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S’engager comme Cadets de l’air de l’Armée de l’Air

Chaque année, l'Armée de l'Air propose à une cinquantaine de jeunes, âgés de 16 à 30 ans, qui préparent leur brevet de pilote civil en aéroclub sur avion ou planeur, de découvrir l'environnement aéronautique militaire en réelle immersion sur une base aérienne en devenant Cadets de l'air. Le parcours, qui se déroule pendant les vacances scolaires, permet d'obtenir le diplôme de « Cadets de l'air » et de servir en tant que réserviste au sein d'unités aéronautiques : escadrons ou autres. Au programme, apprentissage de la vie militaire et se son aéronautique. Jean-François Bourgain, le cadet de la réaction d'Aerobuzz.fr, a suivi ce cursus…

7.11.2017

Jean-François Bourgain, jeune pilote privé d'avion, est devenu Cadets de l'Air après avoir obtenu son BIA. Il raconte son parcours et son intégration au CIET 340, le Centre d'Instruction des Equipages de Transport. © Frédéric Lert / Aerobuzz.fr

Au delà de l’enjeu de recrutement évident, à savoir plus de 3;000 postes à pourvoir chaque année, l’armée de l’air mène de nombreuses actions au profit des jeunes pour les accompagner dans un moment de leur scolarité, de leur parcours de citoyen : service civique, Journées Défense et Citoyenneté (JDC), stages… ou dans leur passion pour l’aéronautique. C’est dans ce dernier cadre que sont nées les partenariats BIA (Brevet d’initiation aéronautique) et le cursus Cadets de l’air.

Les Cadets de l’air : une formation de réserviste atypique

Le cursus des cadets s’inscrit dans une démarche d’engagement des jeunes dans la réserve opérationnelle de l’armée de l’air, qui constitue un complément indispensable à l’armée professionnelle suite à la baisse des effectifs des militaires d’active. Ainsi, à leur passion pour l’aéronautique, doit s’ajouter un réel désir de servir l’institution militaire et ses valeurs. Au final, les jeunes sont rémunérés pour leur engagement de réserviste, rémunération variant en fonction de leur grade : compter 43 euros par journée pour un Aviateur 2nd classe (militaire du rang).

Les fédérations aéronautiques dans la boucle

Cet argent, gagné pendant leur travail sous les drapeaux, leur permet de financer un brevet de pilote d’avion ou de planeur. En effet, le parcours « Cadets de l’air » au sein de l’Armée de l’Air s’effectue en parallèle du parcours aéronautique au sein d’un aéro-club, comme nous le confirme la Lieutenant Audrey Gregoire, officier Presse du département Médias de l’Armée de l’Air : « Chaque campagne annuelle de recrutement de « Cadets de l’air », initiée par l’Armée de l’Air, est lancée en étroite coordination avec les fédérations aéronautiques partenaires, à savoir la Fédération Française Aéronautique (FFA) et la Fédération Française de Vol à Voile (FFVV). Ce sont elles qui envoient les dossiers de candidatures aux aéroclubs et qui, ensuite, sélectionnent les candidats avant de les adresser à l’armée de l’air pour la première étape de leur formation ».

Un planeur Marianne en vol au-dessus de la Saintonge. © Armée de l’air

Ainsi, le faible volume de cadets retenus pour ce parcours, soit une cinquantaine à l’échelle nationale, tient au fait que l’armée cherche à accueillir dans les meilleures conditions, au sein des unités, ces jeunes particulièrement engagés dans leur passion pour l’aéronautique. Chaque futur Cadet est rattaché à une base d’affectation sur laquelle il effectuera ses missions.

Vivre sa passion aéronautique autrement

Servir dans la réserve opérationnelle en qualité de cadet de l’air permet de concilier à la fois l’attachement aux valeurs portées par l’armée de l’air (respect, intégrité, sens du service et excellence) ainsi qu’une passion pour l’aéronautique. Celle-ci est accessible aux jeunes qui auront fait preuve de bonnes qualités de savoir faire et de savoir être, ainsi que de motivation pendant leur parcours de formation militaire.

