Les trois avions amphibies Goose de Wilderness Seaplanes en août 2023. © Wilderness Seaplanes
En décembre 2023, un Grumman Goose de la compagnie Wilderness Seaplanes s'était écrasé en Colombie Britannique à la suite d'une panne des deux moteurs. Le pilote et son ancienne compagnie s'opposent désormais quant aux responsabilités de la destruction de l'avion.
De l’eau a été trouvée dans les réservoirs de carburant de l’avion par les enquêteurs du Transportation Safety Board. Les deux moteurs se sont donc arrêtés après le décollage depuis Bella Bella où le pilote avait complété les pleins avec de l’essence contenu dans un baril et l’aide d’une pompe mobile, le camion d’avitaillement normal étant en panne ce jour là.
Pour la compagnie, le pilote aurait dû vérifier la qualité du carburant et ne pas décoller, d’autant plus qu’un problème connu sur le train d’atterrissage aurait dû l’obliger à rester au sol. Elle réclame donc des dommages et intérêts pour la destruction de son avion et les pertes d’exploitation qui s’ensuivent.
Le pilote, qui a subi un infarctus huit semaines après l’accident, désormais lourdement handicapé et qui a du mettre un terme à sa carrière de pilote professionnel, réclame des indemnités pour la perte de ses revenus, précisant que le pilote d’un Beaver avait testé le carburant juste devant lui et n’avait pas trouvé de traces d’eau mais que la pompe utilisée pouvait ne pas avoir atteint le fond du baril où l’eau de pluie s’était vraisemblablement infiltrée. Outre que le baril n’avait pas été bien fermé par un précédent pilote quelque semaines plus tôt, et que, comme l’ont noté les enquêteurs du TSB, il aurait dû être stocké à l’horizontale et non pas à la verticale, l’absence d’un dispositif de filtrage s’est avéré particulièrement lourd de conséquences.
Les deux parties en présence ont donc déposé chacun une plainte contre l’autre.