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Le Rafale prépare la relève du Bison indien

L’arrivée dans les forces aériennes indiennes du Rafale signe la fin d’une époque, mais aussi d’une légende, pour l’Inde, celle du Bison, la dernière version du Mig-21 indien.

29.02.2012

Si l’on en croit le très respectable « Times of India », aucune manœuvre ne pourra empêcher l’acquisition de Rafale par les forces aériennes indiennes. La sélection du Rafale par l’Inde est le fruit d’un long parcours d’obstacles techniques, opérationnels, politiques et financiers dont le biréacteur français, une fois n’est pas coutume, est sorti vainqueur.
Certes, ce contrat, qu’on espère signé bientôt a fait couler beaucoup d’encre, en Inde bien sûr, mais aussi en Angleterre et aux USA… Mais force est de constater qu’au cours des dernières semaines, personne ne s’est réellement intéressé au pourquoi du comment. En clair, quel est le besoin ?

En Inde, l’arrivée du Rafale marque une véritable révolution car elle signifie le retrait du Mig-21. Un appareil vénérable élevé au rang de légende, en Inde ? depuis 1961…
C’est en effet sur le petit monoréacteur delta soviétique que l’escadrille des Cobras, basée près de Delhi, a fait ses premiers vols supersoniques.
On estime que, toutes versions confondues, l’Inde a commandé, et disons le franchement, produit sous licence, une grande partie de ses 900 unités de ce type qui ont fait sa gloire lors de confrontations avec les appareils alignés par le Pakistan.

Si les premières versions, brillaient par leur vitesse de pointe, elles étaient en revanche incapables de voler plus de 40 minutes, et elles étaient dépourvues de toute électronique sophistiquée et, plus ennuyeux, de canon.
La dernière version entrée en service récemment et toujours en service, est désignée Mig-21 Bison.

Le Mig-21 Bison commandé initialement à 125 exemplaires, est la dernière vraie tentative de modernisation de cet avion surnommé « Balalaika » par ses utilisateurs. Il dispose d’une ébauche de système d’arme mêlant pour la première fois des équipements russes, indiens et occidentaux sur un avion de combat.
Le cœur du Bison est un radar multimode Kopyo, de Phazotron, petit cousin de celui du Mig-29 dont les données s’affichent sur un écran multimode, à côté des instruments enfin dignes d’un appareil moderne.
Petit, car il doit se loger dans le cône d’entrée d’air mobile de l’appareil.
Du coup, cet espace étroit, limite la taille d’antenne et partant la portée utile du capteur. Il n’empêche avec le Kopyo, l’intercepteur tributaire à 100% des radars au sol devient un appareil polyvalent capable d’agir de façon autonome.

En mode air-air les bons vieux missiles courte-portée AA8 Aphid, équivalents au Magic 1 français ou aux premiers AIM9 Sidewinder sont remplacés par des R73 identiques à ceux mis en service sur les MIG29 et SU27.
Mieux, pour la première fois sur un Mig-21 des missiles moyenne portée, dont la capacité d’action théorique dépasse celle du radar, font leur apparition avec l’intégration du R77 (AA12 ADDER)
En mode air-sol, le Bison a reçu en plus de sa capacité de tir roquettes initiale, des bombes guidées KAB500 …

Le système d’autoprotection a également été entièrement revu.
Il intègre de nouveaux détecteurs, des lances leurres évolués et la capacité d’emporter un nacelle de brouillage, sous voilure.
Autre révolution pour les pilotes celle là, l’installation d’une nouvelle verrière dépourvue de montants, et l’affichage des données de vol et de combat sur un viseur de casque dernier cri.
Autant d’atouts qui font dire à d’aucuns en Inde que le Bison vaut largement un F16A en combat aérien.

Malgré toutes ses qualités, le Mig-21, produit sous licence par HAL a atteint la limite de son potentiel d’évolution.
Et bien que sa rusticité ait fait des merveilles, son taux d’accidents est devenu dans les années 90-2000 inquiétant. La faute à des problèmes de maintenance, de moteurs et d’accessoires divers.

Le Rafale, produit sous licence en grande partie à partie d’éléments faits en France, permettra aux forces indiennes de faire un saut technologique et opérationnel considérable. Une modernisation qui s’inscrit dans une démarche de remise à niveau cohérente entamée avec la mise en service des biréacteurs SU30 MKI et qui se poursuivra par le déploiement du Sukhoi T50 cofinancé par l’inde, un avion de cinquième génération comparable au F22 Raptor américain. A suivre…

La rédaction

A propos de Martin R.

chez Aerobuzz.fr
Martin R. est le développeur et webmaster d’Aerobuzz depuis sa création en 2009. Développeur de formation, il a fait ses classes chez France Telecom. Il lui arrive d’oublier ses codes le temps de rédiger un article sur un nouveau produit multimedia ou sur un jeu.

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