Au plus proche des opérations aériennes, les Cadets vivront plusieurs semaines inoubliables en tant que réserviste. © Armée de l’air

S’ils réussissent, ils pourront vivre pendant plusieurs semaines dans le cœur d’un escadron ou d’une unité proche des opérations aériennes. Parfois, l’occasion de voler à bord d’appareils de l’Armée de l’Air ou s’exercer au simulateur leur sera donnée.

Une formation entre instruction et découverte de l’aéronautique militaire

Avant d’obtenir le précieux sésame qui leur permettra de remplir leurs fonctions au sein d’unités aéronautiques, les cadets suivront une formation d’instruction militaire rigoureuse, comme toute personne voulant s’engager dans la réserve opérationnelle des armées. Une instruction militaire qui se divise en plusieurs phases : PMI (Période Militaire d’Initiation), PDN (Perfectionnement Défense Nationale) et FMIR (Formation Militaire Initiale du Réserviste). Ces étapes s’effectuent pendant les vacances scolaires, en fonction des plannings établis par les bases aériennes, et doivent de faire de préférence sur une même année.

PMI, PDN…

La Période Militaire d’Initiation (PMI) se déroule en régime d’internat lors d’un stage de 7 jours consécutifs sur une base aérienne. Portant l’uniforme et vivant au rythme de la base, les Cadets suivent un programme varié : initiation à la vie militaire, séances de sport, courses d’orientation, divers cours en salle de classe en fonction des programmes (armement, topographie, la transmission radio, organisation de l’armée de l’air et ses missions…) La période d’initiation est sanctionnée par la délivrance d’un brevet d’attestation avec l’annotation « Cadets de l’air », qui différencie le Cadets des autres futurs réservistes.

La période de Perfectionnement Défense Nationale (PDN) se déroule toujours en régime d’internat lors d’un stage de 5 jours consécutifs sur la même base aérienne. Le stage est ouvert aux volontaires ayant satisfait au stage de la PMI. Son contenu est réparti en modules de formation axés sur l’organisation interarmées, le savoir-faire militaire (cours de tir au FAMAS), les missions de sécurité et de protection (cours de secourisme, NRBC, Cyber Sécurité) et les actes élémentaires du combattant (apprentissage des bases du TIOR). L’objectif étant d’approfondir les choses vues en PMI et d’en apprendre d’autres.

… FMIR

Les brevets PMI-PDN « Cadets de l’air » permettent de poursuivre le parcours en souscrivant un engagement à servir dans la réserve au sein d’une unité aéronautique durant 20 jours par le biais de la FMIR.

Avec une solde de 800 euros (variant en fonction du nombre de jours réalisés) gagnée lors de la FMIR après la signature d’un contrat de réserviste, le Cadet de l’air pourra continuer le financement de son brevet de pilote planeur ou avion. © Armée de l’Air

La Formation Militaire Initiale du Réserviste (FMIR) est accessible aux meilleurs des PMI-PDN, en fonction du nombre de places disponibles. D’une durée de 20 jours minimum, cette formation militaire est complémentaire à celle dispensée durant les PMI-PDN suivie d’une période au sein d’une unité. Elle est sanctionnée par la délivrance d’un certificat d’aptitude à l’emploi du réserviste (CAER). Lors de cette phase, les futurs Cadets approfondissent les modules de formation militaire et découvrent la vie professionnelle dans l’armée de l’air au sein d’une unité aéronautique. Ils sont également parrainés par un militaire de l’unité d’accueil qui facilite l’intégration. A l’issue, le réserviste « Cadets de l’air » pourra se voir proposer un second séjour en unité aéronautique, sous réserve de bons résultats sur sa fiche de notation.

Le cursus Cadets de l’air pour renforcer le lien Jeunesse/Armée de l’Air

Les aviateurs de l’Armée de l’Air sont très engagés en faveur de la jeunesse. Le Plan Air Jeunesse constitue le document fédérateur qui anime la mise en œuvre de trois grands thèmes annuels : le thème de la Journée Défense Citoyenneté (211 000 jeunes formés), celui du Plan Egalité des Chances (5 000 jeunes) et enfin celui qui concourt au lien Armée de l’air/Nation (40 000 jeunes). Le cursus Cadets de l’air fait partie de ce dernier thème.

