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Déconfinons les aérodromes

Mieux qu’un argument. Une évidence. Jusqu’à présent, il faut bien le reconnaître, la nécessité de conserver « le maillage aéroportuaire » déclinée, depuis des années et sur tous les tons, par les défenseurs des aérodromes menacés de fermeture n’a convaincu personne. Pas assez concret, trop technocratique. Si des sites en danger ont été sauvés in extremis, c’est pour d’autres raisons.

Là où les usagers ont échoué à illustrer l’intérêt, pour le pays, à préserver sa densité aéroportuaire, le Covid-19 met tout le monde d’accord. Le virus redouté apporte la preuve tangible que ces petites pistes d’un autre temps sont un bien commun. Une démonstration faite en ramenant le débat au niveau du tarmac.

Le transfert par avion et hélicoptère de malades sous respirateurs artificiels, mais aussi le transport de soignants orchestré par Aviation Sans Frontières, ont projeté dans l’actualité, des aéroports secondaires et des aérodromes de proximité dont le grand public ignorait tout, jusqu’à leur existence. Et le plus étonnant dans cette affaire, c’est qu’aucun téléspectateur ne s’étonne qu’il se trouve toujours un terrain d’aviation près d’un hôpital pour organiser une évacuation sanitaire. Comme si cela allait de soi.

Quand la pandémie aura reflué et que la vie quotidienne aura repris le dessus, il faudra s’en souvenir. Et si des élus locaux ont à nouveau des velléités de fermer leur aérodrome au motif qu’il coûte à la communauté, les usagers devront leur rappeler qu’il y a peu, leurs administrés ont été soulagés que des aérodromes n’aient pas été transformés en lotissements ou en zones industrielles. Mais le plus important, me semble-t-il, est de prendre les devants pour ne plus se retrouver dans cette extrémité délétère du rapport de force. Il faut rebondir avant.

Le cataclysme sociétal que nous vivons en ce moment est en train de faire bouger les lignes. Une occasion comme celle-ci ne se représentera pas deux fois, alors saisissons-la pour se poser la question du partage. Faisons tomber les barrières au sens propre comme au sens figuré. Sortons nos aérodromes du confinement dans lequel ils se complaisent depuis des décennies.

Un aérodrome, aussi petit soit-il, est un bien précieux, non seulement parce qu’un jour il peut servir à une évacuation sanitaire, mais aussi parce que plus sûrement, le plus modeste des aéro-clubs ou centre de vol à voile qui y est basé, peut donner naissance à des vocations de pilotes professionnels et à des carrières de techniciens ou d’ingénieurs aéronautiques. Autant d’arguments usés qui pourraient retrouver un sens dans une société qui aura besoin de nouveaux repères. Mais un aérodrome, ne peut plus être seulement cela.

L’association Aéro Biodiversité a entrepris de révéler la richesse de la faune et de la flore que constituent les enceintes aéroportuaires. Avant le Covid-19, les gestionnaires utilisaient plus ou moins adroitement cet argument qui leur était servi sur un plateau. Déjà à l’époque, le green washing ne trompait plus personne… Il n’en demeure pas moins, que la biodiversité est une réalité objective qui peut amener le public à voir les aérodromes sous un autre jour. C’est un début.

Il n’est pas incongru non plus de rechercher des pistes de développement économique hors de l’aéronautique. Certains gestionnaires privés s’en font une spécialité. Ils bousculent, avec plus ou moins de tact, les habitudes des usagers, mais ils offrent un avenir en ouvrant de nouvelles perspectives. Pensons aussi circuits courts…

Entre le social, l’écologie et l’économie, c’est une nouvelle approche qu’il faut sans doute imaginer, en commençant par oublier les arguments éculés qui ne fonctionnent plus.

