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« HForce » : Airbus Helicopters réinvente l’hélicoptère armé.

A Louisville (Kentucky), où se tient du 1er au 3 mars 2016, le salon HAI Heli-Expo, Airbus AIRBUS Constructeur européen (filiale à 100% d’EADS) détenant 50% du marché mondial des avions de ligne. Airbus a vendu 11.500 avions depuis sa création en 1970. Helicopters met en avant son programme « HForce », avec lequel l’hélicoptériste offre à ses appareils commerciaux un véritable système d’arme. Opération marketing ou véritable rupture capacitaire ?

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Un vrai faux H125 armé… L’appareil n’est pas encore équipé de son avionique et notamment de sa tourelle optronique. L’ambition d’Airbus Helicopters est de donner une capacité de combat jour/nuit au canon à un appareil très répandu et bon marché.
© Eric Raz / Airbus Helicopters

On connaît bien la Gazelle et son canon de 20mm, ses missiles HOT ou Mistral… On connaît un peu moins les versions armées de l’Ecureuil, et notamment l’emploi par le Danemark de la version antichar, avec son volumineux viseur HeliTow et ses missiles anti-char TOW. Tout ça pour dire que l’hélicoptère léger (2 tonnes) et néanmoins armé est un sujet maitrisé de longue date par Airbus AIRBUS Constructeur européen (filiale à 100% d’EADS) détenant 50% du marché mondial des avions de ligne. Airbus a vendu 11.500 avions depuis sa création en 1970. Helicopters. Alors qu’apporte le programme HForce, proposé aujourd’hui par l’hélicoptériste à plusieurs clients potentiels ?

HForce c’est d’abord une marque. Le marketing adore... Plus sérieusement, ce programme traduit une logique industrielle et une certaine rupture capacitaire. « Avec HForce nous organisons notre savoir faire, nous offrons un système d’armes cohérent à travers toute la gamme de nos hélicoptères commerciaux  » explique Philippe Kohn, ancien pilote de combat dans l’Alat ALAT L’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) constitue une fonction opérationnelle à part entière : l’aéromobilité de l’armée de Terre. L’ALAT regroupe les hélicoptères de l’armée de Terre. qui présente aujourd’hui le projet chez Airbus Helicopters.

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Les trois premiers appareils de la gamme « HForce » avec de gauche à droite le H125, le H145M et le H225M. Seul ce dernier est pour l’instant équipé d’un véritable système de mission.
© Eric Raz / Airbus Helicopters

Trois appareils sont à ce jour prévus dans la gamme HForce : le H125 (ex famille Ecureuil), le H145 et le H225. Ces trois hélicoptères partageront un même calculateur développé par Rockwell Collins ROCKWELL COLLINS Rockwell Collins (20.000 salariés) propose sur les marchés aéronautiques et spatiaux, civils et de la défense, des produits, systèmes et services dans l’électronique professionnelle et militaire. Allemagne, permettant la mise en œuvre d’une large gamme d’armements balistiques (mitrailleuses, canons ou roquettes) ou guidés (roquettes ou missiles, dans les missions air-sol, air-air ou même anti surface). Chaque appareil pourra également recevoir une tourelle optronique stabilisée permettant le ciblage et le guidage des armements, de jour comme de nuit.

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Le montage de missiles Hellfire sur un hélicoptère de manoeuvre n’est pas une hérésie... Les forces spéciales de l’US Army disposent déjà de Blackhawk lourdement armés, capables d’appuyer les opérations héliportées au plus près.
© Eric Raz / Airbus Helicopters

Un appareil de 2 tonnes disposera ainsi d’une capacité de tir jour/nuit avec une arme balistique, mitrailleuse ou canon. Une première selon Airbus Helicopters. Dernière pièce du puzzle, l’équipage sera équipé d’un viseur de casque, Airbus Helicopters évoquant sur ce point le Scorpion de Thales THALES Thales est un leader mondial des hautes technologies pour les marchés de la Défense et de la Sécurité, de l’Aérospatial et du Transport. 67 000 salariés dans 56 pays. Chiffre d’affaires 2011 : 13 milliards d’euros. . Avec cet outil, les deux hommes d’équipage partageront mieux et plus rapidement l’information sur les cibles et les menaces. La gestion de la mission en sera bouleversée et se rapprochera là aussi de ce qui se fait avec un hélicoptère d’attaque tel que le Tigre.

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Le H225M, avec un panier roquettes et des missiles Hellfire accrochés aux points d’emport avant. Une première campagne de tir avec des armements balistiques doit prendre place cette année.
© Eric Raz / Airbus Helicopters

« Un autre point fort du concept HForce est son aspect incrémental précise Philippe Kohn. Les hélicoptères seront équipés de base du calculateur et des harnais électriques indispensables à la mise en œuvre des armements. Un client pourra commencer par maitriser l’emploi de l’appareil avant de gagner progressivement des compétences. Il ajoutera un viseur de casque pour le pilote/tireur, puis un deuxième pour le chef de bord et une tourelle otpronique. Gagnant en maturité, il pourra passer du simple armement balistique à l’armement guidé. Et tout cela en gardant le même appareil ».

Le programme HForce a été lancé formellement en 2014. En décembre dernier, le H225 servant de banc d’essais a réalisé son premier vol avec calculateur, tourelle Wescam et viseur Scorpion de Thales pour les pilotes. Une première campagne de tir avec mitrailleuse de 12,7mm, canon de 20mm et roquettes devrait avoir lieu dans le courant de l’année. La qualification du système d’arme est attendue pour 2017 sur le bimoteur de 11 tonnes qui est indéniablement en tête de gondole dans ce programme. Les H125 et H145 devraient suivre d’ici 2019 et, à terme, Airbus Helicopters annonce également son souhait d’étendre le concept HForce à l’ensemble de sa gamme. Donc un jour possiblement au H215, au H135 et qui sait au H160.

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L’emploi d’un viseur de casque léger, ici le Scorpion de Thales, ouvre de nouveaux horizons aux hélicoptères issus des gammes commerciales.
© Eric Raz / Airbus Helicopters

Airbus Helicopters est confiant dans sa capacité à vendre le concept HForce. Sur le papier, le marché est immense et touche aussi bien les forces de police que les militaires. Les premiers peuvent être intéressés par la réversibilité des appareils les plus légers, capable de passer rapidement d’une mission de sauvetage à un engagement armé. Tous les militaires ne pouvant se payer du Tigre ou de l’Apache, l’armement d’appareils polyvalents avec un véritable système d’arme peut également représenter une solution tentante pour eux. On annonce à Marignane une dizaine de prospects sérieux à ce jour, dont au moins deux souhaiteraient rénover une flotte existante pour lui donner ce label HForce. Pour les autres, il s’agirait d’achat d’appareils neufs.

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom (...)
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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