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Le Charles de Gaulle. Immersion à bord du porte-avions nucléaire

Raynal Pellicer a passé dix-huit jours à bord du Charles de Gaulle. Il était accompagné du dessinateur Titwane. Ensemble, ils livrent un reportage de 200 pages d’une justesse éblouissante. A la rencontre des hommes et des femmes du porte-avions, sans distinction de grade, ni tabou.

17.10.2020

Un reportage passionnant au coeur du "fleuron de la Marine nationale", à contre-courant des clichés habituels sur le PAN Charles de Gaulle. © R. Pellicer-Titwane / Ed. de La Martinière

« Un bateau ne fonctionne que par ses hommes ». © R. Pellicer-Titwane / Ed. de la Martinière

 

 

 

« Il y a eu un moment où la Marine incitait les jeunes à s’engager en leur promettant d’apprendre un métier : « la Marine, c’est 50 métiers ». A travers ce message, il y a eu une dérive… euh, une tentative de se calquer sur le monde civil. Or je ne pense pas qu’on puisse comparer la vie à bord à celle de la société civile. La Marine, c’est en tout lieu et en tout temps, sur tous les océans jusqu’au péril de sa vie. Ce que la Marine demande aux hommes, on ne le demande pas dans le civil. Déjà ici c’est l’armée, avec le respect des grades. Ici, on ne manage pas des hommes, on les commande. »

« Manager c’est une somme de compromis. Commander c’est faire preuve d’autorité. Autorité dans le sens premier du terme : autoritas, faire grandir ! »

Celui qui s’exprime ainsi est l’aumônier du Charles de Gaulle depuis 2015, le Padre. Celui qu’on vient chercher dès qu’il y a un drame à bord. Celui qu’on vient voir « simplement pour parler ». Pour évacuer… Parce que les conditions de vie à bord « sont difficiles ». 1,3 milliard d’euros ont été investis dans la rénovation du fleuron de la Marine nationale. Pas dans les « postes » qui au contraire se sont dégradés, affirme l’aumônier. « Le commandant et ses grands adjoints sont parfaitement au fait de cela et ils en souffrent avec l’équipage ».

 

« L’aviation c’était le rêve de gosse, mais mon choix de base c’est la Marine. Marin c’est mon ADN ! » © R. Pellicer-Titwane / Ed. de la Martinière

Le « Pacha » : « On est sur un bâtiment qui a beau être le « fleuron de la Marine » comme on dit, il est aussi en train de devenir le bateau le plus ancien de la flotte ». © R. Pellicer-Titwane / Ed. de la Martinière

 

« On est des gens un peu bourrus, mais avec des relations franches ». © R. Pellicer-Titwane / Ed. de la Martinière

 

 

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« Quatre mois de mission, ça tire sur la corde. On travaille par bordée. Ca veut dire qu’on ne dort pas beaucoup. C’est pas très vendeur, non ? »

Raynal Pellicer, accompagné de l’illustrateur Titwane, a passé trois semaines en immersion au sein de l’équipage. Les hommes et les femmes qu’ils ont rencontrés à bord se sont livrés, avec plus ou moins de réserve, mais avec une sincérité qui transpire dans les mots.

« L’activité est permanente et le danger tout autour de nous, on lui tourne facilement le dos. En plus avec le bruit on n’entend pas toujours ». © R. Pellicer-Titwane / Ed. de la Martinière

Le lecteur accompagne les deux reporters dans les coursives, pousse une porte, se pose et écoute, et regarde. Raynal Pellicer décrit les rencontres, Titwane plante le décor. Raynal fait parler ceux qu’ils rencontrent, Titwane les montre en action, dans leur cadre de travail. Pas besoin de plus de mots. Les regards ne mentent pas.

« Le risque sur ce bateau c’est l’anonymat, que les gens ne disent pas leurs états d’âme ». Le Pacha

« La mixité, forcément, ça crée des histoires. Des liens se créent ». © R. Pellicer-Titwane / Ed. de la Martinière

« Ce que je reproche aux gens qui écrivent des bouquins sur le Charles de Gaulle, c’est qu’il n’y en a pas un (il insiste), pas un, pas un dit a dit… « c’est vrai, il y a trois mondes, trois mondes particuliers ». La plupart du temps vous nous contentez d’aller voir les catapultages, les appontages des Rafale. C’est bien, mais ne vous y trompez pas, allez creuser ces trois mondes, allez voir ceux qui sont à la souille ! Allez voir les manœuvriers ! Allez voir ceux qui triment à la chaufferie à plus de 50°C ! Allez voir ces jeunes « carbu »… Ce sont tous des marins ! ».

« Dans le cockpit, on est trop haut pour avoir une vue globale de la piste. Notre unique repère c’est le chien jaune. C’est notre guide. On obéit au moindre de ses gestes. »

Raynal Pellicier et Titwane ont suivi ce conseil de cet infirmier anesthésiste rencontré sur le porte-avions. Mais ils ne se sont pas contentés d’aller voir ces « trois mondes ». Ils ont exploré l’âme de ces trois mondes. Leur reportage qui donne une dimension humaine inédite à cette extraordinaire machine qu’est le porte-avions nucléaire français, fera date dans l’histoire du Charles de Gaulle.

Gil Roy

Le Charles de Gaulle. Immersion à bord du porte-avions nucléaire. Par Raynal Pellicer et Titwane. Editions de La Martinière. 190 x 255 mm. 192 pages. 26,5 €. ISBN : 978-2-7324-9210-0

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« Le Charles de Gaulle c’est un monde difficile. Un monde particulier. Il y a ce qu’on ne voit pas de l’extérieur. Il y a trois mondes ». © R. Pellicer-Titwane / Ed. de la Martinière

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A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

5 commentaires

  • Jean Baptiste Berger

    @Stanloc
    Votre rappel historique est exact et bienvenu.
    …..Et pour le compléter, il s’appelait « Belleau wood » dans la Navy (les Français ont re-Francisé…), et il a, pendant la campagne du pacifique, été touché par un kamikaze Japonais, un véritable héros digne, avec ses équipages, de son glorieux patronyme.

  • stanloc

    En lisant le livre je le saurai mais essayons de deviner . Trois mondes :
    — les « pingouins » ; l’aéronavale
    — le « pont »
    — la « machine »
    ???????? Comme sur le Clem.

  • Je suis un ancien du Clem et du Foch et j’ai participé à plusieurs campagnes Pacifique à bord de ces bâtiments entre 66 et 68…
    Je suis également resté attaché à l’aéronautique et je pratique encore L’ULM ,le planeur et le vol moteur
    Cordialement

    • Chauvin

      Bonjour la caille, on a du se croiser à la 4F à Lann Bihoué ou sur les PA de l’époque : Foch., Clém ou Arro. ces années là. Cdlt. Pierre Chauvin / DARAE / 4F / Alizé

      • stanloc

        L’Arromanches ? Bigre vous ne devez plus être très jeune. Peut-être le Bois Belleau aussi ?
        Je suis tombé de haut récemment en apprenant l’origine de ce nom de PA que j’ai vu autrefois définitivement à quai à Toulon durant mon S.M.. Pour les jeunes sachez que ce PA est contrairement à ce que son nom suggère, un PA américain prêté à la France et son nom bien français est celui d’un bois dans l’Est de la France près duquel un gros contingent de Marines US a perdu la vie durant la première guerre mondiale et c’est pour leur rendre hommage que ce nom fut attribué à un bâtiment de guerre.

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