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L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro

Bücker Jungmeitser, Stampe SV4 ou encore BF-139 Clubman… Quand les constructeurs d’ULM jouent sur la prestigieuse image d’avions qui ont marqué les grandes heures de l’aviation, cela donne de merveilleux jouets.

6.05.2016

Réplique du Bücker Jungmeister

Au salon Aero 2013, le Mustang SW-51 avait fait sensation. Deux ans plus tôt, les visiteurs étaient tombés sous le charme de l’élégant torpédo FK-14 Le Mans de FK-Lightplanes. En 2016, au salon de Friedrichshafen, haubans et biplans étaient, cette fois-ci, de mise.

Réplique du Bücker Jungmeister
FK-Lightplanes à qui l’on doit en particulier le FK-14 a associé son logo à celui de Bücker pour présenter un splendide Jungmann dont on pouvait découvrir la structure grâce à un second exemplaire pas encore habillé. Le constructeur allemand exposait également une réplique d’un prometteur Jungmeister, elle aussi en cours de construction.
FK131 Jungmann, version ULM 2016 du Bücker 131A de 1934La structure du FK131 Jungmann mise à nue par Bücker & Funk
Basé sur les dessins originaux du Bücker biplace en tandem, le FK-131 Jungmann s’approche ainsi le plus possible de l’avion de formation de 1934, « aux exigences de normes US-LSA et UL européennes ». La masse à vide est ainsi réduite de 350 kg à 292 kg, en partie grâce au Walter Mikron III de 82 ch plus léger que le Hirth initial. Le Jungmeister également revu par le trio Mirco Pecorari/ Peter Funk/Anders Anderson porte quant à lui un 7-cylindres Verner Scarlett (117 ch ou 137 ch suivant les versions actuelles) limitant le monoplace à la construction amateur.
Sur une base de FK-9, le BF-139 Clubman de FK-LightplanesSur la planche de bord du BF-139 Clubman, cherchez l'intrus…
L’étonnant BF-139 Clubman est lui aussi équipé d’un Verner Scarlett, donné dans son cas tantôt pour 100 ch, tantôt pour 137 ch, probablement en fonction de la nationalité de l’interlocuteur et de son cadre réglementaire. Il se distingue surtout par sa structure visiblement moderne, car il s’agit d’un FK-9 très maquillé. Le charme de l’ancien repose sur la cosmétique, autant à l’extérieur (empennages arrondis, train à sandow, montants de pare-brise, logos et coloris), que dans la cabine, où la planche de bord associe cadrans rétros et tablette. Le biplace est affiché comme ULM (aujourd’hui très limite tel quel, car le 7-cylindres dépasse les 80 kg) au prix spécial de 86.000 euros lors du salon.
La réplique ULM du Stampe SV4 du constructeur belge Ultralight Concept
Autre réplique admirée, celle du Stampe SV4-B à l’échelle 1 d’Ultralight Concept. Elle se distingue par une excellente intégration au cadre réglementaire, avec 280 kg à vide, 54 km/h mini et les 80 ch d’un Mikron III ou d’un Rotax 912 UL. En plus de l’aspect du biplan initial, le SV-4RS reprend comme le FK-131 le plus possible des principes de construction du grand Ancien.

Mais le SV-4RS diffère du FK-131 en se destinant principalement aux constructeurs amateurs par une diffusion à la carte des pièces préparées, de la ferrure au longeron via internet (ultralight-concept.be). Entre 600 et 1.000 heures de construction seraient nécessaires, pour un coût du projet estimé 12.000 euros hors moteur par Ultralight Concept. Pas moins de 27 exemplaires du SV-4RS sont aujourd’hui en construction, principalement en France.

Devant ces jouets pour grands enfants, les ulmistes des années 1980 se souviendront du Renegade Spirit, un biplan biplace en tandem, dont les lignes rétro et le simili capot de moteur radial ont lancé Murphy Aircraft. Au même moment, Michael Platzer dévoillait son Kiebitz, dont le succès perdure aujourd’hui.

Gabriel Gavard

A propos de Gabriel Gavard

chez Aerobuzz.fr
Pilote avion et ULM depuis 1984, c’est par la construction amateur et les revues techniques (Fox-Echos, qu’il a créée, puis Experimental dont il sera rédacteur en chef) que Gabriel Gavard a abordé la presse aéronautique en 1994. Rédacteur en chef d’Aviasport de 2005 à 2011, collaborateur à Aerobuzz.fr depuis 2012, il est également depuis avril 2017 rédacteur en chef d’ULM-Info.

