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Ordre, calme et réacteurs à Payerne

A quelques kilomètres au Sud du lac de Neuchâtel, dans le Canton de Vaud, en Suisse, se situe Payerne. C’est au beau milieu d’une campagne verdoyante, à quelques kilomètres au Nord de la ville, que se trouve une base aérienne toute particulière, pourvue d’un musée et d’un Mirage III civil en vol.

27.07.2016

Payerne, au cœur du Canton de Vaud est une charmante bourgade accueillante, entourée de fermes et de pâturages. De quoi se ressourcer dans cette campagne toute de verte vêtue où chantent les oiseaux… et les réacteurs. Au Nord de la ville se situe la base aérienne militaire, BA11, qui accueille de nombreux appareils à réaction ou à voilure tournante, mais également des avions civils très particuliers.

Première particularité, on peut rouler sur la piste lorsque les militaires ne l’utilisent pas. La route de Morens traverse en effet la base de Payerne mais également la piste. Ainsi, les barrières interdisant de traverser la piste se lèvent entre midi et 14h puis le soir après 18h, laissant libre cours aux véhicules civils. Pour mettre fin à une situation qui pose de nombreux problèmes de disponibilité mais aussi de sécurité, l’armée suisse a récemment fait une proposition de rachat de cette route à l’horizon 2017. La BA11 a récemment été clôturée, peu avant le gigantesque meeting Air14 qui a vu affluer des milliers de visiteurs. Jusque là, aucun clôture ne délimitait la zone de roulage et d’envol. La base aérienne de la « Guêpe » abrite deux escadres : l’une composée de jets au nombre desquels on trouve les F/A-18 Hornet et les F-5 Tigre, l’autre composée d’hélicoptères : Puma et EC-635. La BA11 est également dotée d’un centre de formation des pilotes qui évoluent sur Pilatus PC-21.

Deuxième particularité, c’est à Payerne que l’on trouve quelques fleurons de la technologie suisse dans l’aérien. Au premier rang desquels Solar Impulse. L’avion solaire de Bertrand Piccard et son équipe a en effet élu domicile sur la base de Payerne, dans les hangars au sud de la piste. C’est aussi à Payerne que l’on trouve les bureaux de la S3 (Swiss Space System) qui travaille actuellement au développement de l’avion spatial Soar, qui décollera de Payerne sur le dos d’un Airbus A300 pour mettre en orbite des satellites.

Au beau milieu de cette effervescence, une équipe de passionnés fait vivre, depuis 2001, un musée au nom poétique, « Clin d’Ailes », qui présente les aéronefs militaires qui ont évolué sur la base de Payerne. Jumelé avec le Musée européen de l’aviation de Chasse de Montélimar, Clin d’Ailes est fort de pas moins de 1.200 membres qui œuvrent tous les jours à l’animation du musée et à l’entretien des avions et des matériels présentés. Ce modeste musée en apparence est pourtant riche de nombreux joyaux. Son président n’est autre que l’astrophysicien et astronaute suisse Claude Nicollier qui a volé à quatre reprises à bord des navettes spatiales américaines, dont deux missions destinées à réparer le télescope Hubble.

Sur l’esplanade du musée, un Vampire vous accueille, placé sur un mât. Derrière lui se situe un grand hangar rutilant, qui abrite une dizaine d’avions et deux hélicoptères qui ont fait l’histoire de la BA11. En entrant dans le musée, on met les pieds directement dans la boutique, qui présente des maquettes d’aéronefs, des vêtements et de nombreux produits dérivés du meeting Air14.

On entre dans les salles d’exposition par une porte vitrée qui laisse deviner plusieurs silhouettes d’avions. La première impression est qu’on se trouve dans un musée à l’américaine : les avions sont propres et rutilants, le sol est lui aussi propre et entretenu : pas de tache d’huile, rien qui traîne, ici règne ordre, calme et… organisation.

Sur la gauche de la première salle, une rangée de trois De Havilland, deux Vampire DH-100 et 115 et un Venom DH-112. La rangée de droite est quant à elle réservée aux Hunter : un biplace et un monoplace. Au plafond, sont suspendues une Alouette II et une Alouette III comme les gardiennes de ce petit musée.

