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Germain Chambost et le B-26 Invader
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Délicat à piloter, avec son profil de voilure mince, le B-26 était une remarquable plate-forme de tir se souvient Germain Chambost. Jean Barbaud connaît bien le bimoteur US… pour l'avoir croqué à plusieurs reprises déjà.

24.08.2017

 « On ira tourner des tonneaux barriqués autour de vos zincs !… » : les jeunes pilotes tout juste brevetés de l’école de chasse de Meknès qui avaient choisi de rejoindre une escadre en métropole pour voler sur Mystère IV n’avaient pas de mots assez cinglants pour se moquer de nous, leurs camarades de promotion. Nous qui avions opté pour une unité de bombardement et s’en aller voler sur B-26 Invader.

Fall in love

Avant rejoindre l’Algérie où les B-26 étaient requis pour participer aux opérations de maintien de l’ordre. Notre choix mettait en rage les fiers chasseurs. Ils ne comprenaient tout simplement pas que nous fussions tombés amoureux du magnifique bimoteur d’origine américaine, en dépit de son âge et de ses performances moindres que celles des avions à réaction.

C’est que l’Invader avait une sacrée allure, vu de profil. Sa dérive de belle taille, son fuselage élégant, bien profilé, qui s’amincissait vers la queue, ses deux moteurs à hélices de 2000 ch chacun avec leurs nacelles en forme de fuseau pointu derrière les ailes, respiraient la puissance et l’efficacité. Une soute capable d’emporter quatre bombes de 1000 livres, ou des 500 livres, ou des 250 livres à fragmentation, ou des bidons de napalm (pudiquement désignés « bidons spéciaux » à la radio), couplés avec huit roquettes sous les ailes, quatre de chaque côté, voire des bidons de napalm plus gros, un à droite et un à gauche : un armement impressionnant.

En 1959, à Bône (Annaba) en Algérie, où Germain Chambost était alors pilote de B-26. © Coll. G. Chambost

Une bête de guerre

Et l’on aurait garde d’oublier les mitrailleuses de 12,7. Là encore sous les ailes, deux de chaque côté. Ou alors dans le nez, sur certaines versions, huit mitrailleuses au total. Sans omettre les deux mitrailleuses de tourelle, juste en avant de la dérive, confiées au mécano-tireur dans son antre de queue.

Délicat à piloter, avec son profil de voilure mince, surtout en monomoteur, mais quelle plate-forme de tir ! La surface de la dérive assurait une stabilité incroyable sur trajectoire. Bombardement horizontal, ou en semi-piqué à 30°, roquettes, mitraillage (straffing), voilà pour le tir en altitude ou à distance. Le reste, les bidons spéciaux, de soute ou sous les ailes, à larguer au ras du sol. De quoi fournir en émotions n’importe quel pilote. Et en souvenirs inoubliables, même cinquante et quelques années plus tard !

Germain Chambost

© Dessin : Germain Chambost / Animation : Martin Roy

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