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Biblio : Un pilote du Normandie-Niemen raconte sa guerre

Roger Penverne, pilote de chasse sur le front russe de 1943 à 1945 a toujours soigneusement noté sur un petit calepin ses sorties, ses missions, et même ses activités de distraction durant cette période. La nièce et le neveu du pilote, Maryvonne et René Gaudart, ont retrouvé ses notes et en ont sorti un ouvrage : « Pilotes du Normandie-Niemen, d’après le journal de Roger Penverne dans l’Armée rouge » (Editions JPO).

Yak 3 entouré de soldats soviétiques
Normandie-Niemen ! Le régiment de chasse de l’Armée de l’Air Française voulu par De Gaulle et confié à Staline pour combattre aux côtés des Russes à partir de 1943 et jusqu’en 1945 est devenu célèbre grâce à ses nombreuses victoires sur les Allemands lors de la seconde Guerre. Pas question ici de résumer en quelques lignes deux ans d’une guerre aérienne impitoyable au cours de laquelle des centaines de pilotes furent massacrés, aussi bien côté français, russe, qu’allemand…
Bombardier Pe-2 et Yak
La nièce et le neveu d’un pilote de l’escadrille Normandie-Niemen ont tenu à rendre hommage à ces militaires, en publiant le « carnet intime » de l’un d’entre eux, Roger Penverne, abattu par la chasse ennemie le 5 février 1945. C’est évidemment enrichi de très nombreuses informations, fruit d’une investigation poussée. Mais le texte original de Roger Penverne, rédigé à la première personne du singulier à la façon d’un écolier qui aurait voulu raconter ses aventures à ses parents, est véritablement prenant. Car le jeune pilote ne parle pas ici seulement de ses combats aériens, mais aussi, et surtout, de sa vie sur le front russe.
Yak 1 durant l'hiver 1942-1943
D’abord sa formation en Afrique du nord, puis son long périple pour rejoindre les régions gelées l’hiver et étouffantes l’été de Prusse orientale, de Lituanie, de Biélorussie et de Russie jusqu’à Moscou. Avec une joyeuse naïveté liée à sa jeunesse, Roger Penverne parle de ses compagnons d’escadrille, les chefs, les mécaniciens qui, par moins 30°C travaillaient jours et nuits pour maintenir les avions – essentiellement des Yak – en état de vol…
Le commandant Pouyade avec ses mécanos
Il parle bien sûr de ses conditions de vie, de la cuisine russe « dégoutante », des chambrées tellement insalubres que les pilotes préféraient dormir dehors. Il évoque aussi, avec une certaine pudeur, les distractions des membres du régiment : les sorties nocturnes, l’alcool (la Vodka évidemment !), les filles…
Mariya Dolina, commandant d'un escadron de bombardier en piqué.
Il faut garder à l’esprit que l’ouvrage raconte une histoire vraie, que la plupart des héros malgré eux de cette gigantesque boucherie n’avaient pas 20 ans à l’époque et que les considérations géostratégiques de la Guerre n’étaient pas leur priorité. D’ailleurs, le chapitre étonnant consacré à la rencontre à Moscou entre De Gaulle et Staline en décembre 1944 est une mine d’anecdotes et de détails croustillants dont les passionnés d’histoire se régaleront… Un témoignage poignant et une formidable leçon d’histoire sur une guerre qui fit près de 50 millions de morts…

Bruno Rivière

Pilotes du Normandie-Niemen

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