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Airbus planche sur les règles de la mobilité urbaine

A travers son projet Altiscope, Airbus propose une feuille de route, Blueprint for the sky, pour intégrer les futurs taxis volants autonomes et autres drones au dessus des villes. Avec un trafic aérien dense proche de la saturation, cette étude cherche à inventer la cohabitation future entre ces machines et l’homme.

21.09.2018

 

Airbus et le constructeur automobile allemand Audi se sont associés pour développer de véritables solutions de mobilité urbaine à court terme. © Airbus

Blueprint for the sky témoigne de l’ambition d’Airbus de vouloir fédérer tous les acteurs de l’industrie pour inventer le ciel de demain. Cette feuille de route a été réalisée dans son centre de recherche sur la mobilité urbaine (A3) basé dans la Sillicon Valley. L’avionneur a fait appel à la collaboration de gouvernements et grandes institutions comme l’International Air Transport Association (IATA), le World Economic Forum ou l’International Federation of Air Traffic Controllers’ Associations (IFATCA).

Tous s’accordent sur la nécessité d’uniformiser les futures réglementations à l’échelle mondiale, d’harmoniser et connecter les systèmes, afin de pouvoir intégrer les drones dans n’importe quel espace et toutes sortes de scénarios possible. Il faut dire que des Etats-Unis à la Chine, les projets de eVTOL, ces aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux, ne manquent pas. Hors la plupart sont développés dans le plus grand secret par de nombreuses start-ups sans nécessairement se concerter avec les autorités sur leurs futures opérations.

Pour Airbus la solution est au dessus de nos têtes

Ces derniers mois, Airbus est passé à la vitesse supérieure dans son exploration es solutions en matière de mobilité urbaine. D’ici à 2030, 60% de la population mondiale vivra en ville. Pour se déplacer, Airbus (tout comme ses nombreux concurrents qui s’invertissent sur ce marché) mise sur un ciel aujourd’hui sous exploité. Cela pourrait paraître paradoxal, alors que le trafic aérien déjà saturé, particulièrement sur les hubs des grandes métropoles, devrait doubler d’ici à 15 ans.

L’un des plus grands enjeux sera la capacité à pouvoir gérer ces futures machines volantes, du taxi drone autonome avec passagers au livreur de colis par les airs. Tous se partageront un espace aérien repensé et automatisé où il faudra compter sur les avancées technologiques, par exemple l’intelligence artificielle.

Des vols à moins de 40 euros

Cette course à l’automatisation du transport aérien urbain passera aussi par le marketing. Sur ce point, Airbus s’est aussi positionné et promet des vols de 15 minutes sur une trentaine de kilomètres pour un coût de revient de 35 euros.

Son prototype de drone taxi « Vahana » a déjà réalisé son premier vol (de 53 secondes) en janvier dernier. Un autre modèle baptisé CityAirbus (avec une capacité de quatre passagers) devrait lui voler avant la fin de l’année. Alors que sur le marché de la livraison, le projet Skyways est en cours développement à Singapore et testé en conditions réelles sur des plateformes automatisées.

Les technologies n’en sont qu’à leur début, mais pour les développer et coordonner tous ces projets entre les différents acteurs de l’industrie, Airbus vient aussi de créer l’UAM (Urban Air Mobility) une nouvelle entité basée à Munich. De quoi se préparer à un marché qui s’annonce lucratif, et une concurrence rude.

Fin 2017, Boeing a acquis Aurora Flight Sciences qui planche sur plusieurs projets d’aéronefs innovants.

Jérôme Bonnard

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A propos de Jérôme Bonnard

chez Aerobuzz.fr
Journaliste polyvalent, JRI (journaliste reporter d’image), et pilote sur ULM multiaxes, Jérôme est aussi vice-président de l'AJPAE (Association des Journalistes Professionnels de l'Aéronautique et de l'Espace). Il a couvert tous types d'actualités en France comme à l'étranger pour différents médias TV ( France 24, Arte, Itele, M6, Public Sénat...). Il a été co-finaliste du Prix Albert Londres 2012 pour sa couverture du conflit Libyen en 2011. Il est surtout passionné par tout ce qui vole depuis son plus jeune âge. Il réalise des reportages (Aerostar TV), ainsi que des films courts pédagogiques et découvertes (FFPLUM, FFAM, Ozelys...). Il vient de rejoindre l'équipe d’Aerobuzz.fr…

3 commentaires

  • Nemo

    Gabegie énergétique et financière qui ne profitera qu’à une minorité et dégradera la qualité de vie des autres. La ville n’est pas davantage adaptée aux machines volantes qu’elle ne l’est aux voitures, et alors qu’on commence péniblement à bouter les secondes hors des centres, voilà qu’on voudrait y amener (en masse si j’en crois les déclarations des « disrupteurs » auto-proclamés) les premières… Le tout à une époque où les télécommunications réduisent énormément la nécessité de se déplacer physiquement.

    Cela fait plus d’un siècle que l’on dispose de solutions efficaces à l’engorgement urbain : métros, trains de banlieue, omnibus et autres solutions « douces » (vélos et consorts) qui ont l’avantage de consommer bien moins d’énergie (fût-elle électrique et d’origine renouvelable, ce n’est pas une raison pour la gaspiller) par passager et par trajet que des hélicoptères multirotors. Alors bien sûr, c’est moins sexy que des taxis volants, ça demande de se mêler au peuple, et surtout ça nécessite des investissements publics (infrastructures mais aussi logement pour limiter l’étalement urbain et la gentrification) pour fonctionner correctement, mais c’est efficace. Pour avoir vécu quelque temps dans la Silicon Valley, ce sont autant de conditions qui n’y sont pas acceptables (infrastructures datées et mal entretenues – et pourtant meilleures qu’ailleurs aux USA – règne de la voiture individuelle et de la « hype ») ; on comprend dès lors pourquoi cette région est en pointe dans le domaine des voitures volantes.

    J’aime voler, mais il faut savoir reconnaître quand une solution n’est pas adaptée.

  • Fausto

    « La faisabilité d’un véhicule avec les technologies actuelles est acquise et à atteint un niveau de maturité très important. »
    Qui du stockage de l’énergie électrique : ooops ?

  • gerard WEBER

    cette démarche est bien un préalable absolu pour savoir comment généraliser un mode de transport qui pourrait être une solution à l’engorgement des routes à l’approche des grandes villes mais également maintenant des agglomérations de moindre importance, les contraintes immobilières, économiques et écologiques rendant très difficiles voire impossibles tout projet de nouvelle route ou contournement.
    Cependant il ne faut pas que ce nouveau trafic soit soumis à des règles de routes imposées de type aviation commerciale avec des séparations certes réduites (vitesses plus faibles) mais qui reviendraient à transposer dans l’espace aérien très inférieur (moins de 500m sol) les difficultés routières.
    La faisabilité d’un véhicule avec les technologies actuelles est acquise et à atteint un niveau de maturité très important.
    Reste à développer le système pouvant gérer tous ces mobiles omni-directionnellement (en 4 dimensions car le temps n’est pas négligeable pour la densité de trafic) et bien sûr d’une manière autonome à moyen terme (trop de véhicules pour un opérateur……).
    Sans cette réflexion, les expériences ne dépasseront pas l’exploitation de luxe type hélicoptères opérant déjà certaines liaisons
    tout ne se fait pas en un jour évidemment mais attention aux grandes prévisions dans le temps.
    Il y a 40 ans, toutes les revues spécialisées prévoyaient qu’en l’an 2000, tout le monde aurait une voiture volante….
    La réalité est souvent plus sévère en terme de délais…….

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