Accueil » Disparition de Jean-Marie Klinka

Disparition de Jean-Marie Klinka

Jean-Marie Klinka est décédé le 14 mars 2021 à Orléans, à l’âge de 74 ans. Le nom de cet ingénieur aéronautique n’est pas seulement associé à la famille des avions de voltige CAP. Il a mis sa maîtrise de la technologie « bois-carbone » au service de nombreux concepteurs aéronautiques et au sauvetage du Cap 10.

15.03.2021

Jean-Marie Klinka (1947-2021), une passion pour l'aviation, la transmission pour règle de vie. © Aerobuzz.fr

La dernière aventure dans laquelle Jean-Marie Klinka s’était lancé est l’Intégral d’Aura Aero. Il avait accepté avec enthousiasme d’épauler le trio de jeunes ingénieurs qui ambitionnent de donner un successeur au Cap 10. Il a transmis à l’équipe toulousaine toutes ses connaissances, toute son expérience. La transmission a toujours été une de ses passions. Un temps, il en a même fait son métier.

Fils d’un menuisier, il a été attiré très tôt par l’aviation. A 17 ans, il apprend à piloter le planeur, puis l’avion à l’Aéro-club des ailes du Maine avant de découvrir la voltige.

Ingénieur des Arts et Métiers et de l’Ecole Spéciale des Travaux Aéronautiques, il fait le choix de l’aviation légère et sportive. Un choix à contre-courant qui rappelle évidemment celui de Philippe Moniot, un autre gadzart, dont il était proche, et qui faisait partie de « ses modèles », comme René Fournier, Christian Briand, Claude Lelaie, Bruno Guimbal, Patrick Gandil, Hugues Lecardinal et bien d’autres qui ont tous en commun une passion sans limite pour la « petite aviation ». Il a fini sa carrière au sein de la DGAC, où il s’est consacré à la certification des avions légers. Histoire de boucler la boucle !

La nouvelle de sa mort va se répandre dans le monde aéronautique comme une secousse sismique profonde. Elle va toucher tous ceux et celles qui l’ont croisé un jour sur un projet ou sur un autre. Qu’ils soient constructeurs de métier comme amateurs ou pilotes, Jean-Marie Klinka ne laissait personne indifférent. Ils vous diront tous qu’il était un homme entier qui ne mettait pas toujours les formes pour vous dire qu’il n’était pas d’accord avec vous. Mais on ne pouvait que lui pardonner tant sa capacité à s’investir dans une relation était sans limite. Aerobuzz.fr est fier d’avoir compté Jean-Marie Klinka parmi ses contributeurs. Transmettre.

Gil Roy

Jean-Marie Klinka et le Wassmer WA-40

Retrouvez nous en podcast et vidéo

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

16 commentaires

  • Arminius

    Même si on sait que ça doit arriver un jour, ça fait mal. Tant de compétences et de bienveillance, un contact aussi agréable qu’ouvert, voilà ce que je garderais comme souvenir. Je conserverai précieusement les échanges que nous avons pu avoir.

  • Xav520

    Une grande perte… merci infiniment pour tout, et bon vol !

  • Peyrichout

    1976-2021 :45 ans d’une amitié sans faille. Je te savais souffrant le martyre depuis longtemps. Respect pour toi et Isabelle.

  • Bruno

    Il est parti bien trop tôt.
    Sa grande expérience était une lumière pour tous. J’avais été impressionné par son conseil lors du premier vol du CAP232 à Bernay, de faire tenir des petits bouts de ??? avec de l’adhésif. Dominique Rolland, le pilote d’essais lui avait dit que l’avion vibrait. Il avait corrigé une grosse partie du buffeting en un rien de temps.
    Plus tard, quand il travaillait à la DGAC, il m’avait accordé les modifs que je voulais faire sur ma construction. Il avait été d’accord que sa contribution sur les éoliennes n’étaient pas sa préférée, mais nous avions convenu qu’il fallait bien faire vivre sa famille.
    Je retiens de lui une honnêteté intellectuelle rare. Un grand pro. La voltige et la « petite » aviation lui doivent beaucoup, car sa rigueur a certainement permis d’éviter de nombreux accidents.

  • DALBY

    Bien triste nouvelle
    J’ai connu Jean Marie Klinka en avril 1973 lors d’un stage universitaire au Centre National de Vol à Voile de Saint Auban , le temps passe trop vite
    Bon vol

  • Michel

    Ainsi, peu de temps avant que René Fournier ne franchisse le cap de son centenaire mi-Avril, Jean Marie a tiré sa révérence.
    Tous les amis du Club Fournier International, la « famille Fournier », savent ce qu’une partie plus ou moins importante de leur RF doit à Jean Marie… jusqu’au longeron carbone du RF47 qui fut l’ultime machine de René et d’André Daout.
    Toutes nos condoléances à Isabelle.