Après l’épisode Covid- 19, le ministère de la santé devra réfléchir à deux fois, avant de fermer un hôpital périphérique, au prétexte qu’il n’est pas rentable et qu’il n’offre pas la sécurité d’un hôpital central. Redéfinir son rôle. Ne plus lui reprocher de ne pas être un CHU miniature. En faire une tête de pont sanitaire pour les populations locales. Il y a une articulation à trouver en jouant la complémentarité.

Les pouvoirs publics doivent accepter que l’intérêt général échappe à la logique financière. C’est pareil pour les aérodromes, à une nuance près.

Après une parenthèse silencieuse de plusieurs semaines, quand l’activité de l’aviation générale reprendra, les riverains des aérodromes risquent de tolérer encore moins les tours de piste qu’avant. Nous allons tous devoir faire des efforts. Remettre en question nos habitudes d’aviateur du dimanche ne sera pas le plus facile pour certains. Mais la sauvegarde du maillage aéroportuaire passe d’abord par là. Une chose est sûre : dans les mois et les années à venir, ce ne sera pas le seul défi à relever.

Gil Roy

 

 

12.04.2020

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A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

39 commentaires

  • MULLIER

    J’espère que votre article sera lu en masse,surtout par les politiques car c’est toujours de la haut que viennent les restrictions. Continuons à entretenir nos aéro-clubs et nos pistes qui comme vous dites sont bien utiles en cas de crise ou d’évacuations. Merci pour votre démonstration qui comme d’habitude est d’une logique imparable.

  • lavidurev

    Merci Gil pour cet article pertinent et tres juste . Par souci d economie, d ecologie et que sais je encore encore notre pays ferme depuis des decennies ses plateformes , ses bases aeriennes , ses gares , ses hopitaux , ses usines etc… Autrefois, tout n etait pas parfait, loin s en faut, mais nos grands parents mangeaient a leur faim et ne connaissaient pas le « bio ». Non plus la monoculture n existait pas dans une France bien plus rurale. Dans les champs ne poussaient pas seulement du mais et du colza. Le pays regorgeait d aerodromes dont le role social et formateur evidents n etaient meme pas a defendre. Le paysan du coin etait l ami des pilotes et des velivoles quand il n etait pas pilote lui-meme. Voler certes etait un privilege mais cela restait encore abordable pour le quidam. Une epoque ou tout n etait pas parfait loin s en faut mais ou les gens semblaient vivre sans hantise du lendemain.
    Apres des decennies d efforts economiques, de coupes budgetaires etc nous serions alors portes a croire que notre pays rebondirait ? Que nenni.
    L economie francaise ne servirait elle plus qu a rembourser une dette ad vitam aeternam dans un puits sans fond et tous nos efforts ne serviraient ils servis qu a ca?

  • Christophe

    Très bon billet, et des commentaires tous plus pertinents les uns que les autres. Surtout qu’à mon avis, le « coût » d’un aérodrome secondaire n’est pas si exorbitant. Un coup de tondeuse sur le bord du taxiway ou des pistes de temps en temps au printemps, ça ne doit pas être bien plus long que de tondre les milliers de ronds points inutiles que compte notre beau pays… changer la manche à air une fois tous les 3 – 4 ans, etc. D’autant que les « propriétaires » de hangars paient souvent un loyer pour le sol et participent aux charges bien plus qu’on ne le pense.

