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Paris, tragique cible de la première V2

11h05, le 8 septembre 1944, une explosion importante se produit dans un quartier de Maisons‐Alfort, causant 6 morts et une trentaine de blessés. Cette commune de la région Parisienne vient d‘être la cible de la première frappe stratégique de l’histoire. Quelques minutes plus tôt une fusée V2 avait été lancée avec succès, de la région de Gouvy‐Sterpigny, dans les Ardennes Belges. L’unité responsable de ce tir était la 444e batterie expérimentale déployée sur place depuis le 6 septembre avec pour mission d’effectuer le premier tir sur la ville de Paris.
Maison Alfort, rue des Sapins, après l'explosion du V2 le 8 septembre 1944
Dans le cadre du cycle de conférences de la Commission Histoire de l’AAAF, Laurent Bailleul, Christophe Rothmund et Philippe Jung reviendront sur cet événement tragique, samedi 13 décembre à 14h30 au Musée français de la carte à jouer.

Laurent Bailleul, président des Anciens Aérodromes, présentera le parcours de cette unité et les différentes phases de préparation pour ce lancement qui allait inaugurer une série de 22 frappes sur la capitale française.

Christophe Rothmund (3AF) résumera le développement de la quatrième fusée de Von Braun, A4, transformée en V2 (Vergeltungswaffe : Vengeance) au sein de l’établissement de recherches de l’armée de Terre à Peenemünde. Le premier tir réussi le 3 octobre 1942 matérialisa un saut technologique sans précédent : pour la première fois un objet fabriqué de la main de l’homme franchissait le « mur du son » (en fait pulvérisé à 5 600 km/h) et pénétrait dans l’espace (90 km d’altitude) !

Enfin, Philippe Jung montrera l’importance des retombées mondiales de la V2, qui fut le point de départ des activités spatiales de trois pays. Von Braun se rendit avec 129 de ses ingénieurs aux Américains, qui expérimentèrent à partir d’octobre 1946 69 V2 fabriquées par General Electric dans le cadre du programme Hermes. On sait maintenant que c’est le jeune Boris Chertok, futur adjoint de Sergueï Korolev, qui fut chargé de rapatrier 177 autres ingénieurs en URSS, où fut réalisée la copie R‐1, essayée en octobre 1948. Moins de 10 ans plus tard, après une version améliorée R‐2, la mythique R‐7 Semiorka lançait le Spoutnik… Enfin, la Chine aussi se lança tardivement dans le spatial avec la R‐2 en septembre 1960, rapidement copiée en DF‐1.
Onze sociétés et organismes français récupérèrent également 110 ingénieurs allemands, la majorité au LRBA de Vernon dans l’Eure. Notre pays put ainsi profiter de leur expérience en propulsion liquide et guidage -cette influence n’a commencée à être étudiée sérieusement que récemment.

Documents d’archives et reportage sur les lieux même du lancement du 8 septembre illustreront ce 78e Samedi de l’Histoire exceptionnel.

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Pratique

Conférence « Paris, tragique cible de la première V2 »
samedi 13 décembre à 14h30 au Musée français de la carte à jouer
16, rue Auguste Gervais - 92130 Issy-les-Moulineaux (Métro Mairie d’Issy, ligne 12)
Entrée libre, sans réservation

11.12.2014

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