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Issoire Aviation obtient la certification de son quadriplace APM4

Le constructeur d’Issoire annonce la certification EASA de son nouveau quadriplace APM41 équipé du moteur Rotax 915iS.

24.07.2019

L'APM 41 "Simba" a été certifié le 18 juillet 2019 par l'EASA. © Issoire Aviation

Mener à bien la certification d’un biplace léger est un parcours du combattant. Les audacieux constructeurs qui sont passés par là ou qui sont actuellement engagés dans cette voie peuvent en témoigner. Dans un environnement réglementaire aussi contraignant que celui qui régit l’aviation légère, viser la certification d’un quadriplace relève de l’audace, voire de l’insouciance.

En ce qui concerne Philippe Moniot et son équipe, c’est en toute connaissance de cause que le programme APM41 a été lancé. Le prolifique constructeur d’Issoire est avec l’italien Tecnam et le sino-autrichien Diamond Aircraft, celui qui connaît le mieux les méandres de la pensée « éasienne » (néologisme assumé). Les cinq modèles de la famille APM (pour Avions Philippe Moniot) sont là pour en témoigner.

L’APM 41 reprend la cabine spacieuse de l’AMP 40. © Issoire Aviation

Sur l’APM 41, Issoire Aviation a fait le choix d’associer le moteur Rotax 915iS (141 cv) à une hélice tripale à pas variable électronique MT Propeller. © Issoire Aviation

Première pour le Rotax 915iS aussi

Le dernier-né, l’APM41 s’inscrit dans la lignée de ces avions légers monomoteurs de deux, trois et quatre places, construits en carbone. Il découle directement de l’APM40, dont il reprend l’essentiel à l’exception de la motorisation… et le nom : « Simba ». Le Rotax 915iS remplace le Continental IOF240. On notera au passage que, sauf erreur de notre part, la première certification accordée à un avion équipé du « 915 ».

L’APM 41, le cinquième avion de la famille Avions Philippe Moniot, né au pays des volcans d’Auvergne. © Issoire Aviation.

L’APM40 a été certifié CS-23 par l’EASA et produit à quatre exemplaires avant qu’Issoire Aviation ne décide d’en rester là. Faute d’avoir obtenu du motoriste Continental l’assurance du support client au-delà de 10 ans, Philippe Moniot s’est vu contraint de suspendre le programme. Il a donc rebondi avec le nouveau et prometteur 915iS de Rotax Turbo qui développe 141 cv.

Full Glass Cockpit Garmin VFR jour / nuit

Avec l’APM41, Issoire Aviation vise le marché de remplacement des quadriplaces d’aéro-club et celui des écoles professionnelles de pilotage. Il est doté d’une suite avionique Garmin G3X et G5. Il est doté d’une monomanette.

Côté avionique, en faisant le choix de Garmin, Issoire Aviation offre à l’APM 41 le standard du moment. © Issoire Aviation

Côté performances, il est à la hauteur de ses aînés. Tout équipé, il présente une masse à vide de 520 kg pour une masse maxi au décollage de 985 kg. Philippe Moniot est un expert dans l’art de mettre de la matière juste là où elle est nécessaire. Il est tombé dans la marmite des composites pendant ses études d’ingénieurs à la prestigieuse école des Arts et Métiers. A cette époque, la marmite ne bouillonnait pas encore et les composites étaient à inventer.

L’APM41 Simba est un avion de voyage spacieux et performant capable d’aller loin et vite. Sa charge utile de 470 kg autorise un pilote et trois passagers. Avec 154 litres dans les réservoirs, il peut voler 5 heures à 150 kts (280 km/h). Issoire Aviation annonce une consommation horaire de 30 litres à 150 kts, et de 38 l/h en croisière rapide à 154 kt. Elle tombe à 15 l/h à 105 kts.

L’APM41 est proposé à partir de 275.000 € hors taxe.

