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L’Aéronautique militaire 1914-1918, traditions et héraldique

En temps de crise, les hommes aiment à se rassembler derrière un drapeau, un symbole allégorique (un totem !), potentiellement de caractère agressif, pour se fédérer, se créer une cohésion, une appartenance, pour se donner du courage… Ainsi en est-il depuis la nuit des temps, et le vocabulaire pour en faire la description, de l’écu du chevalier à la dérive de l’avion de combat, est resté en vigueur jusqu’à aujourd’hui… C’est que « la grande muette » sait respecter les traditions, les honorer, voire les vénérer, besoin de ces repères intangibles au milieu d’une évolution effrénée.

Ces insignes d’escadrille sont apparus très tôt après leur constitution. La Première Guerre mondiale déclarée, ils se sont généralisés, poussés par la créativité des hommes, pilotes et mécaniciens, tolérés voire encouragés par les hiérarchies en tant qu’outil d’homogénéisation, comme l’emblème d’un clan, d’une caste, brandi avec fierté. Très vite, il est apparu comme une évidence que chaque unité se devait d’avoir le sien… S’est ainsi développé un bestiaire (ils ne sont pas tous guerriers, il n’y a pas que « la mort qui fauche », on trouve aussi chat, oiseau, tête de Gaulois, fanions divers, dessins géométriques…) ornant les fuselages, véritable chanson de geste par l’image, issue d’un imaginaire fécond !

Et c’est un monde fascinant que cet inventaire d’insignes d’escadrilles chatoyants, dont certains ornent encore, quoique nettement plus discrètement qu’il y a un siècle, les Rafale et autres Mirage 2 000 d’aujourd’hui. Pendant longtemps, outre un volume jadis édité par le SHAA aujourd’hui disparu, (Service historique de l’armée de l’Air, aujourd’hui englobé dans le SHD, Service historique de la Défense) l’ouvrage de base sur cette thématique fut le « Moreau-Bérillon » (c’est significatif quand on appelle un livre du nom de son auteur), autrement dit L'aviation française 1914-1940, ses escadrilles, ses insignes, dont les huit volumes parurent, si je ne me trompe, en 1968.

Ce sont de rarissimes trésors près de 50 ans plus tard ! Eh bien rassurons-nous, en cette période commémorative du centenaire, Philippe Jourdan ravive la flamme et publie ce livre de référence (d’autant plus que le texte est bilingue français et anglais) de 120 pages au format 21 x 29,7, qui s’intéresse aux formations tricolores de la Grande Guerre et qui constitue le catalogue explicatif des quelque 580 escadrilles et leur insigne – bon, il en manque quelques-uns, perdus dans les oubliettes de l’Histoire…

Après une riche et pertinente introduction générale sur l’Aéronautique militaire durant le conflit, le lecteur découvrira donc la reconstitution la plus fidèle possible de ces multiples insignes qui hantèrent le ciel des Flandres aux Vosges, en passant par le front d’Orient. Ce volume, publié en auto-édition, sera, à n’en pas douter, un instrument de travail pour les futures générations d’historiens ! Ils en parleront alors comme du « Jourdan », un hommage mérité. JM
L’Aéronautique militaire 1914-1918, traditions et héraldique

10.08.2016

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