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Pierre Clostermann, journal de sa vie opérationnelle, janvier 1943–août 1945

Que n'a-t-on pas déjà écrit sur le pilote français le plus célèbre et le plus titré de la Seconde Guerre mondiale ! Élevé au rang d'icône de son vivant – il faut dire que l'intéressé a bien su gérer son image – véritable personnage charismatique, Pierre Clostermann est à l'origine de générations de pilotes qui ont d'abord rêvé de partager son univers…

8.08.2020

Pierre Clostermann, pilote de la RAF sur Spitfire IX du 602 squadron, City of Glasgow, 1944. © DR

Son premier livre, en effet, est devenu une véritable bible pour un vaste lectorat. Quel passionné d’aviation des années 1950 à aujourd’hui n’a-t-il pas lu (et relu souvent !) Le Grand Cirque ? Sinon, il faut vite combler ce manque culturel… Car, le jugement est unanime, c’est le récit de guerre (aérienne) le plus formidable qui ait jamais été publié, un bon filon alors pour Flammarion, son éditeur.

Et le Grand Cirque a été plusieurs fois réédité, en 2000 et jusqu’en 2008, l’auteur lui-même surfant sur la vague de son succès littéraire (une Sacrée Guerre, 1990) pour « entretenir la flamme ».

Pierre Clostermann, as des as des pilotes de chasse français de la Seconde Guerre mondiale, et parmi les plus talentueux du camp allié. © DR

Histoire vraie à 100 % ou romancée ?

As des as français du conflit de 1939-1945, Français libre ayant de son initiative rallié le mouvement du général De Gaulle, titulaire des plus hautes décorations françaises (a posteriori) et britanniques (au moins la DFC), auteur d’un best-seller autobiographique paru peu après le conflit, il était évident que des historiens, patentés ou amateurs, se hasarderaient à décortiquer son palmarès, tel qu’il a été avalisé par un haut gradé de la Royal Air Force (l’Air Vice-Marshall H. J. Broadhurst au nom du Fighter Command). Ainsi C-J. Ehrengardt (nom connu comme directeur de publication du magazine Aéro-Journal) se hasarda-t-il dans cette démarche du vivant du héros et en subit-il une cinglante condamnation. On déboulonne plus facilement les statues de généraux sudistes au XXIe siècle que Pierre Clostermann.

L’ouvrage qui nous occupe aujourd’hui, publié à compte d’auteur via la plate-forme Amazon, est une nouvelle tentative, qui émane d’un vrai « fan » de Pierre Clostermann (1921–2006).

Georges-Éric Coisne a voulu en savoir plus sur la vie du personnage, au départ pour croiser les informations de sources multiples, sur Internet ou ailleurs, avec le récit des différentes éditions du Grand Cirque. Se prenant au jeu, tout en respectant le parti de l’impartialité, il est allé loin, très loin, et le résultat de ses investigations donne cet ouvrage étonnant de 250 pages au format 21 x 29,7, qui, en réalité, n’attaque en rien le mausolée, le teintant au contraire d’humanité…

Pierre Clostermann, journal de sa vie opérationnelle, janvier 1943-août 1945, par Georges-Éric Coisne, autoédition. Prix : 9 € via la plate-forme Amazon. ISBN : 978-165602-457-2.

Un pilote français comme les autres ?

Le sous-titre du Grand Cirque, dans son édition originale et emblématique de 1948 permet, en fin de compte, d’en décoder le contenu : « Souvenirs d’un pilote de chasse français dans la RAF« . Et l’auteur dans l’avant-propos d’expliquer que, voulant livrer un témoignage de son aventure personnelle, il a « organisé » son texte, il l’a travaillé, bref, il ne s’agit pas d’un journal, d’un « vécu » au jour le jour, mais d’un récit dont le but principal est de décrire une ambiance, une atmosphère, des ressentis.

Il est assez clair, lorsqu’on se laisse engloutir par l’histoire que Clostermann raconte, que sans travestir véritablement les faits ou la chronologie, il a pu conclure quelques arrangements avec un historique pur et dur.

