux enquêteurs du BEA que cette recommandation était prématurée à ce stade de l’enquête. En effet, ce sujet devra être approfondi par le groupe « Systèmes avion » et complété par les travaux du groupe de travail « Facteurs humains » dont la création a été annoncée lors de la conférence de presse du 29 juillet. Ce nouveau groupe de travail, qui sera composé de spécialistes en sciences cognitives, en ergonomie, et en psychologie doit aborder l’ensemble des aspects liés aux interactions homme-machine et aux actions des pilotes dans les dernières minutes du vol. Ce n’est donc qu’à l’issue de l’ensemble de ces travaux, consignés dans le rapport final, qu’une recommandation relative au fonctionnement de l’alarme de décrochage pourrait être formulée sur la base d’analyses scientifiques et étayées, auxquelles l’AESA sera associée  ».

Cette mise au point du BEA ne devrait pas suffire à couper court à la polémique qui a démarré hier. Les intérêts en jeu sont trop importants. C’est d’ailleurs le seul point sur lequel tous les acteurs du dossier se rejoignent, et cela avant même que les deux boîtes noires ne soient repêchées. Le rapport définitif d’Alain Bouillard est attendu au premier semestre 2012.

Gil Roy


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Commentaires

Répondre Leif à dit le samedi 3 septembre 2011 21h53

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Répondre Psudo à dit le mardi 16 août 2011 22h12

Comme prévu la riposte d’un pilote AF ne se faisait pas attendre. Si je comprends bien, ils gagnent plus quand ils font des détours ( travailler plus pour gagner plus ).
C’était quand même un pilote d’ AF qui m’a raconté l’histoire de primes et elle me semblait crédible parce que dans toutes les entreprises il y a des primes pour ceux qui font économiser de l’argent à l’entreprise ( même si c’est qu’à court terme ).
Mais si M Bob est si malin pourquoi il nous n’explique pas pourquoi AF 447 est rentré dans l’orage alors que toutes les autres avions l’ont contourné.
Pour les fautes d’orthographe je m’excuse – je suis allemand et je fais aux mieux. De toute manière même M Bob a compris ce que je voulais dire.

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Répondre pauline à dit le vendredi 12 août 2011 08h53

Dans le club ou je volais à Bron,le fils du president qui etait pilote sur Boing venait de temps en temps s’entrainer sur des avions de tourismes pour ne pas oublier les actions manuelles.Es-ce une bonne solution ?Personnellement je pense que oui
Une ancienne pilote.Pauline.

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Répondre Bob à dit le jeudi 11 août 2011 14h33

Psudo parle sans savoir et dit des bêtises (En faisant de plus des fautes d’orthographe)
Les pilotes ne perçoivent pas de primes lorsqu’ils économisent du carburant, bien au contraire leur salaire étant fonction du nombre d’heures de vol effectuées dans le mois ils auraient intérêt à faire durer le plaisir.
Pour le reste : Trois pilotes expérimentés et entrainés ont été d’accord pour maintenir une action à cabrer dont on sait aujourd’hui qu’elle était néfaste, sans doute avaient ils une information leur laissant entendre que c’était la manœuvre à effectuer.

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Répondre tenordu31 à dit le jeudi 11 août 2011 12h55

Maintenir l’alarme de décrochage en fonctionnement plus longtemps, je suis d’accord. Techniquement, ce doit être facilement réalisable. Reste plusieurs questions en suspens :
La remarque de chrmrz13 est pertinente. Pourquoi les pilotes n’ont-ils pas fait confiance à l’horizon artificiel dont les indications sont indépendantes de l’anémométrie ?
Qu’elle ait duré suffisamment longtemps ou pas, l’alarme de décrochage s’est déclenchée, le premier réflexe des pilotes aurait dû être de faire piquer l’avion, or ils ont continué à le faire monter, suffisamment pour atteindre le "deep stall", le décrochage simultané de la voilure et de l’empennage. on est quand même en droit de se demander pourquoi ?

