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L’A380, un géant sur un marché de niche

Même si l’A380 semble appartenir à un autre âge du transport aérien, Airbus AIRBUS Constructeur européen (filiale à 100% d’EADS) détenant 50% du marché mondial des avions de ligne. Airbus a vendu 11.500 avions depuis sa création en 1970. continue d’affirmer que son quadriréacteur a toujours un avenir. Il n’a pourtant réussi à n’en vendre que trois exemplaires en 2015. La bonne nouvelle est que pour la première fois, l’année dernière, l’A380 a atteint le seul de rentabilité. 2016, débute avec une commande de 12 exemplaires par l’Iran.

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3.000 pilotes et 20.000 personnels de cabine ont déjà été qualifiés sur A380.
© J.V. Reymondon / Airbus

Airbus AIRBUS Constructeur européen (filiale à 100% d’EADS) détenant 50% du marché mondial des avions de ligne. Airbus a vendu 11.500 avions depuis sa création en 1970. demeure convaincu que l’A380 est l’avion du futur. Avec le doublement du trafic tous les 15 ans et la saturation des grands systèmes aéroportuaires de la centaine de méga métropoles, les compagnies aériennes n’auront d’autre choix pour continuer à exploiter leurs plates-formes de correspondances géantes que d’augmenter l’emport moyen. Et cette nécessité passe désormais par le quadriréacteur d’Airbus. Depuis 15 ans, le constructeur européen martèle cet argument, sans vraiment convaincre. Le succès du 777, le carnet de commandes de l’A350XWB et la résurrection de l’A330 démontrent que les compagnies aériennes ne sont pas forcément de cet avis. Les difficultés d’Airbus à vendre son A380 aussi.

Jusqu’à ce que Fabrice Brégier, le PDG d’Airbus, annonce, le 12 janvier 2016, lors de sa conférence de presse annuelle sur le bilan de l’année écoulée, qu’Airbus avait vendu 3 A380 à un nouveau client asiatique qui souhaite rester anonyme pour l’instant, 2015 faisait déjà figure d’année blanche pour ce programme. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, Airbus ne s’est pas contenté de ce contrat, il a réussi à atteindre en 2015, pour la première fois, le seuil de rentabilité. Dix ans après le premier vol de l’A380, il était temps.

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A travers la planète, un A380 décolle ou atterri tous les 3 minutes.
© Airbus

Fabrice Brégier et John Leahy, son directeur des ventes, sont les plus fervents défenseurs du super jumbo jet d’Airbus. Les détracteurs ne manquent pas. Même en interne. Personne n’a oublié l’annonce étonnante du directeur financier d’Airbus, fin 2014, concernant l’éventualité d’un arrêt de la production en 2018.

Quoi qu’il en soit, une fois de plus, Leahy a réussi le tour de force d’éviter une année blanche en vendant trois A380 fin 2015. En 2014, il avait déjà fait le même tour, mais cette fois-ci, non pas en anticipant une signature, mais en la retardant. C’était avec le loueur irlandais Amadeo (ex Doric Air Lease) qui avait placé, en juin 2013, 20 options. Airbus le fera patienter jusqu’en février 2014 pour signer le contrat. Il faut dire qu’en 2013, Leahy avait fait le plein avec les 50 A380 supplémentaires d’Emirates. La commande d’Amadeo sera la seule de 2014.

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Début 2015, la low cost japonaise Skymark a annulé sa commande de 6 A380. Trois d’entre eux pourraient avoir été repris par ANA, le client mystère qui a acheté 3 A380 fin 2015.
© Airbus

A ce jour, Airbus a vendu 331 A380 dont les 12 que vient de commander l’Iran. Il en a livré 179 dont 27 en 2015. Il lui en reste 152 à livrer. 28 livraisons sont prévues cette année. Fabrice Brégier vise également, en 2016, pour le deuxième exercice consécutif, le seuil de rentabilité, de quoi calmer l’impatience de ses actionnaires, de rassurer son directeur financier et d’envisager plus sereinement l’éventualité d’une version « neo », réclamée par Emirates (le premier client du programme avec 140 A380 commandés) mais qui n’intéresse pas les motoristes.

John Leahy reconnaît qu’il faut plus de temps pour convaincre une compagnie d’acheter un A380, parce que c’est un avion qui ne s’exploite pas de la même manière que les autres. Le quadriréacteur à 432,6 M$ occupe une place à part dans une flotte et sur un réseau. Airbus affirme que 20% des passagers sont prêts à payer plus pour voyager en A380 (Etude réalisée auprès de 2.000 passagers arrivant à Londres Heathrow en A380.). Malgré tout, l’objectif initial de 1.200 A380 vendus paraît bien inaccessible, même si Boeing BOEING Premier groupe industriel aéronautique et spatial au monde. Constructeur d’avions de lignes et d’avions d’arme, est également présent sur les marché de l’espace et de la sécurité. 170.000 salariés. semble laisser à Airbus, le champ libre sur le créneau des très gros porteurs. En 2015, l’américain n’a vendu que six 747-8, mais exclusivement en version cargo. Aucun destiné au transport de passagers. L’avenir appartient donc à l’A380, sur ce marché de niche au moins.

Gil Roy

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Depuis son lancement, le super jumbo a transporté plus de 100 millions de passagers sur une centaine de routes.
© Airbus

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport (...)
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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