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7 commentaires Aviation Générale

Quatre salons du drone professionnel pour un marché à 65 M€, c’est trop !

 

La médiatisation des expérimentations de drones dans des domaines aussi variés que l’agriculture, le BTP ou la surveillance de réseau peut laisser croire que le marché est porteur. Constructeurs et opérateurs ne sont pas les seuls à faire les frais de cette illusion. Deux salons qui devaient avoir lieu ces jours-ci, viennent d’être annulés en France.

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En 2025, les prises de vues aériennes devraient représenter moins de 10% du chiffre d’affaires de la filière drone, la thermographie et les inspections devenant les principales utilisations du drone professionnel. (source : cabinet Olivier Wyman)
© Gil Roy / Aerobuzz.fr

Le drone est un marché en devenir et c’est sans doute pour l’avoir oublié que des organisateurs de salons spécialisés ont été contraints de revoir leurs projets. Après un premier faux départ en octobre 2015, le salon qui devait avoir lieu à Lyon, les 6 et 7 avril 2016, sous l’appellation EuropaDrone, est reporté à une date ultérieure. GL events Exhibitions, promoteur de cette manifestation, qui annonçait pas moins de 200 exposants, reconnaît implicitement que l’objectif était inaccessible. En conséquence, « un nouveau rendez-vous, mieux adapté, est en cours de réflexion ».

Quant au salon parisien, qui devait avoir lieu du 12 au 14 mars 2016, il est reporté au 18,19 et 20 février 2017. Le prétexte avancé laisse perplexe. L’organisateur brouille les pistes en invoquant comme excuse les attentats de novembre à Paris. La première édition devait avoir lieu au Parc des expositions de la Porte de Versailles où se tient actuellement le salon de l’agriculture. Il faut évidemment aller chercher les raisons du report de ce salon, comme celui de Lyon d’ailleurs, dans la surestimation du marché.

Une étude récente du cabinet Oliver Wyman évalue le marché du drone civil en France à 155 M€ en 2015, dont 90 M€ pour les drones de loisir et 65 M€ pour le marché professionnel. Même si grâce à sa législation évolutive et au dynamisme des acteurs regroupés au sein de la Fédération professionnelle du drone civil, la France fait figure de chef de file, au plan international, tout est encore à inventer. La démonstration de l’intérêt économique du drone est aussi à faire.

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Selon l’étude du cabinet Olivier Wyman, le drone de loisir a généré 90 M€ de chiffres d’affaires en 2015. Il pourrait atteindre 190 M€ en 2025.
© Gil Roy / Aerobuzz.fr

Aerobuzz.fr vous présente fréquemment des expérimentations réalisées dans différents secteurs d’activité, à commencer par l’agriculture, la production d’énergie, la surveillance de réseaux, etc. Aussi prometteuses soient ces applications, il s’agit avant tout de tests. La réalité est qu’en 2015, les médias, autrement dit les prises de vues aériennes, demeurent encore le premier débouché pour le drone professionnel. Ce segment a représenté, l’année dernière, 17 des 29 millions du chiffre d’affaires réalisé par les opérateurs français de drones. Et même si le cabinet Oliver Wyman estime qu’à l’horizon 2025, le marché du drone français pourrait atteindre 461 M€, dont 276 M€ pour les exploitants et 185 M€ pour les constructeurs, aujourd’hui le marché est embryonnaire et les acteurs ont tout à prouver.

C’est sans doute pour ne pas avoir correctement appréhendé cette réalité, et peut-être pour avoir aussi amalgamé le marché professionnel avec celui des loisirs, que les salons de Paris et de Lyon ont du jeter l’éponge. Reste en lice Drone Expérience dont la deuxième édition se teindra à Nantes, les 16 et 17 septembre 2016, et le doyen UAV Show (4ème édition), qui aura lieu, les 12 et 13 octobre 2016, à Bordeaux. Ces deux rendez-vous se sont résolument positionnés sur le marché professionnel, en organisant pendant deux jours, des espaces d’échanges et de rencontres, en parallèle de l’exposition commerciale. Des démonstrations applicatives, orientées métiers, seront également proposées en marge du salon de Bordeaux.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport (...)
Journaliste chez Aerobuzz.fr

7 Commentaires

  • Hervé TERRASSON

    Il se trouve que j’ai visité avant-hier 2 sociétés dans le secteur du drone. La première est spécialisée dans la formation et fait preuve de difficultés pour trouver des clients. Les Fongecif, Agecif, refusent maintenant de financer les stages comme c’était le cas il y a 1 ou 2 ans. Les formateurs sont souvent non salariés, auto entrepreneurs ce qui permet de palier aux baisses d’activité.
    Quant à la 2nd société, qui elle fabrique, les marchés visés sont B to B, notament des clients institutionnels pour des applications particulières. Sur la bonne dizaine d’ingénieurs seuls 2 sont rémunérés.

    Bref, le marché, ou plutôt les marchés ne sont pas encore ceux qu’on espérait il y a quelques années, et pourtant les opérateurs sont très nombreux... Ça n’est pas le récent incident où un avion de ligne a dû faire un évitement avec un drone passant à 5 mètres de son aile, qui va nous faire espérer un allègement de la réglementation.

