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Les sorcières de la nuit

Entre 1941 et 1945, elles furent 400 aviatrices soviétiques à s’engager dans les bataillons de combat de l’armée rouge. Leur dévouement et leur courage les ont faites entrer dans la légende. Martine Gay et les éditions JPO leur consacrent un livre.

7.02.2018

Ce sont les Allemands qui ont baptisé les aviatrices soviétiques les Sorcières de la Nuit. Ils étaient terrifiés par leurs attaques nocturnes. Marina Raskova est l'une d'entre elles. © DR

Martine Gay pilote depuis plus de 25 ans, est psychomotricienne de formation, sophrologue et relaxologue, spécialisée dans la gestion du stress et de la fatigue. Mais sa vraie passion est le vol et l’écriture consacrée à l’aérien, avec une cause à défendre et à faire connaître : celle des femmes pilotes.

A la rencontre d’Irina Rakobolskaya et de Galina Beltsova

Portant très souvent un foulard rouge qui évoque les komsomols, il est normal qu’elle se soit attachée à nous faire mieux connaître ces femmes russes hors du commun que furent les sorcières de la nuit. Avec opiniâtreté elle a obtenu toutes les autorisations pour se rendre en Russie et rencontrer les deux icones survivantes que sont le lieutenant-colonel Irina Rakobolskaya qui fut chef d’Etat-major du 588ème régiment de bombardement de nuit et le capitaine Galina Beltsova navigatrice du 587ème régiment de bombardement en piqué de jour.

Près d’un million de femmes ont servi dans l’Armée Rouge, dès les premiers mois de l’invasion allemande, dès l’opération Barbarossa, souvent en première ligne. Et parmi elles, plus de 400 pilotes amatrices s’engagèrent massivement dans les bataillons d’aviation de combat.

Ce livre se présente comme un puzzle ; ne vous attendez pas à une écriture linéaire de biographe. Mais vous trouverez, outre les récits des deux héroïnes principales, des renseignements de tous ordres sur l’organisation de l’aviation soviétique, les cartes des terrains d’entrainement, de brefs portraits de combattantes.

La Grande Marina

Bien entendu une part significative est consacrée à l’évocation de Marina Raskova figure majeure des Sorcières de la Nuit. Fille d’un chanteur d’opéra, elle est elle-même virtuose du piano, mais sort diplômée de l’Institut de l’Aviation Civile de Leningrad, et commence sa carrière de navigatrice, puis devient pilote, en 1925.

Et le 24 octobre 1937, avec Valentina Grizobudova, elle enregistre un record du monde féminin de distance, 1.445 km non stop, aux commandes d’un Yakolev AIR-12 ! L’année 1938 est pour elle celle de trois nouveaux records mondiaux : à bord d’un hydravion MP-1, couvrant 1.749 km puis 2.241 km, avec Valentina Grizodubova et Paulina Osipenko en ANT-37 parcourant 6.450 km, en un vol non-stop de Moscou au Pacifique.

Au terme de ce très long périple, les trois femmes doivent effectuer un atterrissage d’urgence dans la taïga, et ne seront retrouvées que dix jours plus tard, devant la vie à quelques barres de chocolat… A l’âge de 26 ans, le 2 novembre 1938, elle reçoit l’Etoile d’or, numéro 106, des Héros de l’Union Soviétique.

Un vibrant hommage rendu aux aviatrices russes

Elle devient une intime de Staline. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des femmes intègrent déjà les forces armées, notamment l’aviation, mais Staline lui demande de former des escadrons constitués exclusivement de femmes en 1941. Elle forme ainsi 3 régiments à Engels. Elle meurt durant la bataille de Stalingrad. Elle convoyait des bombardiers vers le front lorsqu’une tempête de neige l’a surprise près de Saratov le 4 janvier 1943.

Femmes dans un ciel de Guerre
Martine Gay – Editions JPO
151 pages. 19,90 euro. ISBN : 2373010720

Martine Gay entrelarde ses récits de poésies, de dessins, laissant libre court à son émotion.

Pour le général Valérie André qui préface l’ouvrage : « c’est un vibrant hommage rendu aux aviatrices russes de la Seconde Guerre mondiale, des jeunes filles qui avaient alors entre 17 et 25 ans. On les a surnommées les Sorcières de la nuit, les Diablesses, les Faucons, les Furies, parfois même les Sœurs… Sous le commandement de Marina Raskova, trois régiments d’aviation ont été constitués pour combattre aux côtés d’unités masculines. C’est un récit authentique, passionnant de vaillance, de dépassement de soi et de sensibilité féminine emportée dans une guerre impitoyable. Ces Grandes Dames, pilotes et navigatrices ont par leur courage, leur idéal, leur jeunesse, conquis le cœur des nations et attiré le respect de l’adversaire. »

Jean Ponsignon

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3 commentaires

  • Arès

    Dans le club de ces Dames hors du commun, je tenais à saluer Margot DUHALDE, seule femme pilote des Forces Françaises Libres, durant la Seconde Guerre Mondiale, décédée ce lundi à Santiago du Chili à l’âge de 97 ans. Décorée par l’Angleterre, le Chili et la France, où elle a reçu la légion d’honneur, elle a piloté au sein de l’Air Transport Auxiliary ( organisation au service de la RAF) des Hurricanes, Spitfite, Forteresses Volantes et autres biplans, effectuant plus de mille trois cents convoiements, jusqu’en 1945.
    Après la guerre, elle sera chargée de l’entraînement des Femmes Pilotes au Chili.
    Elle a volé pour la dernière fois en 2007, à 86 ans. ( source: MidiLibre du 07/02/2018).
    Mesdames..respect et chapeau bas.

    • Jean Ponsignon
      Jean Ponsignon

      Je partage votre avis ; j’ai eu l’occasion de la rencontrer à l’occasion de la FIDAE à Santiago, et elle me confiait sa tristesse d’avoir vu sa demande de naturalisation française refusée par le Général de Gaule.

      • Arès

        Quel gâchis…elle aimait LA FRANCE, c’est pour elle qu’elle a quitté le Chili..vous connaissez les raisons?. C’est à en pleurer, quand on pense qu’elle aurait donné sa vie pour nous.

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