C’est la faute au pilote polonais !

Même si tout accable les pilotes du Tupolev Tu-154 qui s’est écrasé, samedi matin à Smolensk, c’est peut-être jusque dans la cabine qu’il faudra aller rechercher le facteur humain…
S’écraser dans les arbres, en entrée de piste, lors de sa quatrième tentative d’atterrissage dans le brouillard, n’est évidemment pas une fatalité. Dès lors parler d’erreur de pilotage comme l’ont rapidement fait les autorités russes ne paraît pas déplacé. Sauf que chacun sait qu’un accident n’est pas la conséquence d’une cause unique et qu’il vaut mieux être en possession de tous les éléments avant de conclure.
S’il paraît évident que les pilotes du Tu-154 auraient mieux fait de se dérouter vers l’un des trois aéroports que leur proposait le contrôle aérien, il est légitime aussi de se demander pourquoi ces professionnels se sont ainsi entêtés.
La délégation officielle polonaise se rendait à une commémoration lourde de sens. Il y avait à bord, outre le président de la république polonaise, de nombreuses personnalités de premier rang, à commencer (du point de vue des deux pilotes militaires) par le chef d’Etat-Major des armées et celui de l’armée de l’air (leurs patrons). Se dérouter vers Minsk, Vitebsk ou Moscou impliquait de parcourir 500 km pour rejoindre le lieu des cérémonies. Des heures de délai… Autant dire que cette perspective n’a pas du plaire aux hauts dignitaires présents dans la cabine.
L’équipage en avait évidemment conscience. L’entourage du président le lui a peut-être aussi fait sentir. Quoi qu’il en soit, le commandant de bord devait être sous pression d’autant qu’une heure auparavant, un Yak-40 s’était posé à Smolensk avec à son bord les journalistes accrédités. Les conditions de visibilité étaient toutefois meilleures.
L’enregistreur de voix a été envoyé à Moscou où les experts russes, sous le contrôle des autorités polonaises, vont le décortiquer. Sur la bande figurent non seulement les échanges entre le cockpit et la tour, mais également les éventuelles discussions entre les pilotes et leurs passagers. Ces informations pourraient être lourdes de sens. Espérons que le rapport d’enquête ne sera pas rédigé sous la pression.
Gil Roy









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