Gil Roy

Caractéristiques et performances de l’APM 41 d’Issoire Aviation

 

Masse à vide520 kg
Masse maximum985 kg
Vitesse croisière normale (TSA 9500 ft / 30 l/h)150 kts / 280 km/h
Vitesse croisière rapide (TSA 9500 ft / 38 l/h)154 kts / 285 km/h
Distance franchissable (15 l/h, 105 kts, TSA 3500 ft)1.025 NM
Capacité des réservoirs154 litres
Charge utile470 kg
Vitesse décrochage pleins volets51 kt
Taux de montée à masse max775 ft/mn
Indice performance sonore71,5 dB(A) (Calipso A)

Premier vol de l’APM41 Simba 915iS

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

9 commentaires

  • RAMA

    ISsoire aviation à ceci de particulier.
    Un fondateur qui aiment les petis zincs et qui s’est battu pour développer sa famille de APM. Mais aussi un industriel qui a trouvé son compte en que fournisseur auprès des grandes enseignes.
    Le CA que représente la flotte de APM est… ridicule par rapport au reste !
    Aussi ridcule soit-il, le suivi de la production des APM est une tâche à ne pas sous-estimer.
    Que l’avion soit bon ou pas, c’est une chose.
    Mais le vrai « challenge » est : est-ce que M. Moniot et son équipe vont s’impliquer un peu plus dans l’exploitation des APM (vente + SAV + etc..) ! Il y a quelques années, ils voulaient même reprendre la production des DR400 !
    C’est là que se trouvent le ying et le yong !
    Ce n’est pas tout le monde qui peut faire un bon zinc !
    Et ce n’est pas tout le monde qui DESIRERA ou REUSSIRA à le vendre sans implication .Jusqu’à présent ISSOIRE aviation se contente du bouche à Oreille, pour faire parler de sa flotte. Étrange, de la part d’un industriel !

  • PlasticPlane

    Bonjour, un lecteur a t’il de l’info/expérience du SAV d’Issoire Aviation pour sa gamme d’avions de tourisme (rapidité, engagemnt de service, etc…) Merci.

    • CB

      Je constate que dans mon club, nous sommes régulièrement embêtés par les coûts et surtout les délais de maintenance des APM, coûts de maintenance qui représentent 50% du prix de l’heure de vol en moyenne sur un parc DR / APM. Il n’est donc pas dit que le coût d’achat soit le critère le plus important, or seul celui-ci est connu lorsqu’on achète.

  • jacques nicolas chalumeau

    bonjour tiens une nouveauté dans notre petite aviation, souhaitons que cet avion ne soit pas qu’ une vitrine, il annonce plutôt de bonnes perfomances , mieux qu’ un tecnam P2010 de 180 cv, assez récent- plus performant qu’ un DR 400 pour la vitesse de croisière – mais bon il nait 50 ans après !! mais rien d’ extraordinaire !! encore qu’ a part la vitesse pure , cet avion est encore lourd et je pense qu’ un DR400 avec le meme moteur ne serait pas plus lourd, et pas moins performant , au moins en décollage montée et charge utile , puisque si je comprend bien cet avion se destine a lui succèder au sein des clubs , je serai curieux de connaitre le MCR 4 S en développement actuellement chez SE AVIATION à Pontarlier avec ce moteur, ca bouge un peu après la naisance de l ELIXIR , bonne chance à tous ,nico dijon

  • POPOF

    En fait ils font des avions pour qui …?

  • Thierry Dubois
    Thierry Dubois

    Mais le nouveau modèle est-il destiné à la vente ? Va-t-il rester une vitrine pour une entreprise plus intéressée par une position de fournisseur des grands programmes ? Le président de la FFA se plaint d’une directrice des ventes injoignable quand un club veut acheter un avion.

    • Fbs

      Peut être sait-il qu’il n’en vendra pas beaucoup de toutes façons. En volant 300h/an en club, et en remboursant sur 10ans avec un taux zéro, ça fait encore 100€/h juste pour payer la cellule. Auquel il faut ajouter l’essence, l’entretien, le hangar et autres charges fixes. Alors que les clubs d’à côté avec leurs vieilles machines sortent une heure de vol entre 150€ et 200€ pour les plus chers.
      Le fait est que la moitié du prix étant pour les assurances responsabilité constructeur et que la moitié de l’autre moitié pour payer les frais de certification, même le plus doué des constructeurs comme Issoire ne peut sortir un avion dont le coût de revient tienne la route.

  • TGVF

    Chapeau bas, Mr Moniot! Se lancer dans le développement d’un quadriplace est de nos jours un sacré défi. Souhaitons que le marché suive pour que tous ces efforts soient récompensés à leur juste mesure. De la part d’un (très) ancien élève de Philippe Moniot.

  • Ask 18

    L’Auvergnat est opiniâtre.

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