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La Russie vendra-t-elle des chasseurs Sukhoi à la Turquie ?

Moscou se déclare disposée à négocier avec Ankara, pour la livraison de Sukhoi Su-35, et de Su-57, et pour une coopération sur le futur TF-X de Turkish Aerospace, annonce l'agence de presse russe Tass.

22.03.2021

La vente de Su-35 S en Turquie pourrait provoquer une nouvelle crise de confiance entre Ankara et les autres membres de l’OTAN. © Sukhoi

Valeria Reshetnikova, porte-parole du Service fédéral pour la coopération militaire et technique, a déclaré, via Tass, vendredi 12 mars, que « la partie turque a été informée des spécifications techniques des avions dans leur intégralité » et que si la demande est formalisée par Ankara, la Russie est disposée à entrer dans la phase concrète des négociations.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan avait manifesté son enthousiasme pour le Su-35 et le Su-57, à l’occasion d’une visite du salon aéronautique et spatial MAKS, de Moscou Zhukovsky, le 27 août 2019. Puis, à Dubai, en novembre 2019, Sergei Chemezov, président de Rostec, confirmait que la Russie était disposée à livrer de tels systèmes d’armes aux turcs, une offre que Mevlut Cavusoglu, ministre des affaires étrangères turc, s’est alors empressé d’accepter, le 11 décembre 2019, lors d’une déclaration faite à la presse turque. Le quotidien turc Daily Sabah prétendait que la discussion portait sur un hypothétique achat de 36 exemplaires du Su-35 pour les forces turques.

A l’heure qu’il est, un autre marché portant sur un mix de bombardiers tactiques Su-34 ( en bas à droite sur la photo ) et de Su-35 ( en haut à gauche ) est en cours de négociation avec l’Algérie. © Sukhoi

Un déficit capacitaire face aux futurs Rafale et F-35 grecs

Suite à la livraison de systèmes sol-air S-400 par la Russie, la Turquie a été évincée du programme F-35, le 18 juillet 2019, puis frappée par les sanctions CAATSA, le 14 décembre 2020. Le Pentagone considérait le S-400 comme un cheval de Troie russe au sein du dispositif militaire de l’OTAN ( dont la Turquie est membre ), capable de recueillir des données sensibles sur les contre-mesures et la RCS du F-35. La défense aérienne turque se trouve donc handicapée par un trou capacitaire causé par l’annulation des 100 F-35 qui auraient dû lui être livrés.

Le F-35, tête de Turc ou pas tête de Turc ?

Face aux futurs Rafale et probables F-35 grecs, le Türk Hava Kuvvetleri se trouve donc affaiblie, avec 270 F-16 C/D Block 50, et 120 F-4E Phantom II. Ne pouvant s’approvisionner en Europe, en raison de différents politiques majeurs, la proposition russe devient la seule issue logique à ce problème. Mobilisées pour l’assemblage de 76 Su-57 pour les VKS russes, les chaînes de Komsomolsk-sur-Amour pourraient honorer une livraison à l’export, dans quelques années seulement. Une dotation de Su-35 S pourrait dans l’intervalle, remplacer les F-4E âgés, et aussi une partie des F-16 dont la maintenance – et la disponibilité – sont menacées par les sanctions CAATSA.

 

Une maquette du Turkish Aerospace Industries (TAI) TF-X présentée au salon Eurasia 2018, à Antalya. © François Brévot / Aerobuzz.fr

Des avions de combat co-produits entre la Russie et la Turquie ?

Depuis deux ans, une hypothétique coopération industrielle entre Turkish Aerospace (TAI) et Rostec a été régulièrement évoquée pour la co-production de Su-35 S, et de Su-57 , mais Valeria Reshetnikova s’est montrée plus explicite, en envisageant une coopération russe au développement du chasseur turc TF-X de 5e génération, même si, dit-elle, Ankara n’en a pas encore formalisé sa demande. La partie russe pourrait fournir le moteur, suite au retrait de Rolls Royce. Doté d’une antenne active AESA, le TF-X serait d’architecture furtive, de classe Mach 2, et monterait à 55.000 pieds, pour un rayon d’action de 600 km. 

François Brévot

Avions de combat : le conflit des générations

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A propos de François Brevot

chez Aerobuzz.fr
François Brévot est un reporter globe-trotter, chroniqueur, et photographe, passionné d’histoire contemporaine, aéronautique et spatiale, et de géopolitique. Il écrit en particulier, sur l’aviation militaire moderne ou ancienne, française ou internationale, et de nombreux récits de voyages sur des destinations et musées à caractère aéronautique. Spécialisé sur les nouvelles puissances aériennes, il visite très régulièrement les salons aéronautiques émergents du nouveau Siècle, que ce soit en Russie, en Chine, en Asie, en Turquie, et se passionne pour les nations d’Europe centrale.

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