Cet historique aurait pu se révéler fastidieux. En publiant le Grand Cirque, le pilote est devenu écrivain. Ses émotions, il a bien su, à la perfection, les retranscrire, lui qui se trimbalait toujours avec ses carnets de notes – sans doute a-t-il très tôt eu l’idée de son livre, sans doute en dépit de sa jeunesse – 24 ans lors de ses premières missions de guerre –  a-t-il très tôt pensé à la postérité…

L’adieu du pilote à son « Grand Charles », son dernier Tempest qui porte les victoires de son palmarès officiel. La guerre est finie. © DR

Georges-Éric Coisne, l’auteur de ce journal de la vie opérationnelle de Pierre Clostermann est allé exploiter à fond la meilleure source : celle du « logbook » du pilote, et celle des journaux de marche des différentes unités auxquelles le pilote a été affecté depuis son intégration dans la Royal Air Force jusqu’à sa démobilisation. Archives officielles, inattaquables.

Il publie donc au jour le jour, un résumé des opérations des squadrons successifs au sein desquels il a volé, pointant les « distorsions » éventuelles entre le document et la transcription dans le Grand Cirque.

Et très vite, on identifie, on vérifie, la démarche littéraire de « Clo-Clo« . Au 341 squadronAlsace, sous la houlette du commandant Mouchotte, les « bleus », les frais émoulus des OTU (Operationnal Training Units) restent bleus longtemps. Lentement, c’est la méthode, on les aguerrit dans l’ombre de leur leader, chef de section, ils volent relativement peu, pas tous les jours, ils sont l’ombre d’un pilote plus expérimentés, blanchissant lentement sous leur harnois. Ces périodes de (toute relative) inaction se révèlent peu compatibles avec le style nerveux et efficace du Grand Cirque ! Et par la suite, c’est la même démarche.

Le Grand Cirque et donc un condensé, axé sur l’action, sur l’adrénaline !

Grâce à Georges-Éric Coisne, on en apprend davantage sur le mutation des deux amis (à l’Alsace, Closterman a un binôme en la personne de Jacques Remlinger), qui quittent le squadron des Français libres pour une unité « pure » de la RAF (602 squadron, City of Glasgow). Il semblerait qu’il ait été reproché au sergent Pierre Clostermann d’avoir au moins deux fois été décroché de son leader, dérogeant au sacro-saint principe qu’un n° 2 doit suivre comme son ombre son n° 1. Y aurait-il eu mesure disciplinaire ? Pourtant, le pilote a déjà à l’époque ouvert son score – naturellement, Closterman évoque juste son changement d’affectation dans le Grand Cirque sans préciser s’il y a une raison !

« Clo-Clo » en vol en vol au-dessus de l’Allemagne en 1945 à bord de l’un des ses JF-E, photo prise pas son ailier. © DR

Une guerre plus longue que le Grand Cirque

La lecture du volume de Georges-Éric Coisne donne un aperçu de la guerre aérienne sur le front occidental moins violent que le Grand Cirque. En 1943, les rencontres entre la RAF et la Luftwaffe sont finalement assez rares, en dépit du fait que la Royal Air Fore lance chaque jour des sweeps au-dessus de la France pour provoquer les « Huns« … Cela changera par la suite. L’année suivante, notamment avec l’attaque des « No-Balls« , les rampes de V-1 et les escortes de bombardiers.

Ainsi, ces ORB (journaux de marche, qui existent sous deux formes parallèles, rédigées et factuelles – tableaux d’effectifs et de matériels) démythifient le Grand Cirque, ce qui n’enlève rien à l’œuvre littéraire.

La dernière période, celle de 1945, pour le second tour d’opérations, le pilote ayant troqué désormais le Spitfire pour le Tempest, alors ce qui se fait de mieux en terme de chasseur monomoteur à hélice, cette seconde période donc, telle que retranscrite dans le Grand Cirque, s’avère plus encore fictionnelle. Des faits sont mélangés, arrangés pourrait-on dire pour en accentuer la dramaturgie.

