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L’âge de la retraite divise les pilotes français

Suite à l’action d’une centaine de pilotes de ligne français pour obtenir le report de l’âge légal de la retraite à 65 ans, le SNPL monte au créneau et explique pourquoi il est attaché à la retraite à 60 ans.

1.09.2007

Tout est parti de la plainte pour discrimination déposée auprès de la Commission Européenne par une centaine de pilotes de ligne français, regroupés en association baptisée PNT 65 :  » depuis le 23 novembre 2006, les pilotes du monde entier âgés de plus de 60 ans viennent atterrir et décoller en France voire, dans le cas des pilotes de ligne de l’Union Européenne, faire du cabotage entre aéroports à l’intérieur de l’hexagone, alors que notre gouvernement refuse ce même droit aux pilotes de ligne français qu’elle limite arbitrairement à l’âge de 60 ans « . Depuis le 23 novembre 2006 en effet, l’OACI a repoussé l’âge limite d’activité à 65 ans et les membres de PNT65 exigent que la France suive le mouvement, d’autant que la loi Fillon de 2003 fixe l’âge de la retraite à 65 ans pour tous les salariés.  » En n’appliquant pas ces textes dans leur globalité, l’Etat français agit non seulement de manière discriminatoire contre ses propres ressortissants pilotes mais de plus pénalise l’ensemble des salariés français car les pilotes de ligne sont obligatoirement licenciés à 60 ans et, dans la quasi-totalité, vont s’inscrire au chômage pour toucher les indemnités des ASSEDIC payées par tous « .

En réponse à cette action, le SNPL qui représente les trois quarts des pilotes d’Air France, a réaffirmé son attachement au maintien d’un âge de cessation d’activité à 60 ans :  » si le conseil de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) a en effet adopté le 10 mars 2006 un amendement qui fixe à 65 ans la limite d’âge supérieure pour exercer les fonctions de pilote commandant de bord, et sous réserve que le copilote soit d’ailleurs âgé de moins de 60 ans, cette recommandation ne s’impose en aucune mesure aux Etats membres. C’est pourquoi la France, par la voix de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), a pu signifier sa différence sur ce point, conservant comme d’autres pays une limite inférieure « .

Le SNPL rappelle que les pilotes de British Airways partent en retraite de peu à 60 ans, ceux de KLM à 58 ans et ceux Lufthansa, Iberia et Alitalia à 60 ans. Le SNPL met en avant le caractère  » complexe, sérieux et physiquement exigeant  » de la mission du pilote de ligne.  » Pour que cette mission s’exerce en toute sécurité, elle repose sur un ensemble complet de règles d’utilisation des équipages : nombres d’heures de vol maximum, repos minimum, nombre de jours d’activité, prise en compte de la pénibilité des vols de nuit, des levers tôt, des nombreux fuseaux horaires traversés etc. L’âge de cessation d’activité est un de ces éléments. (…) D’autre part, si l’espérance de vie augmente, personne ne sait mesurer sur le long terme l’impact de cadences de travail qui ont considérablement augmenté depuis quelques années ou l’impact de l’avènement des vols ultra longs qui se préparent avec l’arrivée de nouveaux avions « .

Chacun pourra se faire sa propre opinion sur la question. Il faut savoir, enfin, que les compagnies asiatiques en déficit de pilotes recrutent de plus en plus de pilotes européens, jeunes retraités.

Gil Roy. Aviasport N°630 / Septembre 2007

A propos de Martin R.

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Martin R. est le développeur et webmaster d’Aerobuzz depuis sa création en 2009. Développeur de formation, il a fait ses classes chez France Telecom. Il lui arrive d’oublier ses codes le temps de rédiger un article sur un nouveau produit multimedia ou sur un jeu.

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