    • stanloc

      Pour moi le problème des aérodromes qu’utilise l’aviation de loisir, n’est pas strictement dans ce qu’ils coûtent aux collectivités mais dans le fait qu’ils sont un « rôti tout fumant posé sur le rebord d’une fenêtre pour tous les chats et chiens affamés du quartier » Ajoutez à cela la jalousie de ceux qui n’y voient qu’un loisir de gens riches, dans ces pratiques aériennes et vous avez tout ce qu’il faut pour exacerber les envies de faire passer ces immenses espaces à une utilisation qui rapportera de l’argent et/ou des voix à certains.
      A propos des ronds-points et de l’argent mal utilisé, une chose me choque énormément sur notre réseau routier, ceux sont les bas-côtés. Allez voir en Espagne comment cette ineptie ruineuse en entretien et dangereuse et donc accidentogène a été traitée une fois pour toute La route en macadam s’étale d’un fossé à l’autre et les lignes blanches délimitent parfaitement les deux voies de circulation des deux bandes d’arrêt d’urgence ainsi formées La supériorité du système est tellement évidente que j’ai honte d’avoir des concitoyens incapables de faire pareillement Ils vont par contre dépenser encore de l’argent pour faire des pistes cyclables en bordure des champs (allez encore un peu moins de terres agricoles et un paradoxe de plus au profit des écolos) alors que ces B.A.U. sont parfaites pour tous les usagers qui se déplacent lentement : vélos, piétons, agriculteurs et leurs tracteurs

  • Philippe

    Je vais me mettre des gens à dos mais de gros terrains mono piste, ils, niveau sslia sup à 2 etc ça coûte des millions par an à la communauté. Tout ça pour 2 charter par an au mois d août ou des nav solo 150 nm tous les weekend ou alors une crise sanitaire tous les 100 ans.
    Est ce que ces millions auraient pas pu être dépensés pour les hôpitaux ou autres services. Ce qui nous aurait éviter d utiliser ces terrains cette année.
    Ou alors économiser cet argent pour baisser les taxes et rendre le travail français plus compétitif a l international ce qui développe les entreprises françaises et donc les revenus de taxe augmentent etc. Moins de chômage etc.
    Le cercle vertueux.
    Faut arrêter avec des terrains dans chaque département. Brives, Metz Nancy lorraine, epinal, le couple dijon/Dole, Poitiers etc.

  • Gil a une fois encore raison.

    Les secteurs de la santé, de l’éducation, des travaux publics, de l’eau, de l’électricité, du transport par rail, des aéroports et du transport sanitaire doivent être totalement dans les mains du public
    Cette crise montre plus que jamais l’importance de la présence de l’État dans les secteurs névralgiques du pays. Il y juste à voir ce qui se passe dans les résidences de personnes âgées privées.
    Il faut pour cela revenir aux régimes fiscaux en cours en Occident dans les années 1960 alors que les haut revenus, les bien-nantis et les entreprises payaient bien plus d’impôts et de charge.
    Il faut en premier effacer les impacts de la Révolution conservatrice initiée par Reagan et Thatcher et suivie par tous les autres chefs d’État à quelques exceptions près.
    Il faut défaire les gouvernements Trump, Trudeau Jr., Macron, Johnson, Conte, Bolsonaro et les remplacer dans des gouvernements franchement de gauche, des vrais sociaux-démocrates et ne surtout pas se laisser tenter par les sirènes de la droite et de l’extrème-droite.

    • Morbier

      Discours gauchiste franchement dépassé non ?

    • Jean-Baptiste Berger

      -Pour ce qui est de laisser l’état tout gérer, je crois que vous avez mal choisi le moment pour en démontrer la pertinence…. »y’a qu’à voir ! »
      -Pour les impôts, vous êtes bien mal renseigné, à part en URSS, la fiscalité sur les particuliers comme sur les entreprises était bien moindre à l’époque qu’aujourd’hui, d’où , peut-être, un meilleur niveau de vie pour la population.