En 2012, le chef d’état-major de l’Armée de l’Air a souhaité la création d’un dispositif garantissant une proximité inédite entre des jeunes passionnés d’aéronautique et les unités navigantes de l’Armée de l’air. Depuis 2015, le nombre de jeunes s’engageant dans la réserve opérationnelle est en constante augmentation. En 2017, 950 jeunes se sont ainsi engagés ; ce chiffre sera reconduit pour l’année 2018. Le besoin en réservistes de l’Armée de l’Air est lié aux types de missions opérationnelles réalisées par les unités navigantes. Chaque année, ce sont 50 postes qui sont réservés à des Cadets de l’air au sein de ces unités.

L’enjeu est d’autant plus grand que nombre de ces Cadets de l’air, pour la plupart très motivés, pourront, à l’issue, souscrire un contrat durable au titre de l’armée d’active en qualité d’officier, de sous officier ou de Militaire Technicien de l’Air (MTA). Nicolas Jacquet, 17 ans, qui a effectué une PMIPDN en 2017 sur la Base 123 de Orléans Bricy raconte : « Le meilleur moyen de savoir si l’armée nous correspond est de faire une PMI-PDN ! Cela a boosté ma motivation pour dans le futur devenir pilote de chasse. »

Jean-François Bourgain

 

Retour d’expérience

Jean-François Bourgain a vécu l’expérience des Cadets de l’air de l’Armée de l’Air, durant les dernières grandes vacances scolaires, sur la Base 123 d’Orléans Bricy. Il témoigne…

« Ayant le BIA et étant également pilote en aéroclub depuis quelques années, je souhaitais avoir un premier contact avec l’Armée de l’Air pour découvrir son organisation et ses métiers. Le début de cette fabuleuse expérience des Cadets a débuté par quelques recherches sur Ie Web et une conversation avec mon président de club. Durant notre échange au début de l’année 2017, il me parle d’un partenariat entre la FFA et l’Armée de l’air. Je réponds aux critères demandés, de plus je suis fortement intéressé par le monde militaire. Lui disant que je suis très intéressé, il m’envoie les liens avec les documents et les programmes.

Après quelques coups de fils et quelques mails envoyés, je reçois les documents d’inscription PMI-PDN-FMIR. Je choisis, parmi le calendrier des bases, celle d’Orléans : les périodes se déroulant pendant les grandes vacances. Par conviction aussi car je sais que cette base réalise majoritairement du transport et que le A400M s’y trouve. Arrivé en train à la gare de Fleury les Aubrais, un bus militaire nous y attend et notre Lieutenant, responsable de la formation, aussi. J’effectue donc pendant plusieurs semaines mon apprentissage militaire avec des cours théoriques et pratiques, ainsi que du sport.

Le cursus Cadets de l’air vise à faire découvrir l’Armée de l’Air, et plus largement, à intéresser les jeunes aux métiers de l’aéronautique militaire. © Frédéric Lert/Aerobuzz

Suite à la réussite de cette première formation, j’ai pu accéder à la FMIR, à l’issue de laquelle ma promotion est « présentée au drapeau ». Grande émotion lorsque le Commandant de base nous remet l’insigne de la BA123 ! Ce fut certainement, pour moi, l’un des moments les plus marquants car on se sent vraiment entrer dans la vie militaire : Droit et sans bouger, au garde à vous pour symboliser la rigueur face aux autorités ainsi que chantant haut et fier la Marseillaise, pour montrer que nous sommes fiers d’être français et fiers de servir ce pays.

Peu de temps après, nous connaissons nos affectations, imposées en fonction de ce que l’on a « donné » pendant la formation. Avec une immense joie, je suis intégré au sein de l’unité CIET 340 : Centre d’Instruction des Equipages de Transport. L’unité qui délivre les QT sur l’ATLAS. Mon intégration, par un Capitaine Pilote de Falcon, se réalise merveilleusement bien. Je côtoie des Pilotes à longueur de journée, des moniteurs simulateurs de vol qui me font « essayer » le simulateur A400…le rêve ! Et d’autres nombreux militaires qui tirent l’admiration vers le haut.