  • Esteyne

    Adieu et bon vol Jean Marie.
    Merci pour tes conseils, tes avis, nos échanges.
    Merci de ce que tu as fait pour l’aviation légère.
    Amicales pensées à ta famille et à tes proches.

  • François

    Triste nouvelle.
    Un homme très sympathique et généreux sur toutes les questions subsidiaires que j’ai pu lui poser, de visu ou par mail, en rapport avec ses expériences multiples ou encore son livre offert ici:
    http://cockpit.francois.pagesperso-orange.fr/actualite100.html
    Bon vol
    François

  • Pascal TEIL

    Triste nouvelle en effet, nous avions échangé par courriel, en attendant une dédicace à Orléans de « Voler ou ne pas voler, telle est la question… ». Je n’aurai donc pas de réponse, et me contenterai de souvenirs de vols sur KBK…. Il est parti rejoindre les regrettés amis Lionel Blanc, Henri Fékété, Jacques Noetinger, Pierre Robin, Jean-Marie Saget,…
    Bon vol Jean-Marie K…

  • Une grande tristesse, la disparition d’un grand monsieur. Sa gentillesse et son savoir manqueront à tous.

  • Claude PENOT

    Bien triste nouvelle.
    Il est pratiquement impossible de citer toute l’aide apportée par Jean Marie à notre aviation légère et en particulier à la voltige et à la construction amateur.
    Que ce soit comme ingénieur pour les entreprises ou il a oeuvré , comme autorité à la DGAC, et pour tous ceux à qui il proposait son aide de grand spécialiste et pour tout cela avec passion et motivation.. Nous perdons un grand Ami.

  • Jean-Mi

    Bon vol Monsieur Klinka.
    La-haut, Auguste et les autres vous attendent pour une bonne séance de voltige autour des nuages.
    Votre modestie et votre compétence resterons. Vos avions, eux, restent des références. Bravo.

  • JmB

    Oui vraiment très triste nouvelle…..

  • C’est une bien triste nouvelle que celle du décès de Jean-Marie Klinka, survenu au cours de ce dernier week-end.
    Pilote avion et planeur dès l’âge de 17 ans, J-M Klinka avait été notamment
    l’ingénieur concepteur des CAP 20, CAP 20L, CAP 21, CAP 230 à 232, chez Avions Mudry, à Bernay (Eure). Diplômé des Art et Métiers, il a aussi enseigné à l’ENSICA où il partageait son expérience avec passion auprès des étudiants, en installant le travail sur le logiciel CATIA. Sensible aux difficultés des pilotes handicapés des jambes, il s’implique dans l’adaptation des « malonniers » mais surtout dans le renforcement des CAP 10b avec la modification qui en fait des CAP 10BKM, avec un longeron bois-carbone. Devenu expert dans cette technologie, il avait travaillé avec Walter Extra, sur le CAP 231EX. Puis, divers projets avec René Fournier, Pierre Robin, Marc Ranjon l’ont mobilisé ainsi qu’à la SOCATA et à la SAGEM.
    Il avait également mis son expertise au service de la création de l’ORYX, biplace rapide pour la construction amateur. Il a enfin collaboré à l’étude de l’INTEGRAL, biplace de voltige de la Sté AURA, en cours de certification.
    Il avait terminé sa belle carrière au sein du bureau de certification de la DGAC.
    Au-delà de l’ingénieur, Jean-Marie Klinka était aussi un passionné d’aviation
    légère, unanimement apprécié pour sa gentillesse et sa générosité, toujours à
    l’écoute des autres.
    Il avait témoigné de sa vie « d’ingénieur au service de l’aviation légère » dans son livre « Voler ou ne pas voler » (Éd° Mémoire de l’aviation civile).
    A sa famille et à ses nombreux amis, nous présentons nos sincères condoléances.

    • Nouvel

      Très beau commentaire. Un grand Mr de l’aviation légère nous a quitté.
      Avoir pu échanger avec lui sur la mise en place de vols d’essais avec un STEMME S10-VT reste un grand souvenir. Ses connaissances sur les structures (« flutter »), son professionnalisme, nous ont permis de lancer un programme de vols avec cet aéronef équipé de pods spéciaux.
      Sincères condoléances.

  • Thierry Couderc

    Très triste d’apprendre la disparition de Jean-Marie. Durant ces quelques 15 dernières années, il était la référence toujours prête à partager ses immenses connaissances, à consulter dès que l’on avait un questionnement sur les structures.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.