La deuxième salle présente deux Mirage III : une version S et une version RS de reconnaissance qui ont effectué respectivement 2200 et 2900 heures de vol au sein de l’armée de l’air suisse. Un PC-7 fait face au deux Mirage III, ainsi qu’une simulateur de vol qui permet de s’initier au pilotage de cet avion de conception suisse.

A l’étage, vous trouverez une vaste collection de modèles réduits ainsi qu’un simulateur de Mirage III. Un espace dédié à Claude Nicollier a été aménagé qui présente de nombreuses photographies et divers objets et souvenirs relatifs aux missions de l’astronaute suisse à bord des navettes spatiales.

Et, tout au bout de cette coursive, une baie vitrée offre une vue dans le hangar nouvellement construit et inauguré en 2015, qui agrandit le musée. Un Mirage III biplace trône au beau milieu de cet écrin, tout de gris vêtu et arborant fièrement les moustaches typiques des Mirage III suisses. Il semble être prêt à partir, comme s’il ne manquait plus que le pilote et son passager… et pour cause. Depuis 2008, l’Espace Passion, association de soutien du musée Clin d’Ailes, organise des vols à bord de cet avion mythique. Rien de plus normal sur une base militaire, sauf que l’on parle ici de vols civils. Au cours de deux campagnes de vols, l’une en juin puis l’autre en octobre, l’équipe bénévole de Laurent Brovarone, directeur des vols, se réunit autour de son avion pour permettre à un passager (aisé) la chance de vivre une aventure unique, de contempler la Suisse à bord d’un avion à nul autre pareil, comme aime à le souligner son pilote, Thierry Goetschmann. Et les passagers viennent parfois du bout du monde pour avoir ce privilège unique. L’Espace Passion est en effet le seul au monde à proposer des vols civils sur Mirage III.

Évidemment, les passagers qui reviennent de vol ont tous le sourire aux lèvres après cette incroyable chevauchée dans le ciel suisse. Le prix de cette balade : 15.000 francs suisses, soit 13.835 euros environ les 40 minutes. L’expérience du Mirage III a certes un prix et n’est pas accessible à tout le monde. Mais les coûts sont optimisés et ne concernent en grande partie que les « consommables » : kérosène, oxygène, cartouches pour les sièges éjectables… L’équipe, constituée de professionnels en activité sur la base ou retraités, est entièrement bénévole. Extrait du livre d’or : «Aujourd’hui, grâce à toute l’équipe, et en particulier à Thierry, j’ai compris pourquoi le Mirage est appelé « Magic Delta » et pourquoi ses pilotes l’adorent.»  L’équipe d’Espace Passion s’applique à offrir à chaque passager des souvenirs pour toute une vie.

Le Hunter n°203 exposé désormais au musée a également effectué des vols découverte, de 2004 jusqu’en 2014. Depuis la mise en service du Hunter après sa restauration, plus de 400 passagers ont découvert le vol en avion de chasse. S’il était question, un temps, d’accueillir un F-5 Tigre pour réaliser des vols découverte pour les civils, la question reste en suspens tant que la Suisse n’a pas choisi le successeur des F-5. Une nouvelle procédure d’achat devrait être lancée en 2017 par l’armée suisse.

En attendant, le Mirage III devrait voler encore 6 ou 7 ans avant, à son tour, de retrouver ses compères au Musée Clin d’Ailes. Même si le prix du vol reste difficilement accessible pour le commun des mortels, allez visiter le Musée de l’Aviation Militaire Clin d’Ailes, de préférence au moment des campagnes de vol du Mirage III et passez saluer l’équipe de l’Espace Passion qui vous accueillera avec bienveillance et gentillesse. Vous aurez en plus le plaisir d’approcher ce fameux Mirage III.

Fabrice Morlon

Infos pratiques :

Tarifs
Adulte : CHF 10.- / Enfant : CHF 5.- / Militaire : CHF 5.-

Ouverture :
De mars à octobre du mardi au dimanche de 13h30 à 17h, en juillet et août du mardi au samedi de 13h30 à 17h et de novembre à fin mars le mercredi et le samedi de 13h30 à 17h.