Le commandement du 122 Wing (l’escadre, de quatre squadrons) qu’il aurait exercé à la fin, s’avère temporaire et cantonné à l’administratif – c’est un peu moins glorieux ! Il termine en effet le conflit au grade de Flight Lieutenant, c’est-à-dire capitaine dans l’armée française, alors que Wing Commander est l’équivalent de lieutenant-colonel…

Le rôle des Tempest est l’attaque au sol à long rayon d’action, dans l’enfer de la Flak (la DCA allemande), et pourtant le Frenchy trouve le moyen de continuer à étoffer son tableau de chasse, jusqu’à la dernière limite de mai 1945… Lequel tableau de chasse cumule victoires aériennes et avions détruits au sol.

Et l’ouvrage de G-É Coisne ne se termine qu’avec le départ de Clostermann de la Royal Air Force, lorsqu’il retourne à la vie civile, fournissant des informations intéressantes sur les missions, nettement moins intenses, d’entraînement et de surveillance du pays à peine vaincu. Et de « vols découverte » sur des avions de l’ancien ennemi.

Il reste que des pontes et des collègues de la RAF ont lu The Big Show (Le Grand Cirque en langue de Shakespeare). Ils ont remarqué les libertés prises par l’auteur avec l’authenticité crue des faits. Mais ils ont mis cela sur le compte de la « licence de l’écrivain » et tous ont noté et apprécié, en frères d’armes, le talent de narrateur et le poids du témoignage écrit sur le vif que constitue le Grand Cirque.

Lequel reste invariablement un livre incomparable. Écrit par un grand auteur et un pilote hors pair. Tandis que l’étude de G-É Coisne revêt une importance particulière pour les passionnés d’histoire de la Seconde Guerre mondiale et d’aviation. D’autant que son prix est dérisoire, autant que le format « poche » du Grand Cirque

Jean Molveau

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A propos de Jean Molveau

chez Aerobuzz.fr
Journaliste aéronautique, Jean Molveau est le rédacteur en chef du magazine Vol à Voile dont il est l’un des fondateurs (1983). Il a également été, jusqu'en 2019, le rédacteur en chef d'Aviasport. Historien reconnu de l’aéronautique, il a signé 16 ouvrages. Il a rejoint Aerobuzz en 2009. Au sein de la rédaction, Jean Molveau traite plus particulièrement les sujets historiques.

20 commentaires

  • jlov

    J’ai lu cet ouvrage exceptionnel avec le plus grand intérêt et je tiens à féliciter l’auteur pour la qualité et la profondeur du travail d’historien qu’il a réalisé; il apporte un éclairage précieux et passionnant sur la vie quotidienne de groupes de chasse durant la Seconde Guerre Mondiale et de ce fait il met en perspective les livres écrits par les pilotes qui s’y sont illustrés (P.Clostermann, R.Mouchotte, J.Andrieux, C.Demoulin, R.Hillary, J.Johnson notamment) en les enrichissants. Un seul regret peut-être, le manque d’illustrations ou de fac similés.
    Que certains passages du Grand Cirque aient sans doute été romancés ne me gêne pas puisque cela ne change rien à la réalité de la vie d’aviateur et des exploits de P.Clostermann; Il était un écrivain de talent (lire Appui-feu sur l’Oued Hallaïl, des Poissons si gros, Mémoires au bout d’un fil, Une Sacrée guerre, l’Histoire vécue) et un narrateur captivant de ses aventures qu’il mettait en couleurs avec jubilation…et qui n’étaient pas toutes aéronautiques : on se souvient peut-être de ses escarmouches avec un leader politique bien connu des années 70 et 80, et aussi avec les britanniques durant la guerre des Malouines; une personnalité hors du commun….

  • François

    Nous sommes à une époque moralisatrice,où l’on déboulonne les statues, où l’on veut réécrire l’Histoire…une forme de négationisme en quelque sorte.
    Laver plus blanc que blanc.
    Heureusement qu’ils se sont battus ces gars de 20 ans car si la pieuvre au svastika régnait encore aujourd’hui…

  • MIKE

    Il y a eu d’autres as français tout aussi valeureux : mais ils n’étaient pas gaullistes. Alors , pas de propagande …. et un comportement de tartarin qu’on a retrouvé pendant sa
    courte campagne à Telergma en 1957 ( ou 58 )……

  • Woodplane

    Clostermann, Saint Ex, certainement des hommes exceptionnels qui sont sortis du lot parmi tant d’autres tout aussi remarquables dans leurs rôles.
    Ils font parti de notre histoire, mais c’est aussi la leur et ils ne sont plus là pour confirmer et accepter tous ces récits post mortems.
    Mais il est vrai que c’est plus vendeur pour un éditeur de proposer une couverture avec un nom historiquement connu.
    Avec une pensée pour ceux qui ont péri pour notre pays, nombre d’illustres inconnus qui méritent tout autant d’être honorés de notre mémoire.

