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25 pilotes du Normandie-Niemen auraient eu 100 ans

En 2017 a été commémoré le 75ème anniversaire du groupe de chasse Normandie-Niemen, composé de pilotes français. Le dernier survivant de ces 96 volontaires est décédé en début d'année. René et Maryvonne Gaudart, descendants de l'un de ces pilotes, entretiennent le souvenir de ce régiment d'aviateurs français mis à la disposition de l'URSS de Staline par le général de Gaulle, et intégré à l'Armée Rouge pour aller combattre sur le front germano-soviétique.

La 3ème escadrille du régiment Normandie-Niémen. © Coll. Risso

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Ces années 2017 et 2018 sont celles de la commémoration de la Révolution d’octobre de 1917 en Russie, de la commémoration de la fin de la Grande Guerre 1914-1918, de la commémoration du 75è anniversaire de la création du célèbre régiment d’aviateurs Normandie-Niemen, mais aussi celles de commémorations du centenaire de la naissance de beaucoup de pilotes de ce régiment légendaire.

96 pilotes volontaires

C’était un régiment d’aviateurs français de la Seconde Guerre mondiale mis à la disposition de l’URSS de Staline par le général de Gaulle, et intégré à l’Armée Rouge pour aller combattre sur le front germano-soviétique. Initialement appelé Normandie, Staline attribua à cette unité le nom de Niémen le 21 juillet 1944 pour sa glorieuse participation aux batailles du fleuve Niémen.

Les premiers pilotes arrivèrent en Russie en novembre 1942 alors que l’URSS était en position de vaincue ; 96 pilotes, tous volontaires, ont combattu sur le front de l’Est durant les années 1943 à 1945 et s’y sont illustrés en remportant 273 victoires aériennes, après avoir accompli 5.240 missions de guerre et engagé 869 combats aériens. 42 sont morts au combat.

Les avions de chasse russes Yak, en Russie. © Coll. Tulasne

Les russes ne l’oublieront jamais. Sur ce front, de 1942 à 1945, des millions de Soviétiques aidés par ce seul régiment de Français auront épuisé puis mis hors de combat les trois quarts de l’armée allemande. Normandie-Niemen est le régiment le plus titré de l’Armée de l’air française.

Des centenaires pour se souvenir

2017 et 2018 seront des années de commémorations, dans différentes villes et villages de France, du centenaire de la naissance de bon nombre de ces pilotes. S’ils avaient survécu, 25 d’entre-eux auraient eu 100 ans en 2017 ou 2018. Leurs noms : Albert, Béguin, Bourdieu, Casaneuve, Castelain, Castin, Denis, Durand, de Faletans, Fauroux, de Geoffre, Iribarne, Laurent, Le Bras, Lefèvre, Lemare, Lorillon, Manceau de Lafitte, Monge, de Pange, Penverne, Piquenot, de Saint-Phalle, Jean Sauvage et Roger Sauvage.

Ces commémorations seront des journées fortes pour rappeler la valeur de l’engagement de ces pilotes, tous volontaires, pour aller combattre sur le plus terrible front de la dernière guerre mondiale : le front germano-soviétique, et rappeler aussi leurs combats glorieux au péril de leur vie contre la barbarie nazie (42 sur 96 tombés au combat).

Le dernier survivant des pilotes français du Normandie-Niemen, depuis le décès de Jean Sauvage, était le breton Gaël Taburet, décédé cette année, et qui était aussi le dernier survivant de tous les pilotes, après le décès du russe Ivan Moltchanov qui avait combattu auprès des pilotes français. Taburet et Moltchanov avaient atteint 98 ans, Jean Sauvage 97 ans. Le décès de Taburet a été largement évoqué en France, sur le Web surtout, mais aussi en Russie, et notamment sur la chaine TV Svezda du ministère de la Défense russe.

75ème anniversaire du Normandie-Niémen

Après tant d’années, le souvenir des pages d’histoire glorieuse de ces pilotes est toujours vif en France, mais surtout en Russie. S’il y a un régiment d’aviation Normandie-Niémen en France, il y a un autre du même nom en Extrême-Orient russe.

Beaucoup de musées en Russie sont consacrés à cette escadrille. Nombre d’écoles secondaires dans plusieurs villes de Russie portent son nom. En 2006 un monument aux pilotes français et russes a été inauguré au Bourget. En 2007 un autre en leur mémoire a été érigé dans le quartier Lefortovo de Moscou.

Cette année ont eu lieu en France et en Russie les commémorations du 75è anniversaire de Normandie-Niemen. Depuis la dernière guerre, les pilotes du régiment de chasse Normandie-Niemen ont continué la parcours de leurs anciens, en étant engagés sur des théâtres d’opérations compliqués et en volant sur les meilleurs avions des différentes époques. Aujourd’hui doté de ce magnifique fleuron de la technologie française, le Rafale : avion de chasse multifonction aux performances stupéfiantes, leur régiment a notamment été engagé récemment au Sahel et au Levant.