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Répondre Psudo à dit le jeudi 11 août 2011 12h32

Sur le site du BEA on trouve les trajectoires des avions qui ont navigué à l’heure de l’accident dans le secteur ( http://www.bea.aero/fr/enquetes/vol... ). Ils ont tous contourné l’orage sauf AF447. Pourquoi personne ne pose la question pourquoi AF447 est rentré plein dedans. Il faudrait peut être pensé à arreter les primes pour les pilotes qui arrivent avec beaucoup d’essence.

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Répondre chrmrz13 à dit le mardi 9 août 2011 16h24

Dans toute cette affaire il n’est jamais fait question de l’horizon artificiel. C’est pourtant lui le principal indicateur de l’assiette et de l’inclinaison. Il n’est pas lié aux sondes Pitot ni à l’anémomètre il me semble. Lorsque l’on se retrouve en conditions IMC sans PA, il est impératif de piloter sur cet instrument selon les consignes de nos instructeurs. L’incidence donc la vitesse de l’avion lui sont liées. Sur ces avions modernes est il régit différemment.
A t il été perturbé par la déconnexion du PA.
Sur mon avion quand je tire sur le manche la maquette monte, l’horizon descend et la vitesse chute pour la même position des gaz à pas constant. Il se passe l’inverse lorsque je pousse.

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Répondre  lundi 8 août 2011 10h52

Overcast69, l’équipage c’est en l’occurence 3 pilotes censés se contrôler mutuellement. Il n’était hélas pas envisagé par le constructeur que le pilote en fonction ne ferait pas ce qui est nécessaire après le déclenchement de l’alarme, soit.
Mais alors comment voulez vous que cela soit envisagé par les deux autres pilotes censés contrôler ses actions et qui ne pouvaient voir ses actions sur le minimanche. L’arrêt injustifié de l’alarme n’a pu qu’entretenir le doute et la confusion trop longtemps pour que la récupération puisse être tentée avec une chance de succès.

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Répondre Overcast69 à dit le dimanche 7 août 2011 23h33

"Une fois déclenchée, l’alarme de décrochage doit continuer jusqu’à ce que l’incidence soit réduite approximativement à celle qui l’a déclenchée."

La réglementation part du principe qu’une fois l’alarme déclenchée le pilote cherche à réduire l’incidence, logique. Et c’est d’ailleurs comme cela que l’alarme est validée aux essais en vol : on va chercher son déclenchement puis on pousse sur le manche pour réduire l’incidence (l’incidence et la vitesse restent dans une fourchette raisonnable). Il n’était pas envisagé qu’un pilote (ayant tout de même acquis les notions élémentaires de pilotage) aille tirer sur le manche pour accentuer le décrochage et ainsi trouver des angles et des vitesses complètement hors du domaine de vol.

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Répondre Sthan à dit le vendredi 5 août 2011 22h57

je ne pense pas que ce soit uniquement les 330 qui ait ce genre de probleme dans la famille Airbus, c’est beau l’éclectronique mais seulement quand ça fonctionne :) personellement j’adore la technologie, mais un avion tous electronique sur la quel un humain ne peut pas intervenir ça me laisse perplex, on n’est pas encore assez avancer pour ça, surtout que les entreprises sous traitent tous et le seul mot d’ordre est max de chiffre. Et puis les politiciens qui mettent leurs nez dans les affaires de sécurité, pas une bonne idée.
A mon avis, "il y a un peu trop de personnes qui sont dans l’aviation uniquement pour faire des chiffres" donc ce genre d’accident arrive et arrievera tant que les personnes ne diront pas qu’un chien est un chien et pas un chat.

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Répondre Wilbur à dit le vendredi 5 août 2011 10h13

Extrait du réglement EASA concernant la certification des avions de ligne : CS 25.207 (c) :

"Once initiated, stall warning must continue until the angle of attack is reduced to approximately that at which stall warning began."

Traduction (personnelle) : "Une fois déclenchée, l’alarme de décrochage doit continuer jusqu’à ce que l’incidence soit réduite approximativement à celle qui l’a déclenchée."

On se demande vraiment pourquoi il faut réunir des commissions d’experts en sciences cognitives, ergonomie ou psychologie afin de décider d’une recommandation selon laquelle il serait souhaitable que l’A330 se conforme à la réglementation en vigueur.

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