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Le BIA nouveau est arrivé !

Le Brevet d’Initiation Aéronautique vient de connaître une profonde réforme. Le nouveau BIA prend mieux en compte la diversité des activités aéronautiques. Une dose de culture est injectée dans le programme. Des changements marqués interviennent aussi au niveau du Certificat d’Aptitude à l’Enseignement de l’Aéronautique (CAEA) pour les formateurs.

Une rencontre nationale des formateurs BIA et des représentants des CIRAS de chaque académie, la première sous l’égide de l’éducation nationale, s’est tenue le mardi 10 novembre au siège de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Cette grande manifestation était organisée, à l’initiative de l’Education nationale, par le comité de suivi national du BIA. Ce comité, composé de membres de l’Education Nationale (EN), de la DGAC, et du Conseil National des Fédérations Aéronautiques et Sportives (CNFAS), est en effet à l’origine des réformes intervenues sur le BIA en début d’année.

Le BIA est un diplôme à part dans l’Education Nationale. Son histoire, longue et mouvementée, remonte à l’année 1937, à l’initiative de Jean Zay, sous le Front Populaire avec l’appellation brevet élémentaire des sports aériens. Longtemps sous tutelle du ministère des transports, le BIA a été profondément transformé dans les années 90 avec une convention associant alors l’éducation nationale.

Après diverses péripéties, le BIA connaît un succès grandissant depuis quelques années puisque 10.000 candidats se sont présentés en 2015, contre moins de 5.000, 5 ans plus tôt. Cette montée en puissance justifiait à elle seule une remise à plat des programmes et la mise en place d’une nouvelle organisation, le tout en conservant ce qui faisait son attrait et son succès : la souplesse de l’organisation et la diversité des contenus.

Concernant les programmes, quatre évolutions majeures sont à retenir. Tout d’abord il faut noter l’affichage fort de la volonté de rester à un niveau d’initiation accessible au principal public visé. En effet, bien que le BIA puisse se passer à tout âge, l’examen doit être à la portée des élèves de 3ème et de Seconde.

A la première lecture, les nouveaux programmes peuvent donner l’impression d’être plus imposants. C’est une illusion générée par l’exposé des compétences attendues, complété par la liste quasi exhaustive des savoirs associés et du niveau d’acquisition visé. Ce cadrage plus précis des contenus permet de garantir que cette formation reste une initiation à l’aéronautique.

La deuxième évolution porte sur une meilleure prise en compte de la diversité des activités aéronautiques : des modèles réduits aux engins spatiaux, en passant par les ULM, les ballons, les planeurs et les drones. Ainsi, le spatial et l’aérostation font leur entrée de manière plus explicite dans les programmes. Les auteurs des nouveaux textes ont par ailleurs mis en avant l’apparition de thématiques liées à la sécurité des vols. Celles-ci viennent compléter les aspects « performances humaines » pour tendre vers une prise en compte réaliste, mais simple, des facteurs humains.

Enfin, le terme de culture fait son apparition à côté de l’histoire. En effet, au-delà d’une chronologie d’événements mettant en jeu des hommes et des machines, la volonté affichée est d’établir une liaison entre les développements aéronautiques et spatiaux, et les enjeux militaires, économiques et socioculturels. C’est d’ailleurs comme une « initiation à la culture scientifique et technique de l’aéronautique et du spatial » que se définit le BIA dans les principes des nouveaux textes.

Les modalités de passage de l’examen du BIA ont très peu évolué. Le changement principal réside dans la disparition des nombreuses options facultatives préexistantes, au profit d’une seule : l’anglais.

En revanche, s’agissant du Certificat d’Aptitude à l’Enseignement de l’Aéronautique (CAEA), la réforme apporte des changements bien plus marqués, car il s’agissait tout à la fois d’élargir les possibilités d’accès au CAEA et de cadrer le système des dispenses qui donnait lieu parfois à des variantes très marquées d’une académie à l’autre.

