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Rien n’est encore réglé chez Air France

Il aura fallu presque une semaine aux syndicats d’Air France pour rejeter en bloc et de manière unanime les nouvelles orientations stratégiques 2017-2020 présentées par la direction. Malgré un contexte économique favorable, les deux parties ne parviennent pas à trouver de points de convergence. L‘intersyndicale se déclare prête à passer à l’action « dans un délai extrêmement court ».

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En cas de désaccord persistant, l‘intersyndicale de la compagnie déclare qu’elle sera amenée à proposer aux salariés une série d’actions dans un délai extrêmement court.
© Air France

C’est sans doute parce que le Comité d’entreprise extraordinaire du 15 janvier dernier ne s’est pas terminé en pugilat, que le dialogue semblait avoir été renoué au sein d’Air France, entre la direction et les syndicats. Cette impression était confortée par le communiqué de presse émis par la compagnie ; il n’y était plus question de 2.900 licenciements sur deux ans, mais de croissance. Oublié le plan B, place au développement du réseau long-courrier en moyens propres de 2 à 3% par an de 2017 à 2020.

« Ce développement permettra l’ajout de sept avions dans la flotte long-courrier, l’ouverture d’une à deux nouvelles destinations et une croissance de l’ordre de 10% en capacités et en heures de vol entre 2016 et 2020 », expliquait la direction, tout en promettant « la stabilité des réseaux court et moyen-courrier et la poursuite de la croissance de Transavia France dont la flotte atteindra 40 avions en 2020 ». Pour Frédéric Gagey, PDG d’Air France, « le redressement d’Air France se poursuit et la dynamique économique actuelle nous permet de proposer le retour à la croissance à partir de 2017 ».

Le 15 janvier donc, on aurait presque pu croire que la remise de gaz avait été effectuée avec succès, d’autant que chacun s’attend à ce qu’Air France annonce prochainement un confortable bénéficie pour 2015. L’espoir aura été de courte durée. Le 26 janvier, l’intersyndicale publiait à son tour un communiqué de presse dans lequel elle dénonçait « un plan de décroissance dissimulé par un ingénieux plan de communication ». Retour à la case départ.

Pour les syndicats, l’abandon du plan B n’est qu’un leurre. « Nous constatons une baisse de cinq avions long courrier (5 %) en 2016 et un retour progressif en 2020 à la flotte long-courrier de 2014, le nombre d’avions total continuant lui, de diminuer... Cette « croissance négative » implique donc logiquement des suppressions d’emplois (1.000 pour 2016) et n’écarte en aucun cas les menaces de licenciements », affirme l’intersyndicale qui demande à la direction d’avoir « une vraie ambition », en s’appuyant sur « les résultats d’Air France, la croissance du transport aérien dans le monde entier, et le faible prix du pétrole ».

Après le spectacle affligeant donné en octobre dernier, l’apparente bonne tenue du CCE extraordinaire du 21 janvier avait offert une lueur d’espoir à tout ceux qui sont attachés à Air France et qui veulent croire que la compagnie nationale à un avenir. Plus le temps passe et plus le prix à payer de la transformation risque d’être élevé.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport (...)
Journaliste chez Aerobuzz.fr

10 Commentaires

  • Grisez Ph

    Vu de l’extérieur , un bénéfice en 2015 ?...oui , mais une petite grève , et HOP !
    Difficile de savoir où est la vérité ... sauf à comparer les compagnies concurrentes .

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  • Totoro

    C’est bizarre, je pensais que les orientations stratégiques d’une boite étaient du ressort de la direction et des propriétaires de la boite, pas de ses employés.
    Employés auxquels rien n’interdit de monter leur propre boite s’ils souhaitent assumer leurs instincts refoulés de dirigeant ?

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    • Wilbur

      Totoro, votre réflexion fait plutôt 19e siècle. Aujourd’hui, les employés et les patrons devraient se considérer, qu’ils le veuillent ou non, comme des partenaires. Aucune entreprise ne peut prospérer sans un minimum de consensus entre eux, y compris sur les orientations stratégiques.

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    • berger

      ....Sauf que les actuels dirigeants d’Air France n’ont jamais "monté" la moindre boite, ils se sont installés dans celle-ci par l’opportunité qu’offre le système des chaises musicales qui répartit en France les postes à hauts revenus parmi les grandes sociétés.
      Dans ce pays le moindre énarque se croit l’ėgal d’André Citroën ou de Bill Gates, sauf que ces derniers ont inventé et construit quelque chose...on attend encore l’équivalent actuel en France....
      Il y a des génies, mais en général, aujourd’hui, ils fuient le pays et en tout cas ils ne sont pas au Medef !

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  • Leveneur

    Quand une équipe ne fonctionne plus....On commence par "changer" l’entraîneur.

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  • Une idée

    @Totoro, ce n’est pas complétement faux... Mais supposez un instant que l’entreprise Air France soit gérée avec autant de finesse, par des personnes aussi légitimes et compétentes que l’est l’état Français.

    Pensez vous toujours que les mots "orientation" et "stratégique" aient un sens ?
    Air France est un "minimoi" Français, ou la direction communique à tout va sans aucune stratégie définie, si ce n’est le sacro-sein "augmentation de la productivité".
    Cette augmentation de la productivité est un fait, mais a t-on besoin d’un "De Juniac" si coûteux pour mener une mission d’ordre technique.
    Le fait est que comme pour l’ état, Air France est dirigé par des personnes qui n’ont aucunes visions, aucune valeur ajoutée hormis leurs probable lobying dans les hautes spheres. Il serait temps d’avoir des leaders et non des pantins sans honneur.

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    • Le Borgne Robert

      Bravo, Une idée, tout est dit !
      Il ne faut espérer aucune amélioration dans les relations sociales, donc dans les résultats, tant que Juniac et sa clique seront aux commandes !

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    • Wilbur

      C’est effectivement aussi mon sentiment. Voir défiler depuis des années les plans de restructuration, de réduction du personnel, d’amélioration de la productivité, de repli de la voilure sans qu’apparaisse une réelle éclaircie à l’horizon artificiel fait apparaître une direction arc-boutée contre son personnel, manquant d’idées et de dynamisme.
      Non pas qu’il n’y ait rien à changer à Air France mais n’oublions pas que son personnel est certainement plus intéressé à sa survie que sa direction.

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  • Francesco 2

    Le tract rouge sur le dernier logo n’annonce pas un syndicalisme très libéral...

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  • MOUA

    Que l’on foute cette société en faillite, et qu’on n’en parle plus ...

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