Une défiance coupable face à nos capacités de pilotes

Après la nouvelle démonstration de zèle administrative du contrôle aérien du Bourget, en juin 2010 à l’occasion du salon de l’aviation verte, le président du Club Fournier International, dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
En définitive, sur la soixantaine d’équipages qui avaient souhaité venir se poser au Bourget pour fêter les cinquante ans du premier vol du RF-1 de René Fournier, seuls 26 ont été autorisés à le faire. Nous avons participé à quatre réunions préparatoires avec le contrôle aérien du Bourget qui a campé sur sa position. Seuls les avions équipés d’un transpondeur ont été autorisés à venir. Des conditions absurdes nous ont été imposées. Mes camarades pilotes de RF, dont une majorité d’Anglais sans transpondeurs, se sont dits « very disappointed » et je l’étais autant qu’eux. Notre image n’en sort pas grandie bien sûr.
Mais au delà de ces règlements de comptes que j’au pu constater, ce qui m’a vraiment mortifié, c’était la défiance totale du contrôle envers la capacité de nos pilotes, sans distinction de pays, à suivre le cheminement Meaux - Echo1 - Echo2, puis la 03 ou la 21 du Bourget sans erreur de navigation. Un voyage de 15 mn de vol grand maximum !
La DGAC et les administrations civiles des autres pays délivrent des licences à leurs pilotes nationaux au regard de leurs capacités de pilotage démontrées. Comment notre contrôle peut-il être mieux placé que tous les formateurs et tous les testeurs de tous les pays pour décréter du fond de son bureau parisien que, bien que les gens aient une licence de pilote valide, elle ne convient pas pour ce terrain particulier, avec ou sans transpondeur, en dépit de l’extrême facilité du parcours de 15 mn. C’est bien du jugement à priori et donc de la défiance.
Pour rassurer tout le monde, j’étais prêt à signer un papier d’engagement sur le bon comportement prévisionnel des pilotes que je connais tous, mais cela ne m’a pas été proposé car il est plus confortable de rester dans la défiance et le soupçon d’incompétence que d’écouter les acteurs.
Enfin et c’est très important, j’ai remarqué qu’au sein même du contrôle du Bourget, l’attitude intégriste de refus des appareils sans transpondeur, n’était pas partagée. Donc, comme à Cannes, il y a des personnes bien au Bourget.
C’est pourquoi je demeure optimiste !
Michel Leblanc
18 juin 2010 : les " Fournier " au Salon de l’aviation verte.

- Michel Leblanc, président du Club Fournier International, devant son RF9.

- De gauche à droite : Maxime Coffin (DGAC) en compagnie de René Fournier et Gérard Feldzer

- RF5

- RF6B, biplace côte à côte

- RF5

- RF5

- RF5 allemand
- Photos : © Gil Roy / AeroBuzz.fr







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