L’épreuve écrite du CAEA sous forme de QCM est maintenue. Elle porte sur le même programme que le BIA, avec cependant un niveau d’acquisition des savoirs supérieur garantissant un niveau théorique minimal. Le candidat doit ainsi obtenir la note de 15/20 pour être admissible. Il est alors convoqué à une épreuve orale qui a pour objectif de vérifier l’aptitude du candidat à enseigner dans un établissement scolaire, car il s’agit bien d’un certificat d’aptitude à l’enseignement.

Par ailleurs, pour susciter davantage de vocations chez les pilotes et les enseignants, des dispenses spécifiques ont été imaginées. Les candidats peuvent ainsi être dispensés d’une des épreuves, voire même des deux dans le cas particulier des enseignants-pilotes (les listes de titres aéronautiques admis en dispense d’épreuve écrite sont disponibles sur monbia.fr).

Il a été rappelé que l’enseignement du BIA doit se faire sous la responsabilité d’un titulaire du CAEA lorsque cet enseignement est dispensé dans le cadre d’une convention avec un établissement scolaire. Des personnes non titulaires du diplôme peuvent donc tout à fait intervenir dans ce contexte.

Par ailleurs, il faut retenir que le CAEA n’est pas requis pour préparer au BIA dans d’autres structures telles que les aéroclubs. Enfin, il est évidemment toujours possible de se présenter au BIA en candidat libre. Les différents acteurs ont tenu à garder la souplesse du système ; la menace de réglementation et de complexité ne concerne pas que l’aviation !

L’autre grand point de la réforme porte sur l’organisation du BIA. Tout d’abord les examens sont désormais organisés par le Service des Examens et des Concours (SIEC) au niveau national. Ceci est un gage de confidentialité et d’intégrité. Mais surtout, les trois signataires de la convention nationale que sont la DGAC, l’Education Nationale et le CNFAS, sont les véritables animateurs du BIA.

Cette organisation se décline tant au niveau national avec un Groupe National de Suivi, qu’au niveau académique dans les différents CIRAS (Comité d’Initiation Régional de l’Aéronautique et du Spatial). Il est prévu que des partenaires, comme par exemple la FNAM, le GIFAS, l’Armée de l’Air et le CNES, puissent y être associés. Ceux-ci ont d’ailleurs eu la parole lors du séminaire et ont exposé leurs contributions au BIA, actuelles et futures. Quatre enseignants issus de quatre académies ont décrit des démarches pédagogiques originales. Cela illustre le fait que le BIA n’est qu’un moyen valorisant, mais pas une fin en soi. Il y a donc mille manières de l’enseigner, tant le monde de l’aviation et du spatial est riche.

L’ensemble des présentations est maintenant consultable en ligne sur le site monbia.fr. Ce site permet également de prendre connaissance de l’ensemble des textes de référence et de pointer vers les CIRAS qui ont leur propre site. Il est de plus prévu que le site mette à disposition un ensemble de ressources. Il est recommandé de s’inscrire à la lettre d’information du site qui se met peu à peu en place. Ce dernier permettra de faire vivre l’esprit de cette réforme. Notons que les participants ont jugé très positivement l’esprit de la réforme.

Les CIRAS ont entrepris un grand travail de mise à jour pour fiabiliser les informations dispensées. D’autre part, si des passionnés veulent faire partager leur expérience professionnelle dans le cadre d’un BIA, ils sont les bienvenus. Rappelons aussi que la DGAC et les Fédérations consacrent des moyens importants à travers des bourses. Celles-ci visent notamment à faire découvrir les pratiques aéronautiques aux candidats, et à encourager les lauréats à se former.

Cela faisait très longtemps que l’Education Nationale, la DGAC et les Fédérations à travers le CNFAS n’avaient pas consacré autant de moyens et d’énergie à ce bel outil qu’est le BIA. Cette formation devient plus que jamais une magnifique manière de découvrir le monde passionnant de l’aviation et du spatial. Visiblement un nouveau tournant a été pris. Il est prometteur !

Aerobuzz.fr

A propos de Aerobuzz

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, … ). Il est l’auteur de 7 livres. Gil Roy est le rédacteur en chef d’Aerobuzz.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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