Une rame test TGV fret remet Euro Carex sur les rails

Le 20 mars 2012, une rame test de TGV fret a relié l’aéroport Lyon-Saint Exupéry à Londres St Pancras, via Paris CDG et le tunnel sous la Manche. Cette démonstration préfigure le futur dispositif Euro Carex de transport intermodal de conteneurs aériens sur un réseau ferré express.
Pour remotiver les troupes rien de tel qu’un événement médiatisé. Afin de sortir le projet Euro Carex de la torpeur dans laquelle il a insidieusement glissé, un test de transport de marchandises express a été réalisé en vraie grandeur, le 20 mars 2012. A 16h42, le TGV fret N°27274 est parti de l’aéroport Lyon-Saint Exupéry à destination de la gare St-Pancras à Londres en empruntant le tunnel sous la Manche et le réseau britannique High Speed One, après avoir pris du chargement complémentaire à l’aéroport de Roissy. Euro Carex a existé l’espace d’un aller simple. Reste maintenant à empêcher le TGV fret de s’engager sur une voie secondaire…

- Le réseau ferroviaire Euro Carex se mettra en place en trois temps
- © Euro Carex
Le projet Euro Carex doit permettre la mise en place d’un service européen ferroviaire à grande vitesse, connecté aux pôles aéroportuaires et logistiques en Europe. Il est présenté par ses promoteurs comme une alternative au transport routier et aérien de fret express pour des trajets compris entre 300 et 800 km. Il s’agit de miser sur la complémentarité de l’avion et du TGV, en connectant entre eux, par train à grande vitesse, les grands aéroports européens. La première phase du réseau concerne Roissy-Charles de Gaulle, Lyon-Saint Exupéry, Liège-Bierset, Amsterdam-Schiphol, Londres et l’Allemagne. Charge à ces aéroports de créer leur propre terminal fret dédié, baptisé « Railport », connecté au réseau à grande vitesse. La mise en service prévue initialement en 2015 a glissé vers 2017. Prudents, les supporters du projet visent 2020…
L’un des défis à relever est la synchronisation des différentes infrastructures ferroviaires concernées pour permettre aux trains de fret express de circuler à travers l’Europe sans rupture. Ici, il ne s’agit pas de créneau horaire mais de sillon. Sur les rails, comme dans les airs, l’enjeu est le même. Qu’il s’agisse d’un train ou d’un avion, pour relier deux aéroports entre eux, il faut être capable de s’insérer dans le trafic, sur un réseau saturé ou plus exactement sur une suite de réseaux ferrés. Un important travail de synchronisation préalable est nécessaire. Ce n’est pas le ciel unique européen, mais ça y ressemble…

- Les rames de TGV Euro Carex utiliseront le même matériel de chargement du fret que les avions.
- © Euro Carex
Euro Carex doit également s’équiper en rames TGV fret qui n’existent pas encore sur le marché. Alstom et Siemens sont sur les rangs. Ils ont confirmé la faisabilité technique d’embarquer les unités de chargement les plus utilisées par les acteurs du fret aérien. Le plancher des trains intégrera un système de plateaux à billes et de rouleaux identique à celui qui équipe les avions et les camions spécialisés pour le fret aérien. Le temps de chargement et déchargement total ne devra pas excéder 30 minutes. Reste à trouver le financement…
Chaque train pourra transporter plus de 100 tonnes de fret, soit l’équivalent de 5 à 10 avions moyen-porteurs ou 6 à 7 semi-remorques. Tout l’enjeu est là. Il s’agit de transférer, à terme, sur le rail, une partie des marchandises express qui voyagent, actuellement, à travers l’Europe par l’air et par la route, afin de réduire les émissions de CO2 et de limiter les vols de nuit. A suivre…
Gil Roy









Commentaires