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Des réservistes sur Rafale pour l’Aéronavale

L’aéronavale commence à faire appel à une « réserve volante » pour épauler ses propres instructeurs Rafale. Une première en France…

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Quelques missions en simulateurs et une poignée de vols permettront de remettre en selle rapidement les réservistes sur Rafale.
© Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

La fin du Super Etendard Modernisé (SEM) en 2016 avec le passage à une flotte 100% Rafale, la participation à l’opération Chammal et l’engagement soutenu du porte-avions, mais aussi la fin de contrat ou la mutation de nombreux pilotes confirmés : toute ces raisons font que l’Aéronavale se retrouve aujourd’hui face à une situation difficile en matière de formation.

« Le manque de pilotes qualifiés et d’instructeurs disponibles rend particulièrement compliqué la régénération des forces sur les bases quand le groupe aérien est embarqué » explique-t-on à l’état-major de l’aviation navale. « La transformation à venir de la flottille 17F sur Rafale vient en outre alourdir le flux normal des formations dans les flottilles ». Le passage du SEM vers le Rafale pourrait ne concerner qu’une quinzaine de pilotes, mais à l’échelle de l’aéronavale, petite boutique, ce nombre est suffisant pour créer un engorgement. D’autant que l’aéronavale aurait d’ores et déjà du mal à fournir son contingent d’instructeurs à l’Escadron de Transformation Rafale de Saint Dizier. Pour toutes ces raisons, l’institution a décidé de faire appel à des instructeurs réservistes sur Rafale.

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Les instructeurs réservistes accompagneront les jeunes pilotes arrivant en flottille ou bien d’autres plus expérimentés quittant le SEM pour le Rafale.
© Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

On parle aujourd’hui de seulement cinq pilotes très expérimentés (Chefs de patrouille, avec au moins 2.500 heures de vol dont 500 de Rafale), dont deux seraient déjà à pied d’œuvre à Landivisiau. C’est peu mais cela n’en demeure pas moins une innovation pour la marine et même pour l’institution militaire française dans son ensemble. Les pilotes réservistes de l’armée de l’Air sont pour l’heure cantonnés au pilotage d’avions légers, mais rien ne dit que cela ne changera pas, dans le sillage des marins.

Une partie de l’activité de ces instructeurs se fera en simulateur pour former les jeunes, mais la nouveauté n’est pas là, puisque on peut déjà croiser un réserviste ou deux dans les couloirs du Centre d’Expertise (CENTEX) de Landivisiau qui abrite les deux simus de la base. Placer un pilote rendu à la vie civile dans le cockpit d’un Rafale, après un rapide processus de remise en jambe, constituera en revanche une petite révolution.

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Les réservistes seront cantonnés dans les missions d’instruction. Hors de question pour eux de prendre part aux Opex…
© Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

L’aéronavale est pour l’instant allée chercher ses volontaires dans les rangs de la Sécurité Civile. On y trouve quelques jeunes « anciens » du Rafale ayant quitté les forces assez récemment pour être requalifiés facilement. Autre avantage, l’activité très saisonnière de la Sécurité Civile (forte activité en été, entrainement en hiver sur un rythme moins soutenu) complète bien celle de l’Aéronavale. Certains pilotes de ligne travaillant sous contrat la moitié de l’année, par exemple en haute saison de mai à octobre, pourraient eux aussi convenir aux besoins de la marine. Pour l’institution, l’emploi d’instructeurs réservistes a vocation à durer et l’indisponibilité programmée du Charles de Gaulle pour entretien programmée (à priori pour 2017…) ne devrait pas fondamentalement changer la donne.

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom (...)
Journaliste chez Aerobuzz.fr

10 Commentaires

  • Michel ROUAT

    Ce n’est pas forcément une première dans les armées puisque l’armée de l’air a déjà fait appel à des réservistes pour la formation des équipages de C135.

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  • antoine

    Si les armées Françaises commencent à gérer leurs ressources humaines de manière intelligente, ça doit vraiment être la crise !!!

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  • Hautil

    Combien y a t il de pilotes SEM et Rafale dans l’Aéronavale ?

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  • Grisez Ph

    "AéroNavale ,petite boutique ..." oui .
    Hier ,je me suis penché sur le numéro spécial de AetC ,Forces aériennes mondiales . Point de stats sur l’Europe , et celle des 28 ...juste quelques pays ...
    On arrive ,en maniant la calculette ,ou le stylo ,à
    USA : >4000 engins d’attaque
    UE : > 3000 !
    Russie > 1600 !
    Question : A quoi servent ces avions ? à se méfier les uns des autres en UE ? ; à faire fonctionner l’industrie US ? ... je me demande ...
    A noter le cas de la Grèce ,avec quelques centaines de zingues - au sol , mais qui avait raison de les avoir ,vu son environnement ...pas trop "durable " (Chypre ,etc ) . On aide ces amis de l’UE ?

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  • olivier

    il me semble qu’il y a des réservistes dans l AA depuis pas mal d’années , notamment au 2.5 ile de France sur 2000C et B pour, entre autres la formation des jeunes pilotes sur M2000

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  • david Rodrigues

    Je suis actuellement pilote de réserve opérationnelle sur CN235 qui n’est pas un avion si léger que ça ;-) , nous sommes 3 dans ce cas et j’ai participé à serval , barkhane etc. Ce qui a permis de soulager un peu la pression sur les équipages d’actives .La réserve opérationnelle existe mais il est vrai, plus en état d’expérience ,que de grande échelle.

    Bien cordialement

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  • Tonio

    Le concept "air guard" d’outre atlantique, ou bien la formule armée de l’air suisse n’ont bizarrement jamais été très développés chez nous en France, si l’on excepte la réserve active pas toujours facile à insérer dans une activité de PNT dans certains secteurs.
    (J’exclus de mon propos les SAT, activité spécifique aviation légère).
    Pourtant nombre de PNT convertis à l’aviation civile auraient aimé garder une activité operationnelle militaire à l’instar de nombre de ceux de la Sécurité Civile.

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