Bibliographie

Nombreux sont les livres racontant l’histoire de ce régiment historique. Six pilotes : Feldzer, de Geoffre, de La Poype, de Pange, Roger Sauvage et Roger Penverne ont eu le récit de leur épopée publié. Pilotes du Normandie-Niemen d’après le journal de Roger Penverne dans l’Armée Rouge de René et Maryvonne Gaudart (ses neveu et nièce) est le dernier publié.

Le récit construit autour du journal du pilote relate les missions de guerre et la vie quotidienne des pilotes sur le front, avec celles-ci placées dans leur contexte historique et militaire. Mais c’est aussi un récit dans lequel tous les pilotes apparaissent, tant sur le front que dans leur parcours d’après guerre, pour ceux qui y sont revenus.

Roger Penverne a effectué plus de 60 missions de guerre, en protection de bombardiers, en tenue de secteur, en attaques au sol et en chasse libre (59 selon l’Armée de l’air française, 62 selon son journal, et 67 selon des sources russes récentes). En 2015, l’Armée de l’air française lui reconnaît 5 victoires aériennes (4 homologuées plus une probable), et selon des sources récentes russes, la Russie lui reconnait 5 victoires. En 2010 fut inauguré l’Espace Mémoire et Traditions « Sous-lieutenant Roger Penverne » à la base aérienne de Rochefort, et en 2015 ce pilote fut le parrain de la promotion 2014 des élèves sous-officiers de l’Armée de l’air.

René et Maryvonne Gaudart

9 commentaires

  • Bausmayer

    Emmanuel Brihaye n’est pas cité ici. Pourquoi ?

  • de Mannoury Charles

    J’ai eu l’occasion très récemment de rencontrer un pilote russe (Kazak maintenant) qui prétend être du Normandie Niemen, il s’appelle Vasily Zhouty et est toujours vivant. Je me tiens a votre disposition pour de plus amples informations si nécessaire.
    Cordialement

  • LOTSER68

    Une fois qu’on a dit ça…il se passe quoi?
    C’est à nous les plus jeunes meme spetuagénaires) de perpétuer le souvenir et d’instruire les jeunes… ce que je fais pendant les cours de BIA en aeroclub..et ils écoutent je peux vous le certifier..

  • Yves Donjon

    Merci à mes amis René et Maryvonne Gaudart (que je salue) pour ce rappel.
    Concernant l’effectif des pilotes du « Normandie-Niémen entre septembre 1942 et juin 1945, il est plus exact de donner comme chiffre 99 (plutôt que 96).
    Effectivement, il y a bien eu 96 pilotes de chasse, mais il ne faut pas oublier les 3 pilotes de liaison que furent Jean de Pange, Michel Schick et Paul Pistrack ; le rôle et le mérite de ces trois hommes est tout aussi important. De plus, Michel Schick aurait eu lui aussi 100 ans en 2018.
    Par ailleurs, dans la bibliographie, il faut également citer un autre pilote du « Neu-Neu » ayant rédigé ses mémoires : André Moynet, qui a publié « Pilote de combat » en 1955, aux Éditions de la pensée moderne.
    Je me permets aussi de préciser que je suis à l’origine des hommages rendus aux membres (pas uniquement pilotes) du « Neu-Neu » ; j’ai initié ce mouvement en 2011.

    Cordialement.

    Yves Donjon
    Administrateur-documentaliste du « Mémorial Normandie-Niémen »
    Auteur de l’ouvrage « Ceux de Normandie-Niémen »

  • François Henriot

    Pour compléter cet article sans polémique anti France actuelle, je me permets de signaler une plutôt belle commémoration, le mardi 21 novembre dernier à Rouen, avec importante participation de collégiens rouennais (collège Jean-Lecanuet) et d’écoliers de Dammarie-lès-Lys (ville marraine du Normandie-Niémen). Une initiative de Brigitte Brière (Fondation France Libre), avec diffusion d’un dossier de presse réalisé par votre serviteur sous la relecture d’Yves Donjon. Nous n’oublions pas…

  • Arès

    Si adulés en Russie, et si méconnus en France….Peut-être qu’étant chanteurs de variétés, ils auraient eu un monument à Paris..et le dernier d’entre eux les honneurs de la Nation, avec descente des Champs-Elysées et dernier adieu à la cathédrale Notre-Dame de la Madeleine.

    • P2V7

      Comment voulez vous qu’un pays qui occulte AUSTERLITZ se souvienne de gens moins glorieux que Napoléon (qui pour certains d’jeunes avait comme frère Buonaparte !)
      Les Russes entretiennent le souvenir de « la grande guerre patriotique », nous de Johnny !
      Y pas photo !

    • bouscaillou

      si ma memoire est bonne de la Poype décédé il n’ya pas très longtemps a eté honoré par f hollande ,non je me trompe ,ila du ne pas savoir qui c’etait et ne s’est pas dérangé il avait mieux a faire recevoir joe star ou autre zozo dans le vent ,pauvre pays ou est tu tombé

    • HUDON

      Ils sont effectivement beaucoup plus méritant qu’un chanteur de variétés!

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