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MIG revient en Inde avec le nouveau MIG-35
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L’avionneur russe MIG, en mal de commandes export, a revu sa copie, après avoir essuyé un premier échec en Inde en 2011 face au Rafale plus performant. Il tente une nouvelle fois d’imposer l’ultime dérivé du MIG-29 auprès d’un de ses plus fidèles clients lors du salon Aero India 2019 qui se tient à Bangalore. Le nouveau MIG-35 bénéficiant des avancées du MIG-29K, revient avec un système d’arme plus mature et une offre commerciale plus attractive.

22.02.2019

MIG propose à l'Inde le MIG-35 avec un radar à antenne active qui pourrait être produit localement pour un prix inférieur de 20% à celui de ses concurrents. © MIG

Le MIG-35 (Fulcrum F pour l’OTAN)  se veut un appareil polyvalent de génération 4++, capable d’effectuer des missions de supériorité aérienne et des frappes air-sol avec des armements guidés et non guidés. Les améliorations du MIG-35 par rapport au MIG-29 qu’il veut remplacer sont nombreuses. La principale étant sans doute la fiabilité et la durée de vie, gros point faible en général des productions russes par rapport à leurs homologues occidentaux.

L’Inde connait bien le MIG-29 puisque ses forces aériennes sont dotées de MIG-29UPG tandis que la marine met en œuvre le MIG-29K. © MIG

MIG pense aussi MCO

Ainsi la durée de vie estimée du nouveau MIG-35 est de 6.000 heures ou 40 ans contre 2.500 heures seulement pour le vieux MIG-29. L’avion est désormais pensé pour être remis en état rapidement ; selon MIG, tous les éléments principaux du MIG-35 sont modulaires et faciles à changer. Le constructeur russe annonce que l’échange d’un moteur ne prend plus que 58 minutes contre plusieurs heures auparavant. Le rythme des grandes révisions passe à 10 ans et MIG propose désormais d’installer chez ses clients des centres de maintenance pour augmenter la disponibilité des appareils.

La structure renforcée de l’avion lui permet d’emporter plus de carburant ou de se poser à une masse supérieure par rapport à son prédécesseur. Il peut emporter jusqu’à 4 réservoirs de carburant supplémentaires sous voilure et il peut même servir de ravitailleur volant pour un autre appareil, c’est la fameuse mission « Nounou » bien connue des pilotes de Super Etendard et Rafale.  Et si cela ne suffit pas MIG propose d’installer sur le MIG-35 un réservoir additionnel derrière le pilote.

Une motorisation optimisée

Les ingénieurs russes affirment avoir réduit la signature radar du MIG-35, surtout au niveau du nez et des entrées d’air, tandis que ses deux moteurs Klimov RD33 MK qui fournissent une poussée de de 88,3Kn ne fument plus et voient leur poussée et leur fiabilité progresser.

Ces moteurs sont notamment optimisés pour être moins sensibles lors des tirs de munitions. Toujours par souci de fiabilité, les principaux éléments de l’avion tels que le calculateur central, les commandes de vol et les systèmes de navigation et de communication sont redondés.

Le MIG-35 bénéficie des recherches menées sur le MIG-29K. © MIG

Radar à antenne active « Jouk AE » de Phazotron

Mais la véritable nouveauté se situe au niveau du système d’arme construit autour d’une nouvelle architecture. Son principal élément se situe dans le nez, il s’agit du radar à antenne active « Jouk AE » de Phazotron. Une technologie en service sur les Rafale, F22, F35, et F15 notamment.

Sa portée serait voisine de 160 km sur des cibles aériennes. Il pourrait suivre jusqu’à 6 cibles aériennes et 4 cibles au sol en même temps. Sa fiabilité et ses  performances seraient largement supérieures à celles des radars « Jouk » à antenne mécanique installés sur les générations précédentes. Ce radar est complété par une nouvelle suite optronique dont les capteurs sont situés sur le nez et sous l’appareil pour engager des cibles aériennes, telles que les avions furtifs, mais aussi des objectifs terrestres ou en mer sans allumer le radar.

