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Un accident d’avion n’est pas toujours mortel !

par Gil Roy
Un Boeing 737-800 qui se vautre en bout de piste. Un fuselage en trois morceaux, au fond d’un talus. 177 passagers à bord et six membres d’équipage : 3 morts. CQFD. Les accidents d’avion ne tuent que rarement. Cette affirmation va, évidemment, à l’encontre de la croyance populaire entretenue par la couverture médiatique des crashs meurtriers. Elle pourrait relever d’une provocation macabre si elle n’était pas étayée par des statistiques.

J’ai retrouvé une étude du National Transport Safety Board sur des accidents impliquant des compagnies aériennes américaines, entre 1983 et 2000. Elle porte sur 568 accidents dont 71 mortels. Ces 568 accidents ont impliqué 53.487 passagers et membres d’équipage parmi lesquels 2.280 sont morts, soit 4,3% des occupants. Autrement dit, 95,7% des passagers ont survécu à un accident d’avion.

Les spécialistes de la sécurité du transport aérien sont convaincus qu’il est possible d’améliorer cette statistique, et ainsi d’épargner encore des vies. L’European Transport Safety Council a décortiqué les accidents d’avions avec des survivants. Il est arrivé à la conclusion qu’un peu moins de la moitié des morts, ont succombé après le crash, à cause d’un incendie, de fumées toxiques ou de problèmes d’évacuation. D’où les encouragements aux constructeurs aériens et aux équipementiers à travailler sur les matériaux mis en œuvre, notamment dans les cabines, sièges compris, mais aussi pour optimiser les consignes de sécurité. Voilà, par exemple, la raison de la présence d’un cheminement lumineux au sol, dans les allées des avions, pour guider les passagers vers l’issue de secours la plus proche. Encore faut-il que les passagers la suivent…

Prendre le temps d’écouter les consignes de sécurité peut
permettre, non seulement de soutenir les hôtesses et stewards dans le grand moment de solitude qu’ils traversent lorsqu’au milieu de l’allée, ils rappellent dans l‘indifférence générale, les consignes de sécurité, mais aussi de mettre plus de chance de son côté en cas d’évacuation d’urgence. Boeing a démontré qu’en cas de crash, un passager qui porte sa ceinture et adopte la position de protection a plus de chance de s’en sortir.

Il n’en demeure pas moins, qu’en cas de crash, les chances des passagers reposent d’abord sur la capacité de l’équipage à prendre les bonnes décisions. A ce moment crucial, leur survie dépend de l’expérience et de la maîtrise du pilotage de celui qui a le manche en main. A quand une statistique sur le nombre de vies sauvées par les pilotes aux commandes ?

G.R.
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