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Mooney lance le M20V Acclaim Ultra

C’est la révolution chez Mooney. Le constructeur de Kerville introduit la porte-pilote dans sa gamme. La nouvelle version du M20 Acclaim comporte deux portes d’accès à la cabine. Le composite fait aussi son entrée dans la fabrication du légendaire monomoteur rapide.

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Mooney M20V Acclaim Ultra : Cherchez l’erreur ! Un Mooney à deux portes…
© Mooney

Révolution de taille dans le design Mooney : l’accès à la cabine. Jusqu’à présent, les Mooney disposaient d’une seule porte sur le côté droit pour accéder au poste de pilotage et aux places arrière. C’était même leur marque de fabrique. Cette singularité imposait aux occupants de se glisser d’un siège à l’autre et même d’enjamber les instruments pour accéder à la place gauche. Pour les aficionados vieillissant, ce qui en d’autres temps pouvait passer pour une originalité, devient un parcours du combattant. C’est en pensant, sans doute à l’arthrose de ses plus fidèles clients, que Jerry Chen, le nouveau propriétaire chinois de Mooney [1], a décidé d’ajouter une deuxième porte au risque de passer pour un iconoclaste.

Alors que l’avionneur travaille sur un nouvel avion biplace diesel, le M10J, dont les détails sont livrés de manière sporadique, Mooney a dévoilé le 10 février une version revisitée de son emblématique M20 dans sa version Acclaim Type S, baptisée M20V Acclaim Ultra. « Nous avons pris le temps de ré-imaginer le M20 comme si c’était une tout nouvel avion, du cône d’hélice à l’empennage. Le résultat est un Mooney encore jamais vu ! » s’enthousiasme Jared Absher, directeur des ventes.

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Le fuselage du nouveau Mooney est drapé de composite pour renforcer la sécurité passive des occupants.
© Mooney

Le fuselage de l’Acclaim Ultra, habillé d’un matériau composite en lieu et place des traditionnelles toles, est une coquille formée d’une seule pièce qui vient envelopper la structure métallique. Cette coquille qui protège les passagers permet aussi d’éliminer les rivetages de nombreux panneaux et favorise l’ajustement des portes et des fenêtres, apportant par la même occasion une meilleure isolation phonique de la cabine.

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Le Mooney M20V Acclaim Ultra est équipé d’une suite avionique Garmin G1000.
© Mooney

L’Acclaim Ultra se dote donc d’une porte côté pilote, permettant ainsi un accès à la place gauche facilité et une évacuation plus rapide en cas d’urgence. Les portes ont également été allongées, favorisant un peu plus l’accès aux places arrière et offrant une meilleure visibilité avec des fenêtres plus larges.

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La cabine du nouvel M20 Acclaim a entièrement été réaménagée. Elle est plus lumineuse.
© Mooney

Quant à la cabine, Mooney a choisi de revoir l’ergonomie du poste de pilotage tout en misant sur le confort des passagers. Le résultat est un intérieur luxueux d’1,10 m de large avec un tableau de bord entièrement redessiné. Chaque commutateur a été repensé et leur position optimisée : sur-dimensionnés, ils sont accompagnés d’un clavier sur une console centrale permettant la gestion du Garmin 1000. Les instruments de secours, dotés d’une batterie interne, ainsi que les commandes de train, de volets et de compensation sont désormais situées au milieu du tableau de bord.

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Avec ses 242 kts, le M20V Acclaim Ultra de Mooney demeure l’un des monomoteurs à piston les plus rapides du marché.
© Mooney

Ce qui n’a pas changé en revanche est le moteur Continental TSIO-550-G de 280 ch. Mooney assure que les performances ne devraient pas être altérées avec cette version Acclaim Ultra, même si l’avionneur donne des chiffres sous réserve de modifications ultérieures. La vitesse de pointe en croisière resterait à 242 nœuds, faisant de l’avion « le monomoteur à piston le plus rapide au monde », comme aime à le souligner Mooney. La charge utile serait d’environ 453 kg et la distance franchissable avec les réservoirs standards de 337 litres est annoncée à 1.100 nm soit environ 2.037 km à une vitesse de croisière de 175 nœuds, sans vent. Cette distance est portée à 2.360 km avec des réservoirs optionnels de 378 litres.

L’Acclaim Ultra, déjà en production dans l’usine de Kerville au Texas, attend la certification de la FAA prévue pour le deuxième trimestre de cette année. Le prix entièrement équipé est annoncé à 769.000 US $.

Fabrice Morlon

Notes

[1Passée en 2013 dans le giron chinois, sous la houlette de Jerry Chen, Mooney a ainsi pu redémarrer la production de son usine basée au Texas, en sommeil pendant près de cinq ans. L’avionneur reprend doucement du poil de la bête puisqu’il a livré 11 M20 l’année dernière (3 M20R Ovation et 8 M20TN Acclaim) et travaille de front sur plusieurs projets.

