Election présidentielle 2012 : les candidats au banc d’essais d’Info-Pilote

A travers son magazine Info-Pilote, la Fédération française aéronautique a tenté de sonder les candidats à l’élection présidentielle sur les questions relatives à l’aviation générale. Les réponses obtenues par le mensuel fédéral ne vont pas aider les indécis à faire leur choix… Affligeant !
Nous n’avons pas attendu cet article d’Info-Pilote (vous non plus sans doute…) pour savoir que l’aviation générale n’est pas au cœur des préoccupations de nos dirigeants, mais grâce au mensuel fédéral, nous en avons la preuve tangible. Le magazine de la Fédération française aéronautique a interrogé les quatre candidats à l’élection présidentielle, en tête des sondages à l’époque des interviews. Depuis, la hiérarchie a été bousculée et Mélenchon a fait son entrée dans le trio de tête. Quoi qu’il en soit, l’échantillon retenu (Bayrou, Hollande, Le Pen et Sarkozy) peut-être considéré comme représentatif de la méconnaissance qu’ont les politiques de l’aviation générale.

- Le président de la République idéal existe-t-il ?
- © Aerobuzz
Nous savons aussi que les réponses sont rarement le fait des personnalités interviewées, mais le plus souvent de leurs conseillers. D’où les poncifs inévitables. « La France a été au cœur de ce rêve aéronautique, depuis son origine, avec les frères Montgolfier, le premier vol de Clément Ader, les exploits de Louis Blériot et de tous les pionniers de l’aéronautique » (Sarkozy). « La France a rédigé une grande part de l’histoire de l’aviation, celle des inventeurs, celle des as et des pionniers. L’aventure continue et je m’en félicite » (Bayrou). Et quand Info-Pilote demande aux candidats d’évoquer un souvenir aéronautique, Sarkozy et Bayrou sont frappés d’amnésie, François Hollande se remémore la traversée de la Manche par Louis Blériot (25 juillet 1909) et Marine Le Pen, sa visite sur la chaîne de montage de l’A380 qui l’a « considérablement impressionnée ». Quel rapport avec l’aviation de plaisance ?
A la lecture des réponses des quatre candidats, les lecteurs d’Info-Pilote risquent d’être plongés dans le même abîme de perplexité que le président de la FFA qui s’interroge, dans son éditorial, sur le candidat idéal. « Un bon président de la République », écrit Jean-Michel Ozoux, « serait celui qui aurait compris que l’aéronautique est le « pétrole bleu de la France », qui commence par l’aviation légère et s’étend dans la « grande aviation », civile ou militaire et l’industrie aéronautique, si porteuse en matière d’emploi et de balance commerciale ». Ce président « idéal » existe-il ? « Souhaitons-le vivement, mais ne rêvons pas trop ! ».

- Encore un kiosque aéronautique riche en ce mois d’avril 2012
- © Aerobuzz
Le 22 avril 2012, au moment de glisser leur enveloppe dans l’urne, une chose est sûre, les pilotes privés ne seront pas tentés de faire entrer en ligne de compte, des intérêts corporatistes. L’aviation générale étant le dernier des soucis des candidats à l’élection présidentielle, quel que soit le nouveau président, le pouvoir restera entre les mains de l’administration. De toute évidence, Bruno Le Roux, porte-parole de François Hollande, par ailleurs pilote privé actif, en a conscience. Dans une interview au « ton amical », il confie à Jacques Callies (Aviation et Pilote) qu’ « il est nécessaire que le responsable politique des Transports de demain, après avoir fait valider des objectifs clairs, exerce le pouvoir sur ceux qui sont en charge de faire tourner l’administration ». Rendez-vous en mai prochain…
Gil Roy









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