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19 commentaires Culture Aéro

Mobilisation pour sauver un Breguet 941S

Les Ailes Anciennes de Toulouse AILES ANCIENNES DE TOULOUSE Association de collectionneurs d’avions anciens implantée à Toulouse, sur le site Aeroscopia. Elle possède plus de 80 avions et hélicoptères. veulent sauver de la ferraille un exceptionnel quadrimoteur Breguet 941 afin de pouvoir le présenter au public. Les collectionneurs toulousains lancent une collecte de fonds par le biais d’un financement participatif via le site participatif MyMajorCompany.

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C’est dans l’aile soufflée avec ses volets hypersustentateurs que réside le caractère avant-gardiste du Breguet 941
© Ailes Anciennes de Toulouse

Comme le fait remarquer l’association Les Ailes Anciennes de Toulouse AILES ANCIENNES DE TOULOUSE Association de collectionneurs d’avions anciens implantée à Toulouse, sur le site Aeroscopia. Elle possède plus de 80 avions et hélicoptères.  : « Le Breguet 941S n’est pas l’avion français le plus connu... C’est pourtant une des machines les plus formidables et avant-gardistes conçues et construites en France ! » Cet avion dont le prototype a effectué son premier vol en 1958 était un STOL (« Short Take-Off dans Landing ») avant la lettre, c’est-à-dire qu’il était capable de décoller et de se poser très court, en 200 mètres, et avec 40 passagers à bord. L’aile dotée de volets hypersustentateurs doubles, déployable jusqu’à 105°, était soufflés sur toute son envergure par les hélices à grand diamètre (4 mètres) des quatre moteurs interconnectés pour assurer un soufflage régulier du profil.

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L’Armée de l’air française a été le seul exploitant de Breguet 941
© DR

Le Breguet 941S était un avion innovant qui a peut-être fait peur aux compagnies aériennes. Le constructeur français n’a enregistré aucun contrat. Comme souvent à cette époque, l’Armée de l’air s’est dévouée et en a commandé quatre exemplaires qui sont restés en service jusqu’en 1974. De ces quatre machines construites, il n’en reste plus que deux. « La première est dans les réserves extérieures du Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget. La seconde se trouve dans un parc d’attraction en Ardèche, sur l’aérodrome d’Aubenas, dans un relatif bon état de conservation. C’est cette machine que l’on va sauver et rapatrier à Toulouse-Blagnac, où elle a été construite et où notre association souhaite la préserver et la remettre en état pour la présenter au public », explique les Ailes Ancienne de Toulouse.

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Le Breguet 941 a été récupéré par un parc d’attraction à thème aéronautique situé sur l’aérodrome d’Aubenas (Ardèche).
© Ailes Anciennes de Toulouse

L’association toulousaine estime le budget de ce sauvetage à 22.500 €, hors achat de l’avion évalué à 17.000 € et de son remontage. [1] Pour éviter de vider ses caisses alors qu’elle va devoir participer au financement d’un nouvel hangar de restauration située à côté du musée Aéroscopia, elle a décidé de recourir à un financement participatif. Elle souhaite recueillir 10.000 € grâce au site MyMajorCompany. Elle espère que la possibilité offerte aux donateurs de déduire leur don de leurs revenus facilitera la collecte. Elle s’est donnée jusqu’à la fin de l’année pour réunir les 10.000 € qui lui permettront de sauver cet étonnant Breguet 941 de la casse.

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Pour participer au sauvetage du Breguet 941

C'est dans l'aile soufflée avec ses volets hypersustentateurs que réside le caractère avant-gardiste du Breguet 941

Notes

[1Il faut tout d’abord acheter l’avion à son propriétaire (17.000 €). Il faut ensuite envoyer une équipe d’une dizaine de bénévoles pendant une grosse semaine pour démonter l’avion (comptons 2.000€ pour le transport et l’hébergement). Il faut louer sur place d’importants moyens de levage pour la semaine (3.000€) et pour le chargement sur les camions (1.000€). Il faut ensuite ramener l’avion démonté à Toulouse avec le concours des Transports Courcelle, un transporteur spécialisé dans les convois exceptionnels qui nous fait un prix d’amis ( 16.000€), puis le décharger avec une grosse grue (500€).

