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Le Skyracer de Mika Brageot : full warbird spirit !
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Aujourd’hui, Mika Brageot présente l’avion avec lequel il fera ses grands débuts en Master Class de la saison 2017 de la Red Bull Air Race. S’il s’agit bien de l’ancien MXS-R de l’Anglais Nigel Lamb, le moteur a bénéficié d'un lifting et d'une patiente et méticuleuse mise au point que nous vous racontons. Quant à la livrée, c’est du grand art qui annonce la couleur : Mika va faire parler la poudre !

Sur le circuit Red Bull Air Race, le MXS-R "Skyracer" de Mika Brageot devrait faire la différence, non seulement par sa livrée originale, mais aussi du fait de la préparation mécanique de l'avion digne de la course automobile. © Breitling

 Tremblez, concurrents de Master Class, car vous êtes dans le viseur de Mika Brageot, et il s’apprête à appuyer sur la détente… Oui, le nouveau « Skyracer » – nom de baptême officiel de ce MXS-R – est véritablement terrifiant, et il semble tout droit sorti d’une BD de Romain Hugault. On a rarement vu pareille livrée. En fait, on n’a même jamais vu ça.

Une gueule d’enfer

Réalisé à l’aérographe, au pistolet à peinture, au pinceau, au pochoir et même au doigt, le design a été imaginé et créé en interne par Breitling. L’aspect général vert kaki, troublé par un capot blanc et noir avec un cône d’hélice rouge, rappelle un vieux soldat des airs corrodé, éprouvé par les tirs de la DCA allemande ; un effet accentué par l’utilisation d’une peinture mat.

Sur le capot moteur, le numéro 11 couleur rouge sang, arbore un graphisme de type « old stencil » qui attire naturellement l’œil. Il est clair que l’artiste qui a posé son pinceau sur cette machine s’est fait plaisir jusque dans les moindres détails, et il n’a pas lésiné sur la patine : traînées d’échappement, d’huile ou de graisse derrière l’hélice, projections de boue, traces de poussière, éraflures, écaillements, impacts de projectiles sur les ailes, jusqu’à la rouille qui s’écoule insidieusement des rivets dessinés en trompe-l’œil. Quelle allure ! En fait, il ne manque que les salissures des armes. Quoique, à y regarder de plus près…

Une livrée light

La symbolique de – n’ayons pas peur des mots – cette véritable œuvre d’art, rappelle que Mika est un jeune homme fougueux prêt à se battre dans l’arène, doublé d’un « vieux chouf » chez Breilting, puisqu’il va débuter sa 7e année sous les couleurs de l’horloger Grangeois.

Néanmoins, on est en droit de se poser une question tout à fait légitime : une telle livrée nécessite forcément beaucoup de peinture, et la peinture, c’est lourd. Et, sur ces machines de course, la chasse au kilo étant primordiale, cet effet de style ne serait-il pas une hérésie ? Eh bien, non !

Le même MXS-R lorsqu’il appartenait encore au britannique Nigel Lamb. © Mihai Stetcu / Red Bull Content Pool
Les winglet du MXS-R sont extrêmement robustes, car ils possèdent un longeron, lui-même relié au longeron d’ailes. Leur résistance a d’ailleurs été testée (avec succès) à pleine vitesse au sol, sur des pylônes (à la base des pylônes, là où le tissus est le plus épais). © Sebastian Marko / Red Bull Content Pool

C’est même complètement l’inverse : le MXS-R Skyracer est plus léger qu’à l’époque où il était recouvert du « jaune Breitling » brillant. La raison est simple : puisque la peinture mat a un pouvoir couvrant nettement supérieur, une seule couche aura été nécessaire, contre deux pour une peinture brillante. Les plus sceptiques scanderaient qu’une peinture mat est moins aérodynamique.

Encore faux ! Si rien n’est scientifiquement prouvé, de nombreux essais ont été réalisés en Formule 1 automobile (chez Red Bull F1 Racing… hasard !) et les ingénieurs ont constaté qu’une peinture mat, pourtant plus abrasive au toucher, n’affecte en rien le chrono. Circulez !

