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Faute de réussir à rentabiliser son mythique Douglas DC-3 HB–IRJ, l'association Genevoise Aéro Passion, propriétaire de l'avion a décidé de s'en séparer. 

3.03.2019

Le Douglas DC-3 HB–IRJ rejoindra son nouveau propriétaire turc mi mars 2019. @Breitling DC3 World Tour

Tous les passionnés d’aviation ancienne se souviennent du DC3 World Tour effectué en 2017 par l’avion aux couleurs de Breitling. L’horloger Helvétique avait, encore à l’époque, la passion de l’aérien clairement inscrite dans l’ADN de sa marque. Sa politique marketing et promotionnelle ayant clairement évolué depuis l’arrivée d’une nouvelle direction, la plupart des associations, sociétés ou pilotes de voltige de compétition soutenus antérieurement par le « B ailé », se sont retrouvés orphelins, privés du moindre soutien financier, qui le plus souvent était leur seul moyen de survie.

Le DC3 lors de l’une de ses escales pendant son tour du Monde © Breitling DC3 World Tour

Le DC3 n’échappa pas à la règle et se vit cloué au sol par manque de ressources, les seuls baptêmes proposés par l’association Super Constellation Flyers (SCFA) qui le met en oeuvre  en état de vol ne suffisant pas à une saine exploitation de la machine. Même si la décision de s’en séparer prit la forme de crève-cœur, SCFA, qui recherche également les subsides pour restaurer « Connie » le Lockheed L-1049 Super Constellation nécessitant des travaux importants pour être maintenu en état de vol, dut, avec son propriétaire, se résoudre à le proposer à la vente.

Mi mars 2019, le HB-IRJ prendra donc son envol vers la Turquie où il rejoindra la collection d’Ali Ismet Öztürk (Acromach Airshows), déjà détenteur d’un North American P51 Mustang, à  Sivrihisar Uluslararası Sportif Havacılık Merkezi .

Philippe Chetail

Survol de Miss Liberty à New York, comme un symbole pour l’avion qui a grandement contribué à la liberté de l’Europe. © Breitling DC3 World Tour

DC-3 HB-IRJ, une page d’Histoire

Le DC-3 HB-IRJ fut livré à American Airlines le 12 mars 1940 sous le nom de baptême de « Flagship Cleveland ». Restauré une première fois en 1969, il fut exploité pour des vols commerciaux jusqu’en 1987. Opéré par Eastern Express en 1987, il est racheté en 1992 par Champlain Air qui le restaurera une nouvelle fois. Enfin,  Francisco AGULLO et un groupe d’amis rachètent l’avion pour le faire voler en Suisse et en Europe en novembre 2008. Depuis mai 2009, il était exploité par la Super Constellation Flyers Association.

Le périple autour du monde, réalisé de Mars à septembre 2017 par le DC3 © Breitling DC3 World Tour

Il a décollé de Genève pour boucler, en mars 2017, un tour du monde promotionnel de sept mois, le DC-3 World Tour. Au cours de son périple, il effectuera une cinquantaine d’escales, au Moyen-Orient, dans le Sud-Est asiatique, en Amérique du Nord et en Europe. Ces escales seront l’occasion d’organiser des événements et de participer à des manifestations aériennes. Ce dernier exploit marquera à jamais l’histoire de cet  avion de légende. Ph.C.

A propos de Philippe Chetail

chez Aerobuzz.fr
Président d’Airshow, spécialiste de l’organisation de manifestations aériennes, Philippe Chetail a organisé plus de 230 meetings aériens depuis 1973. Egalement co fondateur de France Spectacle Aérien, il est l’un des meilleurs connaisseurs européens de tous ceux qui gravitent autour des spectacles aériens. Il a rejoint Aerobuzz en juillet 2011. Philippe Chetail couvre, en particulier, l’aviation de collection et les évènements aéronautiques.

6 commentaires

  • Raphaël

    Et le Tour du Monde on l’a bouclé en septembre 2017 et non pas en mars, mois du départ de cette merveilleuse aventure et périple qui marquera notre mémoire à jamais.

  • gerald tourigny

    j ai eu la chance de voler en 2007 sur le Connie (Bale-Zurich) et en 2009 sur le DC3 Geneve Montelimar Geneve avec Francisco Agullo aux commandes : dans les deux cas un grand moment  »aviation »
    bon courage au SCFA pour remettre en état le Constellation

    merci à eux pour ces moments exceptionnels
    Gérald Tourigny

  • Cyril Lambiel

    Difficile de comprendre les motivations derrière le repositionnement de cette marque intimement liée à l’aviation depuis des années.
    Le développement de cette identité a coûté une fortune à la famille Schneider et avant elle à la famille Breitling, identité bien ancrée dans le monde aéro.

    Monde aéro suffisamment peu enclin à se pencher sur le fondement d’un produit vendu avec de superbes marges au détriment d’une quelconque sophistication.
    Les mouvements (pour les montres mécaniques) sont du commerce, marque ETA, Breitling ne se chargeant que de la cosmétique des boîtiers.
    Pour les platines électroniques de modèles à quartz, je n’ose imaginer leur provenance.

    Cette association marque-patrouilles-avions de légende maintenant sacrifiée sur un probable autel de rentabilité mérite que les passionnés d’aviation s’imprègnent bien de la suppression des ailes de la marque sur leur logo et du tort commis à bon nombre de passionnés pour lesquels le sponsoring permettait la poursuite et le maintien en vol de machines réellement sophistiquées, elles.

    Peut-être qu’un autre horloger saura continuer sur la lancée du Spitfire qu’il supporte et qu’il a exposé sur le stand du dernier salon SIHH, oui, un VRAI Spit dans un salon où la moquette et le strass pullule!
    Cet horloger avait même réalisé un splendide film promotionnel avec John Malkovitch et un Spitfire il y a de cela quelques années.

    Ces marques méritent qu’on pensent à elles, car par truchement, elles permettent de conserver un patrimoine volant, que ce soit IWC ou Red Bull, on peut tenter de trouver des critiques, pourtant, vu du côté aéro, difficile d’en trouver.

    Sur ce je vais vendre mes Breitling et économiser pour aller m’acheter une IWC…pas le même tarif…ouille!
    Ah je précise, je ne suis pas horloger, ni commerçant de montres 😉

  • Lucky91

    J’ai eu la chance de voler dans ces deux avions mythiques dont le retour en Europe du super constellation (Camarillo/ Bale) et c’est avec tristesse que je suit les diverses péripéties de la « vie »de ces deux avions.

  • GDN21

    C’est bien triste…comme toute les patrouille arrêtée par Breitling qui n’est plus pour moi une montre aéro…d’ailleurs le logo n’a plus d’ailes. J’ai revendu la mienne.
    D’ailleurs les L39 sont sur la sellette aussi…

  • Monika Pieren, pour le SCFA

    Veuillez noter que l association Super Constellation Flyers Association (SCFA) n est pas le propriétaire du DC-3, HB-IRJ. L avion appartient à l organisation Aero Passion basé à Genėve, un partenaire proche du SCFA. Ce partenariat avait pour but d exploiter le Connie et le DC-3 en commun.

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