A propos de Fabrice Morlon

Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé en 2013, Airia Editions, agence d’éditions spécialisée dans (...)
Journaliste chez Aerobuzz.fr

8 Commentaires

  • Gag-Man

    Hilarant !
    Une nouveauté annoncée quasiment comme une révolution pour l’ajout d’une porte et l’usage d’un peu de composites sur une machine datant de l’époque des dinosaures offrant une largeur de cockpit digne d’une voiturette pour la moitié du prix d’un Cessna Citation Mustang de seconde mains...
    Plutôt drôle comme annonce, a mon sens, les clients suffisamment nantis pour considérer un avion à 760’000USD seront un peu plus perspicaces et opteront pour une machine pour laquelle le chausse-pied n’est pas requis pour monter a bord, ou alors ils choisiront un "vrai" avion classique avec du charme !
    Ah l’aviation, faire croire que l’on fait du neuf avec du (très) vieux...je suis impatient de voir une Citroen traction avec moteur HDI annoncée comme nouveauté révolutionnaire...

    Gag-man

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  • BALLI

    769.000$ droits de douanes pour flipper dans un monomoteur... Il y en a qui feraient mieux de s’acheter un cerveau plutôt qu’un Mooney !...

    Mais quand, va-t-on enfin sortir, en grande série et à tarif accessible, un engin de type drone à l’échelle 1, quadriplace, hybride hexamoteur, décollage décollage/atterrissage/ anti-collision automatiques, pour partir de sa pelouse, voler entre 150 et 700m sol (largement suffisant...), s’affranchir d’une maintenance casse-pieds et hors de prix, des aérodromes et des contrôles aériens...

    Et que l’on ne me dise pas que c’est techniquement impossible, quand on est capable de poser une capsule sur une comète située à 500 millions de km et filant à 70.000 km/h, tout est possible... Donc comme ça se fera un jour ou l’autre, autant le faire tout de suite !...

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  • BAUMGARTNER

    Pour avoir volé sur Mooney TLS et sur le prototype Mooney à moteur PORSCHE,
    j’apprécie les nouvelles spécifications des 2 nouveaux modèles "ULTRA".
    Les acheteurs potentiels vont sans doute "rechigner" eu égard aux prix annoncés pour
    des quadriplaces.....
    .................S’orienteront-ils alors vers le "6 places" ou des mono-turbines d’occasion ?
    J’attends avec impatience l’ "EASA compliance + french requirements".
    Pourquoi ne pas envisager, en France, un groupement de "fanas", orienté vers le
    "fractional ownership program" ou toute autre forme d’acquisition et d’exploitation en commun pour partager les divers frais ?
    Bien cordialement à tous,
    Edualc,
    ex-pilote de chasse Aéronavale
    ex-CdB : DC8-DC10-B747-A340

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  • mcmanus

    Ceux qui crient au scandale du coup de com "neuf avec du vieux" ou qui revendiquent le drone multimoteur en remplacement d’un Mooney devraient ne jamais regarder une Porsche 911 et passer commande d’une voiturette pot de yaourt Google.
    Les Mooney haut de gamme c’est le même mythe que la Porsche 911. Régulièrement et subtilement améliorés, ces engins restent performants et gratifiants pour leurs pilotes. On n’achète pas un Mooney pour dormir en croisière ni remplacer la First d’une compagnie. On n’achète pas une Porsche pour faire le taxi. C’est pareil.
    Cet engin, c’est la performance avant tout, une ligne reconnaissable et indémodable (tendue et bien plus dynamique qu’un Cirrus bulbeux et boursouflé pour favoriser l’espace cabine), et c’est bien comme ça.
    L’évolution sans révolution. Le requin est toujours là grâce à cette technique ! Les Mooney aussi !

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  • Grisez Ph

    La 1ère photo est truquée ? ou bien c’est une démo aéro freins (au décollage ,semble t il ,donc c’est un bon avion ...avec un bon moteur )

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  • Bertrand

    Il ne faut pas comparer ce qui n’est pas comparable. Les Mooney sont étroits, mais dans une voiture de sport le confort n’est pas non plus la priorité. Quant à l’age de la conception de ces avions, ils conservent des lignes reconnaissables mais, bien évidemment, les Mooney d’aujourd’hui n’ont quasiment plus rien à voir avec ceux des années 60 : matériaux composites, fuselage plus long et plus léger, "cage" conçue pour protéger les occupants en cas de choc, oxygène, avionique ultra moderne, nouveaux matériaux...

    Les Cessna 172 sont toujours produits, pourtant nés en 1955, et personne n’y trouve rien à redire du moment que la formule évolue pour rester d’actualité.

    En revanche pour le prix, de ce côté c’est en effet discutable. Les Mooney sont "cousus main", le résultat en bas de la facture en devient tout à fait déraisonnable. Et pour ce prix, il est dommage que la console centrale (sous le clavier du G1000) soit sale sur la photo du cockpit (lequel cockpit nettement moins joli que celui des versions précédentes de Mooney, je trouve... avec une tentative manifeste de copier les Cessna Corvalis en moins bien)

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