  • lodjfe

    Bonjour,

    Un très grand Monsieur qui a quitté une vie confortable pour « aller » à la guerre. Que son livre soit romancé ou ses victoires pas toutes certaines n’enlèvent rien à son courage face à la mort. Son livre formidablement écrit a donné envie de voler à de multiples aviateurs.

  • LBE

    Dès 1990, Pierre Clostermann a eu la bonne idée de libérer quelque peu sa plume avec « Une drôle de Guerre » suivi d’une série d’autre ouvrages, exposant bien des aspects dont il ne pouvait ou souhaitait vraiment faire état en 1948. On ne va pas tous les citer, ils furent de mon point de vue œuvre éclairante.
    Ceci posé, si l’on peut comprendre la réaction de Mme Clostermann (Claudine), il demeure néanmoins un corollaire propre aux commandeurs ou aux héros que ce soient le Général de Gaulle ou Eric Tabarly qui font qu’un jour ou l’autre, un auteur, un chercheur tente de documenter le sujet avec ce regard différent, sans pour autant à en dénaturer l’œuvre, ceci à la lumière de notre temps.
    Quant au regard britannique, s’il fut « fair-play » ce n’était pas pour rien non plus tant les pertes furent lourdes (je pense surtout au printemps 1945) et qu’ils furent hélas bien peu ces jeunes français de 20ans à pouvoir être à même de rejoindre le sol britannique pour s’y battre dès 1942.
    Je le commande, donc ..

  • Bon Vol 87

    Qu’importe si le palmarès de Closterman comporte des coopérations et des mitraillages au sol, dans tous les cas il fallait y être et « Faire Face ». Après, qu’un livre décortique une vie sans y porter préjudice, pourquoi pas? Cela ouvre d’autres points de vues.

  • Les absents ont toujours tort, c’est bien connu. Aussi serait-il possible de laisser Pierre Clostermann reposer en paix dans sa tombe sur laquelle il a demandé une unique gravure : »Compagnon de la Libération ». En partant de ces mots, certes « Le Grand Cirque » est romancé puisque la trame de fond du livre est la grande histoire d’amour d’un homme pour sa patrie et pour sa libération. S’il était encore de ce monde, sa réaction en lisant cet article de Jean Molveau (je ne parle même pas du livre de Georges-Eric Coisne) eût été de sourire ironiquement en haussant les épaules et en foudroyant de son regard bleu acier les deux auteurs respectifs de ces écrits. Aussi, je le fais à sa place même si je n’ai pas son regard transperçant.
    Suite à la lecture de telles absurdités, j’ai hésité avant de rédiger ce commentaire mais j’aurais eu mauvaise conscience de ne rien écrire et de laisser un membre de ma famille se faire déchiqueter alors qu’il est dans l’impossibilité de se défendre.

    • Bonsoir Claudine,
      À te lire, j’ai l’impression de t’entendre…Toujours la même fougue! Bravo pour ta réaction. J’ai lu « le grand cirque » et « feu du ciel » dédicacés grâce à toi par Pierre Clostermann lui-même, ce dont je suis fier, et le dernier de Pierre Clostermann (« une vie pas comme les autres »). Je l’ai rencontré à Toussus en diverses occasions et c’est un bon souvenir.
      J’ai lu bien sûr aussi les carnets de René Mouchotte et de l’un comme l’autre on retient l’intensité des combat et le courage des pilotes.
      Pourquoi tant qu’on y est ne se lancerions nous pas dans un exercice similaire à propos de Saint-Exupéry en compulsant les JMO (journaux de marche) de la 2/33 (cocotte rouge), groupe de reconnaissance où il servit…

