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Maths modernes

© Vincent / Aerobuzz.fr

La médaille Fields est décernée tous les quatre ans au cours du congrès international des mathématiciens (ICM). Elle récompense de jeunes chercheurs pour des contributions majeures et novatrices dans le domaine des mathématiques. La prochaine édition de l’ICM devant avoir lieu cette année, il nous semble important de participer au débat en proposant des candidats à la récompense suprême.

Nous pensons en particulier à deux institutions qui ont su rester jeunes et ont durement  travaillé ces dernières années sur la notion complexe d’addition et de soustraction à un chiffre. Ce qui suit est un peu compliqué mais notre confiance dans les capacités intellectuelles des lecteurs d’Aerobuzz est totale.

A ma gauche, l’armée de l’Air et de l’Espace qui a brillamment démontré depuis plusieurs années que 1+1= 3. Comprendre qu’un pilote et un navigateur officier système d’armes (NOSA) qui travaillent en parfaite harmonie font bien mieux qu’additionner leurs capacités : ils font le travail de trois personnes, comme si la fusion de leurs compétences se traduisait par l’émergence d’un corps christique doté de trois cerveaux. Fascinant et maintes fois prouvé en opération.

A ma droite, le général Thomas Bussiere, patron du Global Strike Command de l’US Air Force. Le général, qui vient de quitter son poste, a révolutionné la discipline en travaillant d’arrache pied sur la composition de l’équipage du nouveau bombardier B-21. L’homme a eu le courage de remettre en cause le dogme, en vigueur depuis le B-17, selon lequel un bombardier stratégique doit emporter deux pilotes.

Bussière professe qu’hormis quelques phases bien précises (décollage, atterrissage ou encore ravitaillement en vol), l’essentiel du vol est fait de longs transits ennuyeux et sans contrainte particulière : un homme seul peut s’en charger. Comme sur tous les avions modernes, le pilotage est la partie la plus simple de la mission, la mise en oeuvre des capteurs et des armements dans un environnement de haute technologie étant de très loin la plus complexe.

Le général en a déduit qu’il serait sans doute judicieux de remplacer l’un des deux pilotes par un Weapon Systems Officer (WSO), spécialiste des systèmes d’arme, pour là aussi obtenir une efficacité augmentée. Ce que l’on peut résumer par l’équation suivante : (2-1)x+1y = 3. Dans le système Bussière, « x » représente les pilotes et « y » le WSO. Globalement, c’est l’équation française mais en un peu plus compliquée, avec un résultat identique.

Tout irait donc très bien si Jean-Claude Van Damme ne s’était invité dans la course à la médaille il y a  quelques années, en démontrant de façon irréfutable (la vidéo est facile à trouver en ligne…) que 1+1=1. De quoi relancer le débat, rassurer les tenants de l’orthodoxie du pilotage à deux des bombardiers et sans doute troubler jusqu’au chef des armées des Etats-Unis…

Frédéric Lert

Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une trentaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense et voilures tournantes.

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