      Par contre, je vous rejoins sur le fait que les dirigeants occidentaux actuels sont tous « à jeter » ; mais c’est juste parce qu’ils ont dévoyé la nature d’une économie libérale qui récompensait le travail tout en préservant un bien-être collectif en utilisant au mieux les impôts récoltés;
      Aujourd’hui, ils défendent « l’ultra libéralisme mondialiste » et surtout ils ne sont que les marionnettes des financiers et autres spéculateurs qui, eux, n’ont rien à voir avec la richesse du travail et des entreprises : ils ne produisent rien ! (Par contre ils augmentent les impôts pour enrichir encore plus les voyous qu’ils défendent, ce qui fait qu’on subit à la fois les effets négatifs du communisme et du libéralisme non régulé !…)
      …Et je ne vois pas tellement de génies politiques, à gauche, qui soient capables de les remplacer (le seul génie de ceux qui se présentent aujourd’hui est d’appliquer votre méthode qui a lamentablement échoué tant au Vietnam qu’en URSS, à Cuba ou ailleurs , « affamer les gens par la fiscalité »).
      ..Mon avis.
      Jean Baptiste Berger

    • Raoul Volfoni

      C’est beau l’utopie Philippe,
      La plupart des hauts revenus et bien nantis comme vous dites sont partis à L’ Etranger tellement vos prédécesseurs les taxaient et les detestaient. Les gouvernements franchement de gauche, c’est bon, on a donné, le pays ne s’est jamais autant appauvri que dans les années ou la gauche (caviar) était aux manettes. Que l’Etat conserve ou récupère des activités stratégiques parfaitement d’accord mais qu’il démontre aussi sa capacité à en faire des outils efficaces avec un rapport coût/qualité de service irréprochable au lieu de laisser les SUD et CGT se servir en permanence sur la bête pour arriver (entre chaque gréve) à un rapport cout/prestations déplorable. Pour ça commençons par rémunérer correctement ceux qui les font tourner : au mérite et pas à l’ancienneté: chiche ?
      Maintenant si vous êtes nostalgique des années 60 ok : on peut y revenir : même durée hebdomadaire du travail ? même durée de congés payés ? même age de départ en retraite ? même nombre de fonctionnaires pour 1000 habitants soit +- 40% de moins de mémoire. Vous préfèreriez rouler en quoi ? 4cv ? dauphine ? ou peut être Trabant ? 🙂

    • HG

      Heureusement qu’il ya l’enseignement privé pour sauver l’éducation en France…pour le reste j’adhère aux autres réponses déjà faites à Philippe

  • stanloc

    Je souhaite comme tous les lecteurs d’Aerobuzz la pérennité de nos plateformes MAIS j’attends de voir comment vont être « traités » nos hôpitaux et notre personnel soignant pour me faire une idée de ce qu’il adviendra de TOUT le reste.
    A voir le nombre d’inconscients qui continuent leur jogging comme si de rien n’était, j’ai très peur que ceux qui n’auront pas « senti le vent du boulet sur leur visage » ne persévèrent avec les mêmes égoïsmes qu’avant.

    • Fred

      Mais en quoi le jogging en campagne, en bord de plage est il un risque ? On quoi aller faire seul la maintenance de son avion est il un risque ? En quoi faire une séance de voltige est il un risque ? …. sauf à vouloir brimer les autres quand on est soi même limité !

      Fred coureur, pilote propriétaire et réanimateur.

    • Jean-Baptiste Berger

      Je crois que Fred (qui sait de quoi il parle…merci à lui, au passage) a raison;
      notre brillant gouvernement, n’a rien trouvé de mieux pour masquer (pas de jeu de mot) sa totale incompétence et imprévoyance que de fustiger ceux qui ne resteraient pas emprisonnés chez eux (Castaner vit le rêve de tout mauvais ministre de l’intérieur, il a réussi à mettre tout le pays en prison !….) même si leur activité n’a aucune incidence sur la situation.
      Tout au plus le premier ministre a t il réussi à décaler l’emprisonnement général de deux jours parce qu’il pensait gagner les élections au Havre au premier tour !..
      Dès lors il n’est pas acceptable qu’un bon citoyen, qui a fait son devoir civique en risquant sa peau (ou celle des autres) puisse pratiquer dans un lieu isolé une activité sans effet sur l’épidémie ….si certains souffrent du confinement, il faut que tout le monde souffre !
      Au lieu de s’atteler à fournir des protections pour permettre aux gens d’arrêter de souffrir, on punit tout le monde, et on encourage ceux qui ne peuvent pas s’échapper à dénoncer les autres ;
      Méthode bolchevique (ou fashiste, c’est pareil) totalitaire qui en dit long sur la qualité morale de nos gouvernants !…
      Et je pense que Fred, après avoir passé huit ou dix heures dans la journée à essayer de sauver des petits vieux qu’on a forcés à attraper le virus dans leurs hospices, aurait bien mérité de s’aérer les poumons dans un grand parc sans avoir à subir l’imbécilité des citoyens délateurs, ceux là même qui n’auraient rien fait d’autre que d’aller au bistrot s’ils n’avaient pas été confinés !