Aérodynamiquement affûté 

Cette gueule d’enfer n’est pas la seule chose sur laquelle Mika Brageot et son équipe ont travaillé. Avant de passer par l’atelier de peinture, le MXS-R a bénéficié de l’habituelle maintenance avion de l’intersaison. Au niveau aérodynamique rien n’a changé, car il faut bien l’admettre, avec ses sharklets proéminents qui réduisent significativement la traînée et sa verrière ultra profilée, cet avion fait partie des plus affûtés du circuit.

Les supporters de Mika Brageot sont impatients de le voir se mesurer aux pilotes de la Master Class aux commandes de son nouvel avion. © Breitling

Cependant, Mika n’exclut pas des modifications dans un futur proche : « L’aérodynamique, est une science infinie : il y a toujours des pistes d’amélioration et si nous devions en chercher une, la prochaine étape serait axée sur un nouveau capot moteur afin d’améliorer encore un peu plus son aérodynamique, et de refroidir davantage le moteur pour accroître ses performances ».

Lifting moteur

Le moteur, justement, a constitué l’autre gros chantier de l’intersaison pour Mika et son équipe. En effet, le Lycoming Thunderbolt AEIO-540-EXP (comme l’hélice Hartzell 3-bladed 7690, il est commun à tous les avions de Master Class) a reçu six nouveaux kits cylindres fraîchement sortis d’usine. Mais, qui dit « nouveau » dit « rodage ». Or, pour réaliser un rodage, il faut être patient et méticuleux.

Sous le capot, les chevaux… © Breitling

Pour ces moteurs-là, il faut compter environ 20 heures de vol à 85% de la puissance, et maintenir des températures hautes en flirtant avec une limite fixée à 380°F, sans jamais la dépasser. Ces températures sont primordiales pour que les métaux et les alliages s’usinent correctement et se mettent en place les uns contre les autres, afin que l’ensemble soit bien étanche, car l’étanchéité, c’est la puissance.

Rodage optimal

Il faut du doigté, être attentif aux thermomètres et à l’écoute du moteur, raison pour laquelle Mika Brageot a tenu à réaliser lui-même cette opération. « Je voulais faire le rodage du moteur moi-même pour bien contrôler les températures, mais aussi pour apprendre à le connaître, le sentir et le voir évoluer au fur et à mesure. De plus, pendant ces 20 heures de vol, grâce à nos outils de télémétrie, nous avons pu parfaitement contrôler le déroulement de l’opération. Maintenant, je sais que le rodage est optimal. Et puis, avoir vu le moteur mûrir me permet d’avoir entièrement confiance en lui. Ça sera important pour la première course. » explique-t-il.

Même la combinaison du pilote a été traitée « vintage »… Le sport aérien est entré dans une nouvelle ère avec brio ! © Breitling

Avec le Skyracer, et en plus de l’expérience acquise en 2016 sur cette machine lorsque Mika Brageot participait au Master Class Mentoring Program, on peut affirmer sans complexe que le pilote Français est armé jusqu’aux dents. Reste à faire parler le chrono, représenté cette année par un autre concurrent historique de Breitling : l’Américain Hamilton. Quant aux autres pilotes de la Master Class, ils devront tout faire pour aligner ce jeune rookie et son foudre de guerre dans leurs viseurs. Et s’ils le ratent, ils n’auront qu’à fondre sur lui en hurlant « Tora ! Tora ! Tora ! ». L’adversaire est en visu. Le croisement approche. Fight is on !

Bastien Otelli

A propos de Bastien Otelli

Passionné depuis son plus jeune âge par tout ce qui vole, Bastien Otelli travaille depuis 2004 avec la presse et l'édition des choses de l'air. Photographe aéronautique depuis 2013, régulièrement publié par plusieurs revues et sites Internet, il a eu l'occasion d'immortaliser certaines des plus belles machines volantes.Site Internet : www.bastien-otelli.com
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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