
Une fois de plus des garçons et des filles qui rêvent de devenir pilotes de ligne vivent un cauchemar. Ce sont un peu plus de cent garçons et filles à avoir fait confiance à Airways Aviation Academy France. Vendredi dernier, leur école de pilotage a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Montpellier.
Cette situation catastrophique, ils n’avaient évidemment jamais imaginé qu’ils puissent y être confrontés. Et pourtant… Ils ne sont pas les premiers à perdre gros dans la faillite de leur école.
Parmi les affaires les plus retentissantes, il y a en premier lieu celle d’Airways College à Agen qui a laissé 251 stagiaires sur le carreau, en 2021. Paris Flight Training qui avait pris la suite, a connu le même sort, deux ans plus tard. Aujourd’hui : Airways Aviation Academy France. Et comme chaque fois, les salariés se retrouvent au chômage, les prestataires de service sont abandonnés à leur sort, et les élèves-pilotes, criblés de dettes, se demandent comment ils vont pouvoir poursuivre leur cursus… et avec quelques moyens financiers.
Beaucoup perdre gros dans l’affaire et tous n’auront pas la possibilité de payer une nouvelle école. Une formation de pilote de ligne coûte 100.000 euros. Dans sa forme intégrée, elle est sensée se dérouler sur 18 mois. Dans les faits, elle s’étale plutôt sur 24 à 28 mois. Ils ont perdu gros, parce qu’ils ont fait confiance…
Certaines écoles argumentent pour que les stagiaires paient l’intégralité de la formation à la signature du contrat, où à défaut de la totalité, une part importante. Une situation que dénonce en vain l’APNA, l’association française qui depuis bientôt 100 ans, défend les intérêts des professionnels navigants de l’aviation. En cas de faillite de l’école, les sommes avancées par les stagiaires sont perdues… comme à Montpellier.
La liquidation d’Airways Aviation Academy France est l’occasion pour l’APNA d’inciter les postulants et leurs familles à plus de vigilance en décidant de débloquer les fonds à chaque étape de la formation. Une façon de limiter la casse en cas de faillite de l’école, ou de ratés dans le cursus. Le message est difficile à faire passer…
L’association appelle à la prudence. Elle encourage les candidats et leurs familles, non seulement à tenter d’évaluer la santé financière des écoles avant de signer, mais aussi à s’intéresser à la stabilité de l’équipe pédagogique ou encore à l’homogénéité de la flotte des avions écoles. Pour l’APNA, se pose à nouveau la question des débouchés. Face aux carnets de commandes gonflés à bloc des constructeurs d’avions commerciaux et aux prévisions de doublement du trafic aérien mondial sur les 20 ans à venir, l’avenir peut sembler assuré pour ceux qui rêvent de devenir pilote de ligne. L’APNA est beaucoup plus réservée…
Si Airbus estime que les compagnies aériennes européennes ont besoin de recruter 5.000 pilotes par an, l’APNA penche plutôt pour 3.200. Et surtout, elle affirme que les écoles françaises, à elles seules, forment environ 1.000 nouveaux pilotes par an, qui viennent s’ajouter aux milliers d’autres qui sortent des écoles réparties à travers l’Europe. En d’autres termes, l’offre est supérieure à la demande et donc il n’y a pas de la place pour tout le monde dans les cockpits des Airbus, Boeing, Embraer ou ATR.
Les recruteurs des compagnies qui croulent sous les CV privilégient la qualité des cursus, leur fluidité et la manière avec laquelle, les élèves-pilotes ont enchainé les phases de leur formation. Une façon comme une autre de sélectionner les candidats. C’est pour cette raison que l’APNA pousse les postulants à prendre leur temps en enchainant par exemple deux ans d’étude après le Bac avant de se lancer sans une formation. Ces deux années qui peuvent être mises à profit pour apprendre à voler en planeur, sont aussi un moyen, selon l’association, de se préparer aux sélections de Cadets mises en place par de plus en plus de compagnies aériennes en Europe.
Le week-end prochain, au musée du Bourget se tiendra le traditionnel salon des formations et métiers aéronautiques. La plupart des écoles de pilotage seront présentes. Il y aura aussi des représentants des compagnies et des pilotes en activité. L’endroit idéal pour mettre le rêve entre parenthèses, le temps de s’informer sur la réalité du métier et des voies pour y accéder.
Un commentaire
La possibilité de commenter une information est désormais offerte aux seuls abonnés Premium d’Aerobuzz.fr. Ce choix s’est imposé pour enrayer une dérive détestable. Nous souhaitons qu’à travers leurs commentaires, nos lecteurs puissent apporter une information complémentaire dans l’intérêt de tous, sans craindre de se faire tacler par des internautes anonymes et vindicatifs.
200% d’accord avec cette assertion. Ne jamais payer l’intégralité de sa formation lors de l’inscription.
Au delà du risque de faillite, on peut tout simplement être déçu par son école et vouloir en changer. Faisable avec un paiement échelonné, beaucoup plus compliqué si on a payé toute la formation, car il sera très compliqué de se faire rembourser (en général, l’assistance d’un avocat sera indispensable et ça prendra beaucoup de temps).
La DGAC a publié un petit guide destiné aux personnes qui envisagent une formation de PL détaillant tout çà, et plein d’autres choses. Elle est telechargeable via ce lien:
https://bia-aero.fr/wp-content/uploads/2025/04/guide_devenir_pilote_de_ligne_0.pdf
A diffuser le plus largement possible.