  • MIKE

    Excellente argumentation…. nous risquons d’avoir à nous battre, plus que jamais…

  • Alain Roux

    Entièrement d’accord avec le contenu de cet article.

    Mais il est de notoriété publique que l’Etat (ou plutôt l’Europe) n’aime plus les « petits hopitaux/aérodrômes/les petites lignes ferrovières/les petits bureaux de Poste » etc….pas assez de rentabilité et puis le fameux totem des 3%….et tant pis pour le cochon de contribuable qui ne bénéficiera plus de ses ‘services publiques’….alors oui, une réflexion va se faire après cette crise,il va falloir phosphorer du bulbe…

    • DP

      Un Préfet a pour conseillé technique spécialisé la DGAC….. est elle consultée… joue telle pleinement son jeu… une fonction publique amoindrie peut être…. joue telle votre carte???
      Des Roissy… des Orly… ces monstres qui s’effondrent actellement …. des exceptions sans commune mesure avec nos petits terrains ou pistes, la véritable France !

      • Morbier

        La DGAC n’a pas d’intérêts à ce que les aérodromes ferment. Elle peut conseiller, défendre mais la décision finale ne lui appartient pas toujours/en général. Elle siège dans les CCE par exemple. Souvent la décision finale est politique à l’instar de Notre Dame des Landes:ce n’est pas la DGAC qui a décidé d’abandonner le projet.

      • Bruno

        Les fonctionnaires de la DGAC ONT un intérêt à ce qu’il y ait moins d’aérodromes : ça leur fait moins de travail à traiter !
        Même chose avec le nombre de compagnies françaises qui préfèrent voler sous pavillon maltais ou Luxembourgeois car le service en est meilleur.

    • Pilotaillon

      Il me parait difficile de mettre sur le meme plan la listes des services qu’Alain Roux mentionne.
      Il y a des infrastructures qui qualifient un territoire, et qui me semble relever des stratégies ou politiques locales et des services qui doivent trouver un modèle économique…
      Je ne connais aucun élus qui soit heureux de voir un service disparaitre dans sa commune ou département. Les décideurs suppriment des antennes ou des équipements lorsque le rapport cout/service n’est plus tenable. Combien couterait un timbre si tous les bureaux de postes avaient été maintenus ? Et combien avons nous abandonné l’envoi sous enveloppe, à fortiori si le prix de l’affranchissement s’était envolé.
      Nos plateformes sont des équipements d’accès, de loisirs et de sport. Seulement nous sommes les seuls (pardon d’être direct) à le percevoir.
      La couverture des coûts de fonctionnement est parfois précaire.
      Le pilote pense que la collectivité lui doit ce service, habitué en période de vaches grasses, de se le voir offert.
      Aujourd’hui chacun compte et vise les points de dépenses inutiles. Personne ne remet en cause une plateforme si les utilisateurs (l’aéroclub souvent) font le job, cad participent, s’intègrent à la vie locale.
      Pensez-vous que les hélicos de sauvetage en montagne font moins de bruit que ceux qui déplacent des VIP entre les hauteurs de Gourdon et les plages ?
      Lesquels sont mis en causes par des pétitions ?
      Il me semble que nous nous trompons de débat.