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19 Commentaires

  • bernard Bacquié

    Oui, c’était une machine exceptionnelle. Je l’ai vue, de mes yeux d’adolescents, décoller en travers de l’unique piste 33 de Blagnac (aujourd’hui 34R) qui faisait à l’époque 60 mètres de large. À moins que ce fut son prototype, le Breguet 940.
    Je croyais que c’était au total 10 exemplaires qui avaient été versés à l’Armée de l’air.
    Non, ce STOL ne visait pas les compagnies aériennes, à moins que certaines eussent souhaité faire la guerre, puisqu’il était conçu comme un avion militaire d’assaut. Il deviendra toutefois un Dassault à la fusion des deux sociétés.
    L’interconnexion des hélices permettait surtout d’alimenter le soufflage des volets hypersustentateurs - et c’était là l’intérêt principal - sur toute leur longueur même en cas de panne d’un groupe turbopropulseur Turboméca "Turmo". Le mot "hypersustentateur" prenait alors tout son sens.
    Deux dispositifs complétaient le système de contrôle :
    - le "différentiel" ailerons et pas des hélices externes (la mobilité des ailerons influait sur le pas des hélices pour contrer le lacet inverse !).
    - la "transparence", en fait un super "petit pas" pour freiner un peu plus sur les hélices externes et ainsi augmenter la pente en approche.
    Mais avec quatre moteurs et ces dispositifs compliqués et lourds nécessitant une grande maintenance et une haute qualification des pilotes, l’avion n’a pas convaincu.
    Bernard Witt fut le pilote d’essais du 940. En 1959, les essais CEV avait été rondement menés et avaient abouti au feu vert pour la version de série 941.
    J’ai l’intention de participer à l’opération de mes amis des Ailes Anciennes de Toulouse AILES ANCIENNES DE TOULOUSE Association de collectionneurs d’avions anciens implantée à Toulouse, sur le site Aeroscopia. Elle possède plus de 80 avions et hélicoptères. en offrant un paquet de mes livres à leur boutique.

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  • MARKEL

    MERCI DE NOUS DONNER LE LIEN POUR POUVOIR FAIRE UN DON !

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  • JMC71

    Belle initiative
    Mais pourquoi faut-il attendre le dernier moment pour sauver une machine unique et dépenser des sommes folles pour le remettre à un standard correct d’exposition ?!!
    Pays de peu de Vertu aéronautique..
    Quand à celui du Musée et encore quelques années, il finira corroder bon pour la ferraille comme la majorité des avions de Dugny.
    Un véritable scandale.
    Alors que Bretigny dispose de hangars vidés...
    Fly safe
    Jmc

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  • sionneau daniel

    le Bréguet 941... réveille en moi (comme beaucoup d’autres avions) les souvenirs de mon enfance... mon père, Jean Sionneau, était un monteur de Ratier-Forest, l’"hélicier" comme le disait Mr Zydlowsky de Turboméca. Il y avait aussi un acolyte (de Turboméca) dont j’ai oublié le nom... dont le fils fut adjoint chef d’escale d’UTA à Jakarta dans les années 70/80.

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  • Roger Gaborieau

    Belle initiative des fans toulousains !
    Comme mon camarade Bernard Basquié, je propose d’offrir à Ailes anciennes Toulouse un lot de mes livres pour leur boutique. Avec grand plaisir.

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  • VNI

    Bonjour,
    Il me semble qu’il a été en service dans une compagnie aérienne (civile) anglaise ou américaine.

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  • steve

    bravo !!!!! courage !!!! il faut sauver le patrimoine aéronautique mondial un avion n a pas de frontière et ils apportent tellement de joie merci a vous

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  • Gérard HARDY

    Bonjour,
    Il y a eu le Br-940 démonstrateur bidérive dit "caisse à savon" très carré (1er vol 21/05/1958 à Vélizy-Villacoublay), puis le Br-941 plus aérodynamique (premier vol 01/06/1961 à Blagnac côté Colomiers) et enfin 4 avions de série Br-941S plus longs d’un mètre assemblés à Biarritz Anglet et livrés à l’Armée de l’Air (premier vol 19/04/1967).
    Tous ces 1ers vols ont été réalisés par le pilote d’essais maison Bernard Witt.
    Les américains se sont intéressés à cette machine atypique et il y a eu une première campagne d’essais/démonstrations aux USA en juin 1964 avec le 941 aux couleurs de Mc Donnell sous le type 188 au cours de laquelle ils ont réussi à le casser en passant la réverse avant l’arrondi ! Réparation espionnage chez Mc Donnell pendant 8 mois...
    Puis une deuxième campagne de démonstration d’exploitation civile en août 1968 avec le 941-S n°2 aux couleurs de compagnies civiles américaines (American Airlines, Eastern...) où ils l’ont aussi accidenté en cassant une hélice dans une manœuvre sportive au sol !
    Bréguet visait aussi bien le marché militaire que civil et l’imaginait bien en court courrier de cabotage y compris pour la Postale... Pour diverses raisons ça n’a pas débouché...mais le 941 a eu des petits frères américains à ailes soufflées...

