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Rolls-Royce teste le « coeur » du turboréacteur de 2018

Rolls-Royce poursuit le développement de son programme Advance2. Le motoriste britannique vient de réaliser avec succès les essais d'un corps haute-pression.

22.10.2012

Rolls-Royce vient d’achever les essais d’un corps haute-pression (corps HP ou générateur de gaz) destiné à un moteur qui pourrait équiper les futurs avions de la catégorie des 70 à 130 places – ou de gros jets d’affaires. Le « Core 3/2d » est la dernière mouture étudiée dans le cadre du programme E3E, un acronyme anglais pour « rendement, environnement, économie. » Le moteur complet, dénommé Advance2 parce qu’il possède une architecture à double corps (par opposition à triple corps, une configuration courante chez Rolls-Royce), pourrait entrer en service en 2018.

C’est dans une chambre d’altitude de l’université de Stuttgart qu’ont eu lieu les 40 heures d’essais. Cette dernière phase de tests s’est concentrée sur le fonctionnement d’une chambre à combustion à mélange pauvre, par mauvais temps. Le « Core 3/2d » a ainsi prouvé qu’il pouvait être rallumé en vol par autorotation, même dans une tempête tropicale. « La chambre de combustion a dépassé nos attentes en termes de réduction des rejets d’oxydes d’azote (NOx) et de stabilité dans des conditions défavorables ; les émissions de polluants étaient jusqu’à 60 % en dessous des normes CAEP6 actuelles », affirme Holger Klinger, l’ingénieur en chef.

Dans le programme de recherche et développement E3E, les campagnes d’essais sur corps HP avaient débuté en 2008. En 2010, ses responsables prévoyaient encore une itération « 3/3 » pour un test d’endurance. Il se serait agi de 1,200 cycles démarrage-extinction. Mais le programme s’est finalement terminé sans ce dernier essai.

En plus de la chambre de combustion, le corps HP 3/2d comporte une turbine HP à deux étages. Ses aubes mobiles bénéficient de nouvelles formes, grâce à l’aérodynamique en trois dimensions. Du coup, on a pu réduire le nombre d’aubes.

Le compresseur HP, lui, possède six disques aubagés monoblocs. Il a démontré un taux de compression de 22. Un turboréacteur IAE V2500, comme ceux qui équipent nombre d’Airbus A320, a besoin de cinq étages supplémentaire (un étage HP et quatre étages BP) pour atteindre un taux comparable. Rolls-Royce vise, avec Advance2, une consommation de 15 % inférieure à celle des moteurs actuels de la catégorie des 58 à 111 kN (13 000 à 25 000 lbs).

Le programme Advance2 est distinct de ce que le Britannique pourrait réaliser avec Pratt & Whitney sur un futur avion monocouloir. En 2011, les deux motoristes avaient annoncé qu’ils comptaient reprendre, à terme, une collaboration sur les avions de 120 à 230 places, en se fondant sur le technologie du réducteur promue par Pratt. En attendant, ils ont restructuré leur coentreprise IAE au profit de Pratt.

Thierry Dubois

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A propos de Thierry Dubois

chez Aerobuzz.fr
Thierry Dubois est journaliste aéronautique depuis 1997. Ingénieur Enseeiht, il s’est spécialisé dans la technologie – moteurs, matériaux, systèmes, etc. Il collabore régulièrement à plusieurs publications françaises et américaines. Il a rejoint Aerobuzz, en octobre 2009. Thierry Dubois, couvre notamment les hélicoptères civils et l’aviation d’affaires, ainsi que tous les sujets techniques.

Un commentaire

  • ratel

    Rolls-Royce teste le « coeur » du turboréacteur de 2018
    quand on apperçois cette technologie , ilya de quoi de rester rêveur!!!!!! et émerveillé, c’est vraiment le défis de l’aviation et les nouvelles générations devront travailler dur
    pour penser aux anciens qui ont n’ont jamais baisser les bras, dans les durs moments
    de l’histoire de l’aviation!!!!!

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