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Les grands ratés de l’Aviation, quand Icare se brûle les ailes…

Le dernier ouvrage de notre confrère Antony Angrand « les grands ratés de l’Aviation » raconte quelques-uns des projets grandioses de certains avionneurs… qui se sont transformés en échecs retentissants. C’est surprenant, parfois inédit, toujours intéressant ! Une nouvelle fresque de la grande aventure de l’aéronautique.

29.02.2012

L’histoire de l’Aviation continue de se préciser au gré des romans, récits, biographies et autres documents publiés ici et là. Avec « les grands ratés de l’Aviation » d’Antony Angrand (Editions Altipresse), on découvre une facette totalement inconnue de cette épopée : les plus gros ratés de son histoire (on dirait d’ailleurs aujourd’hui les plus gros bugs ! En gros, là où des ingénieurs, des pilotes, des financiers, des politiques ont « zappé » sur un projet !).

Antony Angrand est journaliste d’investigation. Son dernier livre est ainsi précis, documenté, et comporte de nombreux témoignages. Pas de place ici pour des commentaires ni des jugements sur tels ou tels projets avortés. Non, que des informations strictes qui permettent à chacun (des passionnés d’aéronautique, des historiens, des économistes, des militaires, des passagers aériens …) d’appréhender l’aviation sous un nouveau jour.

On apprend par exemple dès le début de l’ouvrage (page 15) que le CF-105 Avro Arrow, l’intercepteur supersonique polyvalent qui aurait dû être construit par Avro Canada et dont le seul prototype a cessé de voler en 1959, disposait de commandes de vol électriques ! On joue l’étonnement en lisant qu’au cours de l’année 1976, Lockheed a distribué 22 millions de dollars de pots-de-vin à différentes personnes influentes, dont 10 millions de dollars à Franz Joseph Strauss, ministre de la Défense d’Allemagne de l’Ouest, pour signer un contrat de plusieurs centaines de F-104 Starfighter (page 42). On a du mal à se souvenir que c’est en 1950 que le premier film fut projeté en vol à bord d’un quadrimoteur totalement sous-motorisé Lockheed Constitution dont deux exemplaires seulement furent construits (page 115). On compare facilement les livraisons jusqu’à Terminal Island (Californie) des éléments du seul Hercules H-4 (Hughes Aircraft Company) construit (1942/1945) avec ceux de l’A380 : « Le voyage de ce genre de mécano géant ne se fait pas sans mal, ni efforts. Il faut élaguer et parfois tout simplement couper plusieurs milliers d’arbres, prévenir et obtenir le concours des vingt-huit compagnies de téléphone qui possèdent des lignes sur le parcours emprunté soit par la cellule, soit par la voilure, ou encore l’empennage du Hercules. » (page 135).

« Les grands ratés de l’Aviation » retrace l’histoire d’une dizaine de grands projets avortés, soit pour des questions de coûts (tel le projet de Boeing de construire en 1971 un supersonique civil B-2707 capable de rivaliser avec Concorde), soit pour des questions de motorisations insuffisantes, soit encore pour des questions de fiabilité : « Sur les sept F-111B qui furent assemblés (1968), soit cinq prototypes et deux appareils de pré-production, seuls trois d’entre eux ne furent pas victimes d’accidents… » (page 185). Un regret : l’ouvrage ne présente aucune illustration. Qu’importe, l’essentiel est dans la pertinence des informations publiées. Informations que tous les constructeurs aéronautiques devraient connaître par cœur… pour en tirer les leçons !

Bruno Rivière

A propos de Bruno Rivière

chez Aerobuzz.fr
Reporter photographe par passion, Bruno Rivière a assuré la rédaction en chef d’Aéroports Magazine pendant près de 25 ans. Il a également enseigné le journalisme en faculté. Spécialiste du transport aérien, il a rejoint Aerobuzz en janvier 2011. Bruno Rivière réalise des reportages et des recensions de livres.

6 commentaires

  • vladkr

    Les grands ratés de l’Aviation, quand Icare se brûle les ailes…
    @Andre Bernard :

    Le gouvernement Canadien n’a pas ordonné la destruction des appareils en chantier et de l’outil industriel « seulement » pour ne pas perdre la face. Les services de renseignements soviétiques étaient très actifs, et certaines solutions techniques de l’Arrow auraient été retrouvées sur du matériel soviétique…

    Mais là encore, comme le précise l’auteur, Antony Angrand dans son post (je n’ai pas encore eu la chance de lire le livre), c’est un sujet très vaste et cela doit être un travail de titan de rassembler les documents Canadiens, US, britanniques et autres archives du KGB pour raconter toute l’histoire.

    Dommage car le sujet est passionnant… en attendant, je vais chercher le moyen de me le faire livrer de ce côté de l’Atlantique.

    Au passage, merci Aerobuzz de nous présenter tout un tas d’ouvrages passionnants (remerciements non relayés par ma conjointe qui commence à trouver que nous avons beaucoup de livres).

  • hotel bravo

    Les grands ratés de l’Aviation, quand Icare se brûle les ailes…
    Bonjour,
    il est faux de dire que l’AVRO CF-105 Arrow est raté.
    Il a parfaitement rempli son cahier des charges.
    Le programme a été stoppé par les politiques.

  • Antony Angrand

    Les grands ratés de l’Aviation, quand Icare se brûle les ailes…
    Merci pour vos commentaires, cependant il y a quelques erreurs :

    – Je ne parle que du premier prototype puisqu’il est directement lié au grand pilote d’essais que fut Janusz Zurakowski. Sachant que ce sujet mérite un livre lui-même, vous me permettrez quelques raccourcis puisqu’il est destiné à des passionnés qui ne sont pas forcément familiers avec l’appareil.

    – La France aussi bien que les Etats-Unis n’ont jamais été sur le point d’acheter des CF-105. Les Etats-Unis se sont déclarés intéressés, mais il n’y a jamais eu de suite et encore moins de contrat signé.

    Ensuite, l’arrêt du programme a été officiellement annoncée en février 1959 : tous les ouvriers d’Avro Canada ont été licenciés ainsi que l’équipe d’essais en vol, de ce fait les prototypes ont cessé de voler à cette date. La photo la plus connue au Canada est celle qui a été prise d’un avion de tourisme de mémoire, ou l’on voit les appareils dont la construction inachevée sont en cours de destruction.

    Cordialement.

  • André Bernard

    Les grands ratés de l’Aviation, quand Icare se brûle les ailes…
    À lire le bref compte rendu de la page 15 concernant le CF-105, je dois dire que je crois sincèrement que ce bouquin est incomplet et produit sans rigueur.

    il est faut de prétendre que le seul prototype a cessé de voler en 1959. Trois prototypes ont servi dont l’un s’est écrasé. À la cessation du projet, deux prototypes étaient en opération, mais le premier a compilé le plus d’heures de vol. Également, ça laisse supposer qu’aucune avion n’était en construction. Alors que le gouvernement a donné l’ordre de détruire les quelques 20 avions en chantier et tous les plans afin de ne pas perdre la façe, car la France était sur le point de signer l’achat et même l’armée Américaine.

  • Aubin

    Les grands ratés de l’Aviation, quand Icare se brûle les ailes…
    Le mérite revient à l’auteur ! on parle toujours de la gloire des héros de l’aviation… C’est bien. Mais il fallait oser parler des déboires de certains rigolos de l’aviation (rigolos voulant dire – au choix – inconscients, mégalo, vendus, fous ?)
    A lire …

  • Thierry

    Les grands ratés de l’Aviation, quand Icare se brûle les ailes…
    Super article, bravo Bruno !

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