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Très cher F-22 Raptor !

Le F22 Raptor est l’avion de combat de tous les superlatifs. Le plus agile, le plus furtif, le plus perfectionné… Tellement performant qu’il relègue tous ses contemporains, au mieux, au rang de faire valoir, au pire, de cibles ! Mais il est aussi le chasseur le plus… cher de l’histoire de l’aéronautique.

25.01.2012

Selon le point de vue où l’on se place, le F22 a déjà couté au contribuable américain, entre 150 et 400 M$ pièce. Et ce n’est pas fini. Les 170 F-22 Raptor en service au sein de l’USAF vont subir un programme de remise à niveau dont le coût est estimé à 7,4 milliards de dollars. Une manne que se partageront Lockheed Martin, Boeing et Northrop Grumman ainsi que leur cohorte de sous traitants. L’enjeu de ces travaux ? « Top secret » répondent les militaires à l’unisson des industriels. Mais il y a fort à parier, qu’il va falloir adjoindre au F22 de nouvelles capacités militaires tout en corrigeant une partie des maladies de jeunesse qui le clouent régulièrement au sol tels que les revêtements absorbants les ondes radar, et le système d’alimentation en oxygène des pilotes (cf article précédent de Frederic Lert). Et le Pentagone d’expliquer que cette remise à niveau, fruit d’une approche incrémentale ne sera pas la dernière.

Il faut en effet améliorer ses modes air/sol, certaines fonctions et composants du radar, sans oublier l’amélioration de son interopérabilité avec les autres systèmes militaires US. Pour bien comprendre, cette situation, il faut se pencher à nouveau sur l’origine du programme Raptor, au début des années 90.

A l’époque, les militaires voulaient le chasseur parfait pour dominer, pendant plusieurs décades, tout appareil militaire d’où qu’il vienne. Il devait pour cela aller plus vite, plus haut plus loin que les autres, sans être détecté. Il devait, en outre, être plus maniable en combat rapproché que les redoutables Sukhoi27 et autres MIG29 déployés par la Russie et ses alliés. Par souci de recherche de la perfection en combat aérien, les militaires américains ont conçu l’avion de façon exclusive, selon l’adage qui avait prévalu pour le F15 : « not a pound for air to ground » (« Pas un centime pour les fonctions air-sol »).

A cet égard, les américains, avec Lockheed Martin, ont répondu présents et de belle manière.
Dès sa sortie, l’appareil affiche vingt ans d’avance sur ses contemporains, il surclasse largement les meilleurs avions américains du moment (F15, F18, F16) dans des engagements simulés à longue et courte distance. Il est devenu en quelques mois la bête noire des russes et des chinois qui, redoutant de perdre toute crédibilité en matière de défense aérienne, accélèrent la mise au point de leurs T50 et autres J20… La clé d’une supériorité aussi écrasante ? L’innovation !

Avec un radar à antenne active aux émissions , des moteurs surpuissants dotés de tuyères à poussée vectorielle, des technologies furtives dernier cri, un système de guerre électronique capable d’identifier toutes les menaces à très grande distance tout autour de l’avion , des missiles air/air courte et moyenne portée en soute, la capacité de super croisière supersonique, et un système d’arme dont la puissance de calcul relègue les ordinateurs de météo France au rang de calculatrice de poche. Cette liste à la Prévert est loin d’être exhaustive

Le secret du F22 réside dans son architecture interne basée sur un système fortement intégré dans lequel tous les éléments de l’avion sont conçus pour fonctionner ensemble dès le départ via des bus de données redondants. Les redoutables systèmes de l’avion ainsi fédérés , utilisent les ressources de plusieurs calculateurs dotés de processeurs des années 90-2000 capables de fusionner les données des capteurs de l’avion et de se reconfigurer en temps réel en cas de problème. Pour faire fonctionner le tout, un logiciel ambitieux, celui du F22 rédigé en grande partie en ADA fait plusieurs millions de lignes de code, c’est le plus complexe jamais installé sur un avion.

Un projet aussi complexe ne pouvait qu’accumuler les retards et les surcouts. Comble de malchance, la donne géopolitique a changé avec la fin du bloc soviétique. Les concurrent du F22 Raptor ne seront déployés et opérationnels qu’en 2020 au mieux. Du coup la volonté de toucher les dividendes de la paix de la part des américains entraine une inquisition sur tous les programmes devenus obsolètes car trop spécialisés…

Progressivement les militaires qui espéraient aligner au départ, aux alentours de 400 F22 pour remplacer les F15 vieillissants, ont du se résoudre à en aligner 170 en première ligne. Or, pour un industriel de la taille de Lockheed qui boucle l’assemblage de son 4.400ème F16, 170 appareils représentent à peine une présérie, autant dire des prototypes… Qui plus est, ces appareils tellement sophistiqués qu’ils en sont inexportables, sont perclus de maladies de jeunesse qu’il faut sans cesse soigner. Pour parachever le tout, le Congrès exige pour maintenir le F22 dans l’arsenal américain que de nouvelles fonctionnalités lui soient ajoutées.

L’avion devra désormais être capable de faire des frappes air/sol, de s’immiscer derrière les lignes ennemies afin de faire du renseignement et du brouillage, mieux, il devra enfin devenir communiquant pour opérer dans le cadre d’une approche de combat en réseau. Le problème réside dans le fait que, si le système d’arme fortement intégré du F22 fait des merveilles lorsqu’il est au point, il est en revanche très difficile à modifier ou à moderniser.

C’est pourtant cette approche de rafistolage permanent qui sera choisie. Elle coute une vraie fortune au Pentagone qui se demande ouvertement si il ne serait pas plus facile de refaire une nouvelle architecture informatique de l’avion plus ouverte et donc mieux à même d’évoluer au fil du temps et des impératifs des militaires. Une pilule qu’il sera difficile à faire avaler à une administration Obama qui fait de la lutte contre les déficits son cheval de bataille.

La Rédaction

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A propos de Martin R.

chez Aerobuzz.fr
Martin R. est le développeur et webmaster d’Aerobuzz depuis sa création en 2009. Développeur de formation, il a fait ses classes chez France Telecom. Il lui arrive d’oublier ses codes le temps de rédiger un article sur un nouveau produit multimedia ou sur un jeu.

4 commentaires

  • Jean Sébastien

    Très cher F-22 Raptor !
    Un avion qui ne sert à pas grand aujourd’hui vu l’état actuelle des flottes adverse… oui mes dans la décennie à venir, les chinois et les russes alignerons des avions capable de rivaliser, donc oui messieurs les Américain, c’est l’avion qu’il vous faut !

  • iker

    Très cher F-22 Raptor !
    plusieurs décennies d’avance donc !

  • Lavidurev

    Très cher F-22 Raptor !
    J’imagine que ceux qui ont volés dessus on une petite idée de la « bête ».

  • Zip

    Très cher F-22 Raptor !
    Il faut rappeler que l’avion est, sur le papier, très bon, mais à vrai dire, personne ne sait s’il est si bon, c’est comme le F-35…
    En revanche, il n’a encore jamais participé à un conflit, ce qui fait que les journaux américains ricanent en se demandant si c’est bien l’avion qu’il fallait… et s’il est bien à la hauteur de se qui était prévu.

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