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L’aéroport de Bordeaux passe le cap des 5 millions de passagers

L’aéroport de Bordeaux a le vent en poupe. Mais les bons résultats enregistrés en 2015 encore (+7,6%) ne doivent pas masquer les défis qui l’attendent dans un futur proche. A commencer par la mise en service de la LGV entre Paris et la Gironde…

En 2015, easyJet affiche à Bordeaux une croissance de son trafic de +52%, soit 162.204 passagers de plus qu'en 2014.

En 2015, easyJet affiche à Bordeaux une croissance de son trafic de +52%, soit 162.204 passagers de plus qu'en 2014.

L’aéroport de Bordeaux Mérignac connaît un spectaculaire décollage depuis 2009 : +61% de passagers sur les sept dernières années, avec pour la première fois en 2015 le franchissement du seuil symbolique des 5 millions de passagers. Avec très exactement 5.289.638 passagers, Bordeaux revendique la plus forte croissance de trafic (+7,6% l’an dernier) parmi les aéroports régionaux français.

|< |Trafic passagers 2015 à Bordeaux-Mérignac|<|<| |Trafic |Nombre de passagers |2015/2014 | |National |2.825.000 |+2,2% | |International |2.465.000 |+14,6% | |Total |5.290.000 |+7,6% | |Low cost |2.217.000 |+11,6% | Aucun doute sur l’origine de ces bons résultats : depuis 2009, Bordeaux a vu son trafic international doubler, principalement grâce à l’implantation de compagnies à bas coût (Easyjet, Ryanair, Volotea, Vueling etc.) et la mise en service du terminal Billi qui leur est consacré. Pour la seule année 2015, le « low cost » représente un peu moins de la moitié du trafic, avec à la clef une croissance qui reste vigoureuse : +11,9% sur un an.
En 2015, easyJet affiche à Bordeaux une croissance de son trafic de +52%, soit 162.204 passagers de plus qu'en 2014.
Pour 2016, l’aéroport de Bordeaux prévoit l’ouverture d’une dizaine de nouvelles lignes, avec une fois de plus Easyjet, qui desservira quatre villes supplémentaires, comme locomotive de la croissance. Le tableau est donc flatteur, mais on sait bien à Bordeaux que la fête ne va pas durer éternellement. Pas même jusqu’à la fin de la décennie… Car dès l’année prochaine, la mise en service de la LGV (Ligne à Grande Vitesse) entre Paris et la capitale girondine va venir bousculer l’équilibre économique de l’aéroport. Après cinq ans de travaux, la LGV placera Bordeaux à deux heures de TGV de Paris, contre un peu plus de trois heures aujourd’hui.
Bordeaux fait preuve d’une belle croissance ces dernières années. Mais gare au choc avec l’arrivée annoncée de la LGV en 2017, qui placera Bordeaux à deux heures de Paris en train.
En 1981, Lyon avait été la première métropole régionale à subir l’effet TGV : le passage à deux heures de train, de centre à centre, avait alors complètement laminé le trafic aérien. Bordeaux pourra-t-il échapper à la malédiction ? « Oui, à condition de s’y préparer » répond Pascal Personne, directeur de l’aéroport. Cette préparation doit obligatoirement se faire avec Air France, dont la Navette vers Paris sera la plus impactée par l’arrivée de la ligne TGV. La Navette représente à elle seule 20% du trafic de l’aéroport, avec près d’un million de passagers par an. « Nous nous attendons à une perte de trafic, mais on ne descendra pas à 100.000 passagers » pronostique Pascal Personne. On lui souhaite. Mais de quelles armes disposent Bordeaux et Air France pour la bataille qui s’annonce entre l’aérien et le ferroviaire ?
Air France représente 43% du trafic de l’aéroport. Une première place loin devant Easyjet (25%), mais cette dernière continue d’ouvrir des lignes et connaît une croissance à deux chiffres…
Les deux acteurs ne souhaitent pas dévoiler trop tôt leurs batteries. On peut toutefois remarquer qu’en l’absence actuelle de compétition de la part des low cost, et en particulier d’Easyjet, la Navette est sans doute très rentable pour Air France. La compagnie nationale dispose donc certainement d’une marge de manœuvre en terme de tarifs. « Air France croit en son potentiel à Bordeaux et vient de rénover son salon d’accueil » fait d’ailleurs remarquer Pascal Personne.

L’aéroport devrait lui-même s’engager dans une projet ambitieux de création d’une nouvelle zone commerciale et d’attente de 5.000m2 qui serait installée côté piste, entre les halls A et B actuels. Cette zone regrouperait l’ensemble des Postes d’Inspection Filtrage des deux halls et serait un point de passage unique pour les passagers. Le terminal Billi, récemment agrandi, conserverait son autonomie de fonctionnement. Des efforts vont également être réalisés sur la desserte de l’aéroport, avec notamment le prolongement du tramway (attendu pour 2019), la création d’une ligne de bus directe vers le réseau SNCF et la création d’ouvrages d’art pour fluidifier le trafic routier vers l’aéroport. Rendez vous en 2017 pour voir si les digues tiendront…

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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