      Bien à toi amicalement.
      Jacques

      • Ma phrase n’était pas correcte (la fatigue peut-être…):
        Pourquoi tant qu’on y est ne nous lancerions nous pas dans un exercice similaire à propos de Saint-Exupéry en compulsant les JMO (journaux de marche) de la 2/33 (cocotte rouge), groupe de reconnaissance où il servit…

      • Merci Jacques, bien sûr, tu me connais et sais que j’ai un grand souci de la justice…alors, dans ce cas précis, à fortiori !! Concernant Saint-Ex, il a eu sa dose de critiques aussi (mauvais pilote, personnage endormi et peu dynamique, trop tourné vers la politique pour piloter correctement…etc). Et puis, René Mouchotte est décédé trop rapidement pour hériter de son lot de critiques…il est parti sur sa gloire avec le chagrin de ceux qui n’ont pas eu le temps de l’assommer !!
        Avec toute mon amitié.

      • Jean-Christophe Bacquié

        Cela a été fait dans l’ouvrage ‘ Saint-Exupéry ses combats ‘ écrit par mon père Bernard Bacquié.
        C’est dans ce livre qu’il révèle notamment que le 19 janvier 1930 ,Saint-Ex a effectué seul en plusieurs étapes en Laté 25 , le trajet Rio Gallegos -Buenos Aires en 17 heures de vol.
        Plutôt pas mal pour un pilote qualifié de ‘ pas très bon ‘ par nombres ‘d’historiens’ !!

    • Arminius

      Pourquoi vous formaliser, Madame, de l’intérêt des historiens pour ce grand pilote ? C’est inévitable, et ça ne peut pas faire oublier le jeune homme acceptant de foncer vers la mort dans des machines approximatives dont les caractéristiques feraient fuir n’importe quel pilote d’aujourd’hui. A travers ses écrits, Pierre Clostermann donne une leçon à tous les pilotes, celle de ne jamais renoncer et de se battre jusqu’au bout quoi qu’il arrive. Piloter, encore et encore quelques soient les circonstances, voila qui peut sauver la vie à bien des pilotes. Cette magnifique leçon de vie appartient au monde de ceux qui volent, roman ou pas. Après, il y a l’Histoire et ses « comptables ». Il y a sans doute un parallèle à faire avec la conquête de l’ouest américain, celle des tous débuts. elle fut le fait de gens ayant un courage hors du commun, elle est encore racontée, fait l’objet d’innombrables romans et les historiens essaient de démêler l’écheveau des faits et de la légende. Cela ne retire rien aux qualités d’exception que de tels hommes doivent posséder pour avoir de tels destins. Il n’est pas le seul à avoir vécu cette période propre à faire émerger des héros, mais lui a su en parler si bien, touchant le cœur des pilotes existant ou à venir. Ca, rassurez-vous, personne ne lui prendra.

  • anemometrix

    Les « corrections » des britanniques sont bien évidemment de pur « fair-play ».
    D’étourderie aussi, comme cette étourderie qui leur fait oublier que si un matin de la bataille d’Angleterre Goering a été contraint de dire « Pouce ! » par manque d’avions et de pilotes, c’est oublier que 1300 (1471 ?) avions allemands avaient été abattus par la chasse française, et aussi par la DCA. »
    D’après des informations données par le magazine Der Spiegel en 1967, Jean Gisclon affirme que la Luftwaffe a perdu 1471 appareils, dont 535 Messerchmitt 109, 195 Messerchmitt 110, 412 bombardiers (Heinkel III, Junker97 « Stuka », etc…) et 329 avions de reconnaissance et de transport.

    Autre source, Wiki : (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_France)
     » La Luftwaffe a perdu en cinq semaines 1 300 avions sur les 3 900 engagés le 10 mai, dont 200 chasseurs Me-109 sur 1 000 soit 20 % du total et 125 chasseurs Me-110 sur 355 soit 35 % du total, appareils qui manqueront pour la bataille d’Angleterre … »

  • francois h.