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  • POUYADOUX Jean-luc

    Ayant sauté en parachute a partir de cet avion le 7 aout 1973 ( 2 sauts ),je recherchais cet appareil rare et plus que formidable. Bravo à votre organisation que je vais soutenir. Il faut sauver les soldats 941S 62NC et son frère 62ND. Que du bonheur de voir cet avion retrouver sa dignité

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    • br941

      Bonjour,
      Encore un fana du BR941S.
      J’ai été pilote sur cet avion et le 7 aout 1973, et sur mon carnet de vol, j’ai mentionné :sur le NC, Pau, Tarbes, parachutage Gers, Pau.
      Nous étions sûrement ensemble !
      Cordialement

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    • pouyadoux jean-luc

      Au pilote du 941S 62NC le 07/08/1973.
      Nous nous sommes même peut-être parlé. Je me souviens d’une conversation avec l’équipage qui nous mentionnait la chance de sauter depuis cet appareil qui commençait à récupérer les pièces d’autres 941. En 1973, déjà, l’entretien de ces avions était très onéreux (était ce la seule raison ?). Ce matin là, cerise sur le gâteau j’étais comme on dit " à la portière (droite)" souvenir inneffaçable .
      Je joins le document contenant le feuillet de mon carnet de saut ou est mentionné le nom du pilote, le LT ? (mal écrit).Cordialement.

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  • Bebejodel

    Nous vivons une époque formidable
    Il ya une quelques dizaines d’années, il n’était pas rare de trouver deux, voire trois générations vivant sous le même toit. On appelait ça l’esprit de famille. Au fil du temps, les jeunes se sont éloignés de leurs parents pour différentes raisons. Rien d’anormal, les vieux pouvant vivre leur retraite tranquille. Mais l’âge avançant, ou à la mort de l’un d’entre eux, les enfants « récupéraient » l’aïeul afin qu’il termine sa vie paisiblement. Plus récemment, on a construit des maisons de retraite dans lesquelles on « place » nos ascendants. Je n’ai pas à juger ces méthodes, mais je constate que, dans tous les cas, soit par humanité, soit par obligation les enfants ne laissent pas tomber les anciens.
    Quel rapport avec le Bréguet 941, me direz-vous ?
    Eh bien voilà : Quand Dassault a repris Bréguet, les deux sociétés n’ont plus formé qu’une seule famille. Il me semble que Dassault n’a pas le droit d’abandonner ses vieux, d’autant que cette entreprise a largement les moyens de soigner et offrir un toit à ces deux vieillards (l’appareil concerné et celui du musée).
    J’espère que je ne vous ai pas trop ennuyés avec mes histoires de vieux, mais quand je me souviens les articles d’ « Aviation Magazine » dans lesquels je suivais les aventures de cette machine formidable, un tel abandon me rend un peu triste.
    A la prochaine.
    Jean-Louis
    Petit pilote de petit avion

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  • Al17460

    Je crois me souvenir qu’en 1968, c’est cet avion qui est venu récupérer les athlètes français en partance pour Mexico, sur l’aérodrome de Sainte Léocadie, (ils étaient en stage d’altitude à Font Romeu) pour les conduire directement à Toulouse, afin qu’ils restent le moins longtemps possible à une altitude proche du niveau de la mer et ne perdent pas les bénéfices procurés par ce stage en altitude.
    Opération réussie, puisque ma copine Colette BESSON a été championne olympique du 400m plat.

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  • Frantzprovence

    Et bien ... un souvenir me reste du "son & lumières" projeté dans la soute de ce Breguet à "AEROCITY" ;o)
    Très kitch....Mais...Mémorable ;o)

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  • aerosol

    Je me souviens avoir vu cet avion à ses débuts lors d’une visite sur la base de Reims où il était en essais ( à l’escadron Anjou je crois ). J’étais alors petit élève pilote encore en cours au sol.
    Trés grosse impression sur ses capacités VTOL/STOL !!!On croyait rêver ( on était encore au Noratlas et au Transall )
    Ce que je constate une fois de plus c’est la triste capacité à garder notre patrimoine aéronautique exceptionnel...On ne posséde même plus un exemplaire de tous les avions produits en France.

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