Accès :
Musée de l’Aviation Militaire de Payerne
Base aérienne – 1530 Payerne VD – Suisse

Itinéraire et plans : http://www.clindailes.ch/trouver.html#

Sites Internet :
Clin d’Ailes : http://www.clindailes.ch/
Espace Passion : http://www.clindailes.ch/espacepassion/index.html

A propos de Fabrice Morlon

chez Aerobuzz.fr
Après des études de lettres, Fabrice Morlon s’oriente vers le journalisme. Il a fondé l'agence de communication Airia en 2013. Pilote privé, il a rejoint la rédaction d’Aerobuzz, début 2013. Fabrice Morlon a, principalement, en charge l’aviation légère, l’avionique et les équipements.

6 commentaires

  • ratel

    Ordre, calme et réacteurs à Payerne
    un grand bravo à nos amis SUISSE!!!!!! qui sont réglés comme une montre!!!! et leur musée de l’air!!!! qui fait l’admiration des visiteurs avec une propreté sans pareil !!!!!!
    ils sont les dignes représentant du mirage 3 c’est tout a leurs honneurs!!!!!
    bien amicalement et longue vie pour ce splendide musée

  • Thierry Paris

    Ordre, calme et réacteurs à Payerne
    Il est toujours possible de faire un tour de Hunter en Suisse ou en France quand il vient au Flyin Air France à St Yan.
    J’ai eu le plaisir de voler 2 fois dessus en passager avec Eric Hauer, et bien, j’ai pris un pied extraordinaire.

  • Spadd13

    Ordre, calme et réacteurs à Payerne
    Magnifique hommage à notre aviation militaire que ce superbe musée, unique en Suisse romande, permet aux fanatiques de l’aviation militaire de découvrir des avions qui ont fait l’admiration et la neutralité de la Suisse. Un grand merci aux personnes qui ont permis que ces appareils puissent être vus de près, les toucher pour certains. De plus, les diverses animations, vitrines et autres expositions dédiées au monde aéronautique valent bien le modique prix d’entrée.
    Toutefois, il ne faut pas oublier ceux qui ont été les précurseurs de ce musée. En outre, la Broye a été également le berceau de l’aviation suisse, avec de nombreux aviateurs qui ont marqué de leurs exploits, la naissance de cette aviation que j’admire depuis plus d’un demi siècle.
    Merci à celles et ceux qui oeuvrent pour que ces merveilleuses machines volantes puissent être les témoins pour les générations futures.
    Longue vie au Musée Clin d’Ailes

  • DKTVR

    Ordre, calme et réacteurs à Payerne
    Heu… Une erreur a dû se glisser dans la légende de la photo où l’on voit le Hunter biplace dans le hall d’exposition. L’avion n’est manifestement pas en configuration en tandem, mais côte à côte.
    Ce qui n’est malheureusement pas, d’ailleurs, un plus au plan esthétique par rapport au monoplace, dont j’étais amoureux dans ma jeunesse et qui me semble toujours splendide.

    • Fabrice Morlon
      Fabrice Morlon

      Ordre, calme et réacteurs à Payerne
      Bien vu DKTVR! C’est bien un biplace côte à côte et non en tandem ce qui, comme vous le soulignez, change tout esthétiquement parlant mais qui, dans le cadre des vols découverte réalisés jusqu’en 2014 avec cet appareil, permettait d’être tout à côté du pilote. Et côtoyer quelqu’un comme Claude Nicollier, Raymond Clerc ou Marco Lupi a rendu l’expérience inoubliable pour près de 400 passagers entre 2004 et 2014.
      Ce Hunter a été acheté en 1972 à la Royal Air Force et a été modifié en biplace à Emmen.

  • Piéton 06

    Ordre, calme et réacteurs à Payerne
    30 minutes de Fouga Magister pour 600 euros seulement… Au Havre. Un très grand souvenir Claude, super!

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