Ce programme m’aura permis d’approcher l’Armée de l’Air, et plus généralement le milieu militaire de très près. Je conseille vivement ce dispositif à tous ceux qui veulent découvrir les opérations aériennes de l’AA, en immersion. Dans le monde de l’Armée de l’Air, ce programme permet de découvrir les différentes spécialités et les différentes voies pour y arriver. L’accès privilégié que nous avons sur la base nous permet de poser toutes les questions nécessaires aux personnels déjà qualifiés, et nous pouvons donc profiter de leurs expériences. Et enfin merci à tous ceux qui ont rendu ce programme possible ! »

Jean-François Bourgain

 

 

Pour plus d’informations sur le cursus Cadets de l’Air

A propos de Jean-François Bourgain

chez Aerobuzz.fr
Détenteur du Brevet d'Initiation Aéronautique (BIA) et Pilote Privé avion, Jean-François BOURGAIN est Journaliste Indépendant et Rédacteur spécialisé en aéronautique. Il collabore régulièrement, entre autres, à AéroBuzz.fr depuis 2016. Sa connaissance du milieu de l'aérien lui permet d'offrir aux institutions, entreprises et associations aéronautiques un vrai panel de services autour de la communication. Site Internet : https://jean-francois-bourgain-69.webself.net/

6 commentaires

  • Stormy

    …. comme nous le confirme « la » Lieutenant Audrey …..
    Arrêtez, par pitié, ça écorche les oreilles, le politiquement correct à la longue !
    Ou alors quand moi je monte la garde sur le merlon la nuit, vous serez bien gentil de m’appeler « le » sentinelle ….

  • JN Violette

    D’accord avec Alex pour ce distingo pas très facile à faire.
    Mais la confusion potentielle ne s’arrête pas là.
    Quel dommage ce glissement sémantique de « Cadets de l’Armée de l’Air » à « Cadets de l’air ». Les cadets de l’air existent depuis 1949 et la particularité française est qu’ils sont civils, contrairement à d’autres pays où les organismes qui les encadrent et en assurent les échanges sont militaires ou para-militaires.
    J’ai cru au départ à une erreur de l’auteur de l’article, car on trouve à la base des références à la première appellation, « cadets de l’armée de l’Air », mais on trouve effectivement dans les documents du SIRPA des prospectus pour des « cadets de l’air ». N’y avait-il pas plus d’imagination marketing au niveau de notre armée pour trouver une appellation qui ne prête pas à confusion ?

    http://iacea.fr/

    • Jean-Michel RENAUDIN

      effectivement en 1962 j’ai été Cadet de l’air;
      qui a consisté en un voyage en Israel et une tes belle réception des aviateurs Israeliens

  • Alex

    Merci pour cet article complet et très intéressant pour qui souhaite intégrer la réserve opérationnelle.
    Néanmoins, je n’ai pas bien compris quelle est la réelle différence en termes de formation entre un réserviste de l’air « classique » et un « cadet de l’air » ? (le cursus PMI-PDN-FMIR étant commun aux deux)

    Nota : pour accéder au site du CERPA en bas de page il faut rajouter ‘www’ sinon cela ne fonctionne pas :
    http://www.cerpa.air.defense.gouv.fr

    • Jean-François Bourgain

      Bonjour Monsieur,

      La formation des futurs Cadets de l’air est commune à celle que suivent les réservistes de l’air « Classiques ». La grande spécificité du cursus s’exprime lors de la FMIR où les réservistes ayant le statut « Cadets de l’air » font leur intégration en unité au sein d’une unité proche des opérations aériennes. Au contraire, les réservistes classiques peuvent être envoyés dans n’importe quelle unité n’ayant pas forcément un rapport significatif avec l’aéronautique de l’AA : filtrage entrée base, renfort EP, service habillement, service restauration etc…

      En espérant avoir répondu à votre question, je vous souhaite une bonne journée.

      • Alex

        C’est très clair comme réponse, je te remercie.
        Pour ma part, moi qui compte postuler comme réserviste dans l’AA (à 30 ans), je suis tout comme toi pilote privé et intéressé par l’aéronautique (militaire) avant tout. J’espère donc qu’il est possible, même sans être intégré à la filière « cadet de l’air » d’être plus proche des mécanos/pilotes/contrôleurs que de la plonge ou du repassage des chemises 🙂

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