Le système de guerre électronique embarqué a été complètement repensé. Il permet de détecter des menaces à guidage radar et laser notamment, de les identifier, les localiser et ainsi de les éviter ou de les engager avec des munitions appropriées telles que les missiles KH31.  L’appareil est capable d’utiliser toute la panoplie des munitions air-air et air-sol russes.

Un avion sur-mesure pour l’Inde

Au niveau commercial, MIG estime que son avion a tout pour s’imposer par rapport à ses concurrents en Inde. En cas de commande, un premier lot d’appareils pourrait être livré directement par la Russie tandis que les lots suivants seraient produits localement sous licence.

Pour l’avionneur russe qui a perdu beaucoup de parts de marché ces dernières années face à ses rivaux, une commande indienne serait une véritable bulle d’oxygène pour assurer l’avenir de ses moyens de production et d’étude. Une bulle d’oxygène qui permettrait de financer les nouveaux projets tels que le remplaçant du MIG 31 par un avion de cinquième génération furtif et rapide et la mise au point d’un drone d’attaque furtif.

MIG qui a toujours compté sur l’Inde pour acheter ses produits tels que le MIG-21, MIG-27 et MIG-29 saura-t-il cette fois s’imposer ? La partie s’annonce difficile. Le Rafale français a su s’imposer grâce à ses performances opérationnelles et sa polyvalence face à aux meilleures productions mondiales en 2011. Les russes doivent également faire avec la concurrence américaine qui a décidé de redoubler d’efforts pour s’imposer à tout prix sur ce marché prometteur.

Aerobuzz.fr

Le MiG-35 fait son entrée dans l’armée russe.

 

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4 commentaires

  • auteur

    Le succès du Rafale fut une bonne leçon. MIG a bien compris que ses avions devaient désormais être non seulement vraiment polyvalents, pour des missions air sol air surface et air-air. Il a compris aussi que Le service, c’est à dire les moyens de training et le soutien logistique sont également la clé pour obtenir de nouveaux contrats.
    Sur le papier le MIG-35 a tout pour plaire, en tout cas il n’a pas à rougir face à in F-16, mais cela suffira t il à convaincre les Indiens de reprendre du MIG?
    In élément à prendre en compte est le retour d’expérience des MIG-29K de la marine indienne, in appareil très proche du MIG-35 en termes de technologie.

  • Xav520

    Certes moins cher, mais pour quoi faire ?
    Lors du conflit du Kargil en 1999, seul le Mirage 2000 avait une disponibilité de près de 100%, très loin devant MiG et Sukkhoï.
    Grâce à son aile delta, de plus, il était le seul à pouvoir larguer des BGL sur les positions d’artillerie pakistanaises sises à plus de 7000m d’altitude.
    Après une force aérienne a besoin de tout.
    Chasseur de supériorité aérienne, ou guidage de raid ?

  • franck Lagaroje

    C »est toujours le problème en matière d’armement, faut il avoir le plus sophistiqué et donc le plus cher au risque d’en limiter le nombre ou en avoir un plus grand nombre pour la même somme globale.
    Au bout du compte un avion même le meilleur s’il est victime d’une attaque fructueuse et abattu voir d’une vulgaire panne manquera dans les affectifs. S’il y en à 10 d’un côté et 20 de l’autre qui a l’avantage pour le même prix????

  • Yvan

    C’est bien une des dernières chances pour Mig de sauver ses capacités de production en fourguant ce dérivé, modernisé en profondeur, de son célèbre chasseur. Pour des forces aériennes qui ne peuvent s’offrir des jets occidentaux très sophistiqués et coûteux comme le rafale ou le F-35, le Mig-35 est une altenative plutôt intéressante. Bien que n’étant pas équippé d’équipements aussi performants que ses concurrents, il a un argument de poids : son prix! Mig vise avec cet appareil le segment lowcost.

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