Greenpeace vise le nucléaire et plombe l’aviation légère

En utilisant un paramoteur pour démontrer la vulnérabilité des centrales nucléaires françaises, Greenpeace présente l’aviation de loisir comme une menace. Gare aux retombées… administratives !
Mercredi 2 mai 2012, à 7h40, un militant de Greenpeace, à bord d’un paramoteur, a survolé la centrale du Bugey, situé dans l’Ain, à 35 km à l’est de Lyon et à quelques kilomètres seulement de l’aéroport Lyon-Saint Exupéry. L’engin a évidemment pénétré un espace aérien interdit avant de venir spiraler au-dessus d’un réacteur nucléaire sur lequel le pilote a réussi à déposer des fumigènes avant d’atterrir de manière scabreuse, à l’intérieur du site. Pour Geenpeace, « ce survol illustre la vulnérabilité des sites nucléaires français face à la menace d’une attaque aérienne. Alors que l’Allemagne a pris en compte la chute d’avion dans ses tests de sûreté, la France refuse toujours d’analyser ce risque pour nos centrales ! Les centrales françaises ne sont pas conçues pour résister à la chute d’un avion de ligne. »

- Survol de la centrale nucléaire du Bugey par un paramoteur de Greenpeace
- © Lagazeta / Greenpeace
En utilisant un paramoteur pour démontrer la menace que représente un avion de ligne, Greenpeace ne rend, évidemment, pas service à l’aviation légère. C’est un euphémisme puisque la probabilité de la chute d’un avion de ligne sur une centrale nucléaire n’ayant jamais été prise au sérieux par les autorités de contrôle, la preuve est faite maintenant, pour les pouvoirs publics, qu’il faut, en revanche, se méfier d’un engin volant léger. Même si ce n’est pas un Cessna C172 qui a détruit le World trade center, il est plus facile d’augmenter le volume des zones interdites, d’être plus répressif avec le pilote du dimanche qui y pénètre par inadvertance ou encore d’imposer des consignes de sûreté renforcées sur les aérodromes situés à proximité d’une centrale nucléaire que de contraindre, un peu plus encore, le transport aérien.
Il n’est pas question ici de condamner les actions militantes de Greenpeace, mais plutôt d’inviter l’administration, dans cette affaire, à faire preuve de discernement. Et ça, c’est plus difficile que de se poser en paramoteur au pied d’un réacteur nucléaire.
Gil Roy









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