10 commentaires

  • PHILIPPE ROBERT

    je viens de faire un vol de 45 mn sur un Kiebitz ULM. Je n’avais jamais volé en avion mais j’ai fait du planeur dans ma jeunesse (200h de vol) et il y avait 30 ans que j’avais arrêté. Je me suis régalé ! c’est lent, on a la tête à l’air, c’est léger et fin, le pilote m’a laissé décollé, voler et atterrir…. quel pied !
    la pure joie du vol

  • Benoit Dierickx

    L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
    Mais bon sang, le ciel est suffisament grand pour accueillir la grande diversité des styles!
    Un Stampe n’est-il pas l’ancêtre de l’ULM?! Les premiers Jungmann Bü131 étaient équipé d’un moteur Hirth de 80ch… Le concept de l’ultra-light est l’essence même des débuts de l’aviation! Pour la voltige, c’est principalement administratif. Certains de ces « nouveaux biplans » ont un cahier des charges adapté à l’acrobatie. Une agrégation voltige est à l’étude en version « avion ». Happy Loopings!

  • Francesco II

    L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
    Super article! Vous auriez pu aussi mentionner le très beau Messerschmitt 109 mono train rentrant produit en Allemagne voici quelques années. Et toute la pléiade des copies du Piper J3 dont le Kitten bien sur… On dit que le pilotage ulm est celui qui se rapproche le plus des avions pionniers de la guerre de 14.

  • jp

    L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
    Le moteur Walter n’a rien a envier au Renault d’origine, c’est un vrai moteur d’avion (il existe d’ailleurs en version certifiée) de bonne cylindrée et a entrainement direct, avec une sonorité de rêve (contrairement au Rotax), et certainement bien plus fiable que les moulins d’époque. Il suffit de regarder les vidéo du Bucker Fk131 pour se rendre compte de la beauté et du réalisme de l’engin, bien malin celui qui pourrait distinguer la version ULM de la version originale, même en vol…

  • Presto

    L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
    Parce qu’un Stampe ULM de 450kg max (je doute cependant qu’une version voltige puisse respecter la masse à vide maxi française) avec un Rotax 912S inverted donnant au moins 90cv en maxi continu n’est pas une Ferrari avec un moteur de 2cv.Le rapport poids /puissance en vol d’un SV4 est de 5,3.Celui d’une version ULM théorique est de 5,0.Pour faire une voltige essentiellement « pos »,pas de problème.

    • de Munck Roland

      L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
      Merci pour l’analyse brève mais instructive du rapport poids-puissance du Stampe SV4 et de sa copie 1/1 ULM : 5,3 et 5,0. Ce dérivé ULM existe-t-il déjà? Oú est-il disponible et à quel prix? Cela devrait intéresser tous les nostalgiques de cette merveilleuse machine pour les
      « Fous volants »… »Oh, nostalgie, quand tu nous tiens… »

    • Jean-Marie Klinka
      Jean-Marie Klinka

      L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
      Un peu marre de faire le rabat joie.
      Mais je suis bien d’accord avec Jean-Luc, un constructeur amateur peut se faire plaisir sur n’importe quelle réplique dans la mesure où il y consacre des heures et des heures. C’est un privilège, c’est sûr.
      Mais comme le dit Roland Munck : « Cela devrait intéresser tous les nostalgiques » dont la majorité n’aura pas un kopeck pour s’offrir les heures de main d’oeuvre nécessaires à la réalisation commerciale de ces répliques : L’inverse du mouvement ULM.
      C’est la problèmatique de toutes ces « évolutions » coûteuses, que ce soient l’ULM à 600 kg, les répliques vintage, les répliques d’avions à réaction « full carbone », etc.. Un autre style de privilège.

  • jean luc langeard

    L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
    C’est pitoyable, faire une réplique de Mustang ou de Stamp en ULM, n’a aucun sens, surtout quand on regarde les performances en vol,

    Qu’un constructeur amateur le fasse, je trouve cela tout à fait honorable, mais pas un commerçant.

    Pourquoi ne fait on pas aussi des Ferrari avec des moteurs de 2 cv….

  • Presto

    L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
    Je ne partage que la moitié des arguments critiques de Bob : Que l’on ne retrouve pas le ronron des moteurs d’origine,il faut l’accepter.Feu moteur Renault ou autre,aurait été incompatible avec le poids ULM à 450 – 472,5kg.Avec un Rotax,ça a moins de charme,mais ça peut voler dans les poids.
    Par contre,répliquer un biplan sans pouvoir tourner la voltige comme l’original,ça n’a pas de sens.Dommage,cela ferait un 2 ième ULM voltige,mais dans un style rétro celui là.A moins que la structure nécéssaire ne soit trop lourde.

  • Robert Le Borgne
    Bob

    L’ULM rattrapé par la mode du néo-rétro
    Certes il y a la silhouette mais il n’y aura jamais la merveilleuse musique d’un moteur Renault
    ou Hirth.
    Et puis on n’a pas le droit de voler sur le toit…

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