Accueil » Il faut sauver le Dragon Rapide de la Ferté

Le Musée Volant Salis (La Ferté Alais) fait appel à la générosité des passionnés de machines anciennes et aux dons, pour mener à bien la restauration de l’un de ses avions les plus mythiques à la carrière historique, le De Havilland DH 89 Dragon Rapide.

15.06.2017

Exposé à l'entrée de l'espace VIP du meeting Le temps des Hélices 2017, le Dragon raîde, objet du projet de restauration. © Ph. Chetail Aerobuzz.fr

Conçu par la firme De Havilland dans le milieu des années 30, le DH 89 Dragon Rapide est un biplan bimoteur initialement destiné au marché civil. Il fut d’ailleurs utilisé, avant le second conflit mondial par des compagnies Britanniques (Hilmann Airways, Railway Air Services…) pour des lignes régulières vers l’Ecosse, l’Irlande et le Nord de l’Europe. 500 exemplaires de cet avion furent construits spécialement à des fins militaires, atteignant un total de production de 731 unités.

Le DH 89 sous une livrée militaire, telle qu’il fut employé lors de la 2ème GM. C’est une décoration civile qui devrait lui être apposée après sa restauration. © D. St-Sanvin

Le DH.89 se montra un avion économique et résistant tout au long de sa carrière, en dépit de sa construction en contreplaqué. A l’issue du conflit, plusieurs DH 89 poursuivirent une carrière civile au Royaume-Uni et plusieurs compagnies continuèrent de proposer des vols de plaisance sur cet appareil. Air France opéra également cet avion.

Aujourd’hui, le Dragon rapide demeure un des avions de transport léger de l’époque de la Seconde Guerre Mondiale les plus rares au monde. Une dizaine d’entre-eux survivent, tout au plus. Avec celui de l’Amicale Jean Baptiste Salis, l’un des survivants  peut être vu au musée des sciences et de l’industrie de Manchester, deux autres sont toujours en état de vol en Nouvelle-Zélande, un DH.89 vole au musée de l’aviation militaire de Virginia Beach et un autre encore est basé à Yolo County (Californie). Équipé de 2 moteurs « Gipsy Queen» en ligne inversés de 225 Cv chacun, il peut emmener un pilote et 6 passagers en cabine.

DH 89 sous les couleurs d’Air France. L’avion de l’AJBS pourrait revêtir cette livrée après restauration © R.A.S Scholefield Collection

L’exemplaire de l’AJBS a été construit en 1942, à une époque où la Royal Air Force engagée dans les combats, ressentait le besoin de se doter d’avions de liaison rapide sur de courtes distances. A l’issue du conflit il fit une carrière civile en Angleterre et à Nantes au club de parachutisme. Le F-AZCA rejoint l’AJBS en 1976 et avec Jean Salis et Pierre Dague aux commandes , il fut engagé dans l’une des plus belles aventures aériennes, la course « Air Transat » Paris – New York,  sous les couleurs  « Blue Way ». L’avion termina la course avec les honneurs face à des appareils bien plus modernes après un vol extraordinaire via l’Irlande et le Groenland, se voyant attribuer le premier prix d’élégance.

1981 ! Le DH 89 baptisé Blue Way et décoré aux couleurs du sponsor principal de l’aventure, participa à la course Air Transat de Paris à New York (et retour) aux mains de Pierre Dague et Jean Salis. © Ph. Le Pallec

Le projet de restauration complète,  qui va s’étendre sur plusieurs années prévoit le démontage, le désentoilage et l’inspection de la machine dans les moindres détails, le traitement de la structure  et des gouvernes de vol, la révision des moteurs, des hélices et de tous les accessoires, un nouvel équipement du poste de pilotage et un rafraîchissement de la cabine passagers.

La cabine « mono pilote » du DH 89 va subir  une restauration minutieuse. © K. van Zonneveld

Le coût de cette restauration avoisinant les 300 000 €, c’est donc vers le mécénat que se tourne l’Amicale sous forme de souscription. Cette action, dans laquelle chaque contributeur peut prétendre à des avantages fiscaux (don déductible de l’impôt sur le revenu à hauteur de 66% du don pour les particuliers et 60% pour les entreprises), bénéficie de l’appui de la Fondation du Patrimoine, premier organisme national privé indépendant qui vise à promouvoir la connaissance, la conservation et la mise en valeur du patrimoine non protégé par l’Etat.

Les bons de souscription sont téléchargeables en ligne en ligne sur le site www.ajbs.fr. 

Philippe Chetail

7 commentaires

  • Michel BROUILLET

    J’ai quelquefois piloté un Dragon Rapide DH89, car mon frère en avait plusieurs a Libreville et c’est mon plus fabuleux souvenir parmi mes 2,889 heures de vol sur la foret gabonaises. J’étais du voyage avec Jean-Claude Brouillet et Pierre Boularne, de Toussus le Noble à Libreville en quatre jours dans un super confort, car cet avion était très stable en vol, a 90 ans j’y pense encore avec beaucoup de plaisirs. Michel

  • françois GUIOT

    Le club de Chalons-Chamforgeuil 71 était équipé du Dragon rapide. Son pilote était Monsieur Destival. C’ est à cette époque et dans ce club que j’ ai obtenu mon brevet.

  • lavidurev

    @capdeville : Si je me trompe,corrigez moi : Les Dragons » ou encore « Chevaliers du feu » etaient pompiers et il paraitrait que ‘les premiers pilotes de la Protection Civile qui deviendra plus tard la Securite Civile etaient egalement des pompiers de Paris.

  • montebello joseph

    Au année 1955 je travaillais en TUNISIE à la S.T.R..A.C une société de réparations et révisions, travaux aérien; le patron était MR MASUREL George il avait acheté un DRAGON rapide à KARACHI et il faisait le transport pour la desserte des ingénieures dans le sud TUNISIEN et l’ALGERIE très bon avion pour le sud, facile pour les réparations, et les révision moteurs

  • capdeville

    Bergerac, aérodrome de Roumanière, son club de parachutisme, années 60. J’étais un gamin qui fréquentais régulièrement ce lieu , le Dragon transportait inlassablement les équipes de parachutistes à l’entrainement et me paraissait increvable voire « éternel »…. Au fait quel est l’origine de l’indicatif « Dragon » utilisé pour les hélico de la protection civile?

    • nicolas

      Salut, de mémoire, les avions De Havilland ont des noms choisis dans la nature, des animaux, des insectes, …
      Dragon, c’est un papillon : chercher sur google « Dragon butterfly »
      Et de mémoire encore, la dérive a été dessinée pour reprendre la forme de l’aile d’un papillon, ils voulait que ça soit joli et harmonieux, la nature est belle, imitons là! 🙂

    • jacques Sabloux

      bonjour,
      A la même époque que vous et à Roumanière j’ai connu le Dragon . C’était au début des années 60 . J’ai volé avec car lorsqu’il manquait un para le pilote prenait un ou deux passagers . On montait à 4000 (un peu frais) et les paras faisaient de la chute libre .L’ambiance à bord,porte ouverte était géniale ,bruit des moteurs .J’étais fasciné et j’en garde un souvenir excellent .Je donnerai cher pour refaire un vol avec ce merveilleux dragon .Vous pouvez me répondre . Cordialement,Jacques (65 ans)

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