    .A noter que certaines sociétés "leader"sur le marché, j’entends celles dont on parle le plus dans les médias ne sont pas forcément les mieux placées pour être pérenne...’

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  • SABONADIÈRE Claude

    Bonjour,

    Il est à noter qu’à la suite d’un accord de partenariat signé entre ADONE EVENTS, organisateur de salons aéronautiques internationaux et la FPDC, Fédération Professionnelle des Drones Civils, il y aura un espace spécifique "Drones professionnels" au salon Paris Air Expo organisé conjointement entre ADONE EVENTS et AÉROPORTS DE PARIS AÉROPORTS DE PARIS Aéroports de Paris construit, aménage et exploite des plates-formes aéroportuaires parmi lesquelles Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget (88 millions de passagers en 2011). CA 2011 : 2.502 millions d’euros. sur l’aéroport de Pontoise du 2 au 4 juin 2016.
    Ce n’est à notre avis qu’en regroupant la famille aéronautique, que l’on pourra aujourd’hui présenter des drones civils à vocation professionnelle dans un lieu visité par les donneurs d’ordres.
    Nul doute qu’AÉROBUZZ saura commenter et informer sur cette manifestation avec sa sagacité habituelle.

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  • Charly Hoolans

    Je penses qu’en effet, le coup de l’avion de ligne n’est pas en notre faveur, malgré cela, la nouvelle réglementation sur la formation viendras définitivement enfoncer le clou debut juillet 2016...
    Étant formateur (à temps plein) et salarié depuis 2 ans dans ce domaine, je constate en effet que les débouchés dont on parle tant (agriculture, BTP, Inspection et 3d) font partie d’un marché qui n’est pas encore arrivé à maturité et que les candidats à la formation et aux métiers de télépilote ne sont quasiment jamais les principaux interressé (agriculteurs, architectes ou geometrse) mais plutôt (90%) des personnes en reconvertion professionnelle à la recherche de nouveautés qui perçoivent cette filiere "en pleine assenssion" comme un nouvel eldorado.
    Le drone étant un vecteur de solutions TECHNIQUES il faut impérativement en plus d’une formation basique de télépilote, maîtriser les dites techniques afin de faire avancer la filière et de pouvoir en vivre.
    Charly

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    • hylas

      Bonjour,

      je suis ingénieur généraliste, bidiplomé avec un MASTER en gestion d’entreprise, j’ai reçu une formation de pilote militaire inachevée, j’ai donc obtenu personnellement mon PPL/A et mon brevet d’ULM et je n’arrive pourtant toujours pas à trouver un emploi dans ce secteur. Le marché du drone est encore un milieu très confiné et pour le lancer, il faudrait qu’il soit un peu plus clair.

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  • Grisez Ph

    65M euros ,pour le marché français ;... mais à l’international ,cela donne quoi ?

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  • Raoul Volfoni

    29 millions de chiffres d’affaires réalisé en prestations par les opérateurs français de drones en 2015, si l’on part du principe que seuls les +-1600 opérateurs officiels enregistrés auprès de la DGAC DGAC Direction Générale de l’Aviation Civile ont effectué ce chiffre, on arrive au mieux et sauf erreur de ma part à un chiffre d’affaires annuel moyen par opérateur déclaré DGAC de 18.125 euros ...... soit à peine l’équivalent de quoi payer un smic annuel avec les charges... vraiement pas de quoi en vivre si l’on inclue toutes les autres charges (drone, frais généraux, frais commerciaux etc..) Sachant qu’en réalité une part de ces 29 millions d’euros à forcément été faite par des opérateurs non déclarés DGAC et qu’une autre part de ce chiffre correspond à de la formation qui n’est facturée qu’une fois à une grande part de ces mêmes opérateurs), on est donc probablement plus probablement vers un chiffre moyen annuel inférieur à 15.000 € par opérateur. On est donc dans un marché ultra saturé en terme d’offres dans lequel nombre de disparitions sont à prévoir.

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  • Laurent Defois

    Malheureusement, il fallait presque s’en douter. Il ne faut pas perdre de vue qu’un drone vole ! Et le vol a toujours été l’affaire de spécialistes, de pilotes, de contrôleurs ou de mécanos aéro. Bref de personnes qui connaissent le milieu aéronautique et son exigence, qui savent lire une carte, un notam, un metar, analyser l’aérologie... Pourquoi peut-on devenir télépilote pro avec un simple théorique ULM (surtout quand il est passé en une semaine top chrono) ? Dans l’aviation il y a des codes, un langage, une manière d’analyser le terrain et d’appréhender la 3e dimension. Peut-on conduire correctement une voiture avec simplement le code ? Je ne pense pas. En laissant la porte ouverte à des gens qui n’ont peut-être jamais mis les fesses en l’air ou les pieds dans un BIA BIA Brevet d’Initiation Aéronatique , on s’expose à des incidents et à un afflux de reconvertis qui ne savent pas vraiment dans quel monde ils mettent les pieds et donc les pales de leur multi.

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