En 2022, Rafale et Super Hornet block III s’opposent à Goa autour d’un tremplin basé à terre. Les deux avions sont de la même génération, remplissent les mêmes missions, mais affichent une différence de taille considérable : 13,8 tonnes de masse à vide pour le Super Hornet, contre un peu plus de 10 tonnes seulement pour le Rafale. Small is beautiful… © Dassault Aviation - C. Cosmao
La France et l’Inde annoncent la signature officielle du contrat de vente portant sur 26 Rafale destinés à la marine indienne. Même si le nombre d’avions est modeste, c’est une étape majeure dans la vie du programme Rafale.
Le gouvernement indien avait annoncé en juillet 2023 la sélection de l’avion français, de préférence au F/A-18 Super Hornet. Il a donc fallu attendre 22 mois pour que ce choix se traduise par la commande de l’avion. D’abord avec l’annonce formelle faite par le gouvernement indien le 9 avril 2025, ensuite par la signature du contrat en Inde ce 28 avril 2025, en présence d’Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation. On est avec ce délai dans la norme : lors de la vente des 36 Rafale à l’Indian Air Force, il avait fallu un an et demi de négociations entre l’annonce du contrat début 2015 et sa signature effective en septembre 2016.
L’Inde sera donc le deuxième utilisateur du Rafale M dans le monde, et le premier en dehors de la France. La commande porte sur 22 monoplaces Rafale M et quatre biplaces Rafale B terrestres. Ces quatre avions serviront à l’entrainement des pilotes de la marine, à l’image des Rafale B en service au sein de l’Escadron de Transition Rafale 2/92 Aquitaine de St Dizier, où sont formés dans une même structure pilotes de l’armée de l’Air et de la marine.
Les avions devraient être livrés entre 2028 et 2030 et ils remplaceront à terme les MiG29K russes actuellement en service. Ils opéreront à partir du porte-avions de 45.000 tonnes de fabrication locale, l’INS Vikrant, qui entre tout juste en service. On peut estimer qu’une quinzaine d’avions pourraient être embarqués simultanément pendant que le reste de la flotte restera à terre pour la maintenance ou la formation. Le Vikrant est en configuration « stobar » : décollage court sur un plan incliné, sans catapulte, atterrissage conventionnel avec des brins d’arrêt.
Le Rafale M sera donc le premier et le seul avion au monde doublement qualifié, CATOBAR (porte-avions avec catapulte) et STOBAR (porte-avions avec tremplin). Et ce avec des avions strictement identiques d’un système à l’autre. Il faut au F-35 deux avions différents pour faire la même chose, le F-35C catapulté et le F-35B STVOL.
La valeur du contrat citée dans la presse indienne serait d’environ 7 milliards d’Euros. Un chiffre qui comprend également l’entraînement, le soutien logistique, des pièces de rechange, un simulateur de vol, des nacelles de ravitaillement en vol et aussi de l’armement. Outre Dassault, Thales, Safran et les centaines d’autres entreprises du programme Rafale, MBDA, leader européen des missiles, est l’autre grand bénéficiaire de ce contrat. Mais la marine indienne ne se privera pas d’intégrer ses propres équipements, on évoque notamment le missile air-air à longue portée ASTRA.
La presse indienne évoque également la signature, à la faveur de ce contrat, de plusieurs accords industriels (que Dassault Aviation ne confirme pas pour l’instant) qui pourraient ouvrir de très larges horizons à l’avion : fabrication de fuselage de Rafale en Inde, mise en place de capacité de maintenance au niveau industriel des réacteurs M88, de l’avionique et des armements.
Avec la sélection du Rafale M, Dassault Aviation réalise donc plusieurs premières. On a évoqué la double qualification CATOBAR et STOBAR du Rafale M. Mais la vente du Rafale M est aussi la première exportation d’un avion de combat embarqué pour l’avionneur de Saint Cloud. C’est aussi la première fois qu’un client export opte pour les deux versions du Rafale, terrestre et embarqué.
Pour mémoire, le Rafale a remporté en 2012 la compétition MRCA qui portait sur 126 avions. Il était alors opposé à cinq autres chasseurs : Eurofighter, Gripen, MiG35, F-16 et F/A-18. Dix-huit avions auraient du être fabriqués en France et les 108 autres en Inde, mais l’affaire ne se fit pas en raison d’un désaccord portant sur la fabrication locale des avions. Trois ans plus tard, en 2016, l’Inde se résolu finalement à acheter directement à la France 36 avions. Six ans plus tard, ces avions étaient tous livrés et en service au sein de l’Indian Air Force.
La commande de Rafale M aujourd’hui souligne la satisfaction de l’Inde dans l’utilisation de ses premiers Rafale basés à terre. Elle est aussi le fruit d’une logique de mutualisation pour ce qui touche à la maintenance, la formation des équipages et techniciens, les achats de pièces détachées, de munitions, d’équipements de servitude etc. Elle participe d’une volonté de rationalisation de la flotte indienne qui pourrait déboucher sur des commandes complémentaires pour les Rafale C et B et, qui sait, d’un partenariat plus profond pour de futurs développements au profit de l’avion.
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