Pour réouvrir les routes de montagne et sécuriser les domaines skiables en cas d'abondantes chutes de neige, l'hélicoptère se révèle le meilleur moyen et le plus sûr. © Airbus Helicopters
En pleine période de vacances scolaires hivernales, les stations de sports d’hiver alpines doivent gérer un manteau neigeux rendu instable par des chutes de neige abondantes. Face à l'ampleur de la tache, l’hélicoptère se révèle le moyen le plus efficace, pour purger les pentes.
Depuis le début du mois de février 2026, la neige tombe en grande quantité dans les Alpes, côté français, en particulier. Dans les stations de sports d’hiver, les services des pistes effectuent un travail extraordinaire pour sécuriser les domaines skiables. Les épisodes neigeux se succédant, ils ont recours aux grands moyens et en particulier à l’hélicoptère qui permet d’aller déposer des explosifs, dans des pentes inaccessibles par voie terrestre. « Après de fortes chutes de neige, il est vital d’agir rapidement pour anticiper les risques et prévenir les accidents. », explique Pierre Alexis, pisteur-secouriste et spécialiste de la prévention des avalanches en Haute-Savoie depuis 1987. Ses propos sont rapportés sur le site d’Airbus Helicopters.
« La dynamite a désormais été remplacée par des émulsions explosives conditionnées par lots de 2 kg. La charge est amorcée à l’aide d’une mèche lente reliée à un détonateur. Sans détonateur, la charge explosive est totalement inoffensive, ce qui permet son transport en toute sécurité par hélicoptère. Malgré cela, le transport de plusieurs dizaines de kilos d’explosifs par hélicoptère n’est jamais sans risque. » En emportant ainsi plusieurs charges, les pisteurs peuvent intervenir de nombreux points chauds, à différents endroits du massif, même éloignés les uns des autres, au cours du même vol. Cela permet de gagner énormément de temps et de rouvrir au plus vite un maximum de pistes et de routes.

A bord de l’hélicoptère, ils sont trois : le pilote, l’artificier et son assistant. Arrivé sur site, la première mission de l’hélicoptère est de vérifier que la zone est libre de toute présence humaine. Une fois cette étape initiale franchie, le dynamitage peut commencer. Pour Régis Teissonnière, directeur des opérations de Savoie Hélicoptères, le dynamitage est « un travail qui exige coordination et patience ; rien ne se fait à la hâte. En tant que pilote, il faut constamment penser à la marge de manœuvre de l’hélicoptère, surtout lorsqu’on travaille dans une vallée. Il faut aussi savoir se positionner pour faciliter le travail de l’artificier. »
« Dans la cabine, l’artificier et son assistant préparent leur équipement et guident le pilote jusqu’au point cible », explique Airbus Helicopters. « La porte s’ouvre. L’assistant passe la charge à l’artificier ; celle-ci est équipée d’une double mèche pour éviter les ratés. La mèche lente est allumée et la charge est immédiatement projetée vers le sol. Tout au long de l’opération, l’artificier tient le pilote informé : « Porte ouverte… charge allumée… charge projetée… » À 2 minutes et 30 secondes de la détonation, l’hélicoptère s’éloigne et l’explosion est surveillée à distance. Il se dirige ensuite vers la position suivante. »

Savoie Hélicoptères est basée à Marnaz, en Haute-Savoie, et dispose d’une base secondaire à Saint-Crépin. Elle exploite une flotte de cinq H125 en France (trois autres appareils sont utilisés en Espagne pour des missions de lutte contre les incendies), l’entreprise familiale répond à diverses demandes de transport de passagers et d’interventions aériennes. « Le H125 est un appareil très maniable. C’est une référence pour les travaux aériens et nous avons une confiance totale en sa capacité à mener à bien cette mission qui, malgré tout, reste très délicate. Il est si facile à piloter que nous pouvons nous concentrer sur la mission, ce qui est essentiel lorsqu’on travaille avec des explosifs ! », déclare Maxime Gaillard, pilote chez Savoie Helicoptères, fort de 22 ans d’expérience.