    Pour ma part, j’ai appelé Pierre Closterman chez lui, dans le Sud, lors de la sortie du film « Les Chevaliers du ciel ». Au téléphone, une dame a essayé de me décourager, moi même expliquant que nous avions déjeuné ensemble, à Rouen Boos, lors d’un meeting avec la PAF (et l’accident mortel d’un Spit). Soudain, j’ai entendu La voix: « Passez le moi! » Et je me suis entretenu pendant pas loin de trente minutes, une dernière fois, avec Pierre Closterman. De quoi avons-nous (m’a-t-il!) parlé? De la chasse, b…! Magnifique.

  • Jean-Christophe Bacquié

    L’ouvrage ‘ le grand cirque’ dans une édition bibliothèque verte était mon livre de chevet dans mes jeunes années.
    Par la suite , je me suis particulièrement intéressé à cette période et j’ai compris que ce livre était parfois romancé.
    Toutefois,je trouve remarquable la volonté de combattre de PH Clostermann , là ce n’est pas du roman !
    Avoir une vingtaine d’années et sortir de sa zone de confort pour plonger dans cette arène, permettez moi d’être admiratif !
    Pour revenir au livre de Mr Coisne, je l’ai trouvé très intéressant car comme le souligne Mr Molveau , il nous en apprend beaucoup sur le rythme des vols aux différentes époques.
    Je pense d’ailleurs que PH Clostermann avait un caractère qui s’adaptait mieux à la mentalité des squadron britanniques qu’aux unités Françaises .
    Pour finir et pour ceux que cela intéresse, à côté du grand cirque, je place au panthéon des livres sur la guerre aérienne ‘Les arènes du ciel’ de Marcel Verrier .

  • Jean-Mi

    Ma première réaction a été de me demander si je devais trouver au plus vite ce bouquin… Et puis… Préférerais-je la précision historique des faits, ou la version romancée du « grand cirque » ?
    Dans le même genre, préfère t’on lire « courrier sud » ou « vol de nuit » de Saint-Ex, ou la transcription de ses carnets de vols et des rapports à la compagnie ?
    Il est bien que les deux existent. Mais la version écrite, donc réfléchie, pesée, relue, de l’auteur n’ajoute t’elle pas ce supplément d’âme qui rend la chose plus proche du vécu de l’auteur ?
    Car on ne parle pas ici de biographes qui romancent, mais de l’auteur qui très directement avait ses fesses dans un avion ayant lui-même un 109 aux fesses… (Oui beaucoup de fesses…), ou d’un autre auteur perdu dans la nuit au dessus du désert, seul avec sa mécanique et l’aiguille de la boussole… Un carnet de vol ne peux pas raconter ça…

  • Thierry Pradines

    Je me souviens m’être fait éjecter vertement par l’épouse de P Closterman , au téléphone, en 1980 ou 1981 ,lorsque j’avais voulu parler à l’auteur tellement j’avais été enthousiasmé par Le Grand Cirque . J’avais 25 ans, et je me demandais simplement si tout était vrai , simplement pour ma curiosité personnelle . Il n’y avait pas d’internet à l’époque , donc j’ai recherché dans le bottin ou le minitel ….. Et je me suis fait traiter d’importun dès mon introduction ,pourtant très courtoise !!!! Je n’avais pas imaginé une seconde qu’un simple appel d’admirateur pourrait être rejeté aussi vertement !!!! Mme Closterman surveillait !!!!

    • Jean-Mi

      Vous ne deviez pas être le seul je pense… Pas simple d’avoir une vie privée tranquille quand on est célèbre…

    • JmB

      Exactement à la même époque et un peu pour les mêmes raisons j’ai écrit à Pierre Clostermann, une simple lettre à laquelle il a répondu par une autre lettre plus longue que la mienne et par une photo dédicacée de lui à la portière de son Tempest (la même qui illustre le présent article).
      Je l’ai ensuite rencontré à plusieurs reprises, 50 ans de l’Alsace à Dijon, évocation de sa vie à Colmar lors d’une conférence de presse, à Bayeux pour le 50éme anniversaire du Débarquement….
      A chaque fois j’ai pu l’aborder et papoter simplement, je lui ai fait dédicacer tous ses bouquins et il s’y est plié avec très bonne grâce.

      Après, mme Clostermann,…. je ne sais pas.
      Mais lui en tout cas, abordable, affable, écoutant aussi bien les anecdotes du pauvre pilote lambda que j’étais que racontant en aparté les siennes…..

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