  • Q MERCIER

    Article bien écrit avec de bons arguments !
    J’en profite pour faire passer l’adresse du site du collectif de soutien de l’aérodrome d’Oyonnax (LFLK) qui est menacé à court terme par la municipalité qui souhaite faire une zone d’activité à la place (alors que les environs pullulent de friches industrielles, que le centre ville historique se meure et qu’il s’agit du dernier corridor vert du secteur !) https://www.lepoumonvert.fr/index.php

  • Claude Duvivier

    Je citerai Monsieur Bernard Chabbert »un aeroclub est une ouverture sur le monde ».
    Pour le reste, comme souvent,la mémoire est courte.

  • Jean-Baptiste Berger

    Bonjour Gil,
    Une fois de plus un plaidoyer plein de bon sens pour une activité qui nous est chère.
    Je crains hélas que l’immense proportion de notre population qui n’a pas un intérêt direct dans l’aviation (qu’elle soit commerciale ou de plaisance) n’en retiendra que les dernières lignes : après deux mois à n’entendre que les petits oiseaux, le bruit du passage d’un Piper cub va lui devenir insupportable…
    Cette même population (à laquelle je ne m’associe qu’en tant que contribuable obligé) ne verra par contre aucun inconvénient à klaxonner la voiture qui ne démarre pas assez vite au feu vert (ou qui ralentit simplement parce qu’elle souhaite se séparer du flux trop rapide de la voie principale, pour rentrer chez elle, par exemple), à gueuler en groupe devant la télé sur une terrasse de café à chaque fois qu’un guignol réussit à tromper le goal d’une équipe dont elle n’est pas supporter, à brailler dans son téléphone portable parce qu’elle n’entend pas son interlocuteur à cause du bruit de fond insupportable de son autoradio qu’elle entend très bien, par contre, faire partager alentours, etc…..
    Les mêmes qui se comportent en « collabos » (encouragés par les médias officiels !) en dénonçant les parisiens qui viennent se réfugier à la campagne (dont ils comptent bien être les seuls à bénéficier) ou qui virent de leur immeuble les soignants qui rentrent chez eux harassés par un travail dangereux et inhumain pour soit-disant « protéger leurs enfants » (l’argument imparable pour toutes les vilenies)….
    et que ça n’empêche pas d’applaudir avec les autres tous les soir à vingt heures…le collabo sera un résistant modèle à la fin du conflit, histoire connue !
    crois tu sincèrement qu’ils aient le niveau d’intelligence sociale suffisant pour adhérer à ta démonstration ?
    Soixante dix pour cent des Français interrogés souhaitent que le port du masque soit rendu obligatoire (et donc sa non utilisation sanctionnée…) c’est bien la preuve que ceux-ci en disposent…qu’ils se sont bien gardés d’apporter spontanément aux médecins et aux infirmières lorsqu’ils se battaient « à mains nues » au début de l’épidémie !
    On nous montre tous les jours à la télé des exemples de solidarité admirables, mais la véritable nature du franchouillard de base est quand même plus répandue dans les comportements que j’ai dénoncé plus haut.
    Ca ne donne que plus de valeur à l’attitude des gens réellement impliqués et généreux, souvent discrets, et au nombre desquels tu appartiens, tes éditos en témoignent.
    Je ne pense pas, hélas, que la réaction de protection des petits aérodromes soit celle que tu souhaites, espérons juste que l’imbécilité collective, encouragée par des politiques opportunistes, ne précipite pas, au contraire, la fermeture de nos terrains de jeux favoris, au nom d’un égalitarisme de la connerie trop souvent loué dans notre pays !
    Jean Baptiste Berger

  • Pilotatillon

    Les mesures radicales en France : on est habitués !
    Un exemple : les services publics sont si méticuleux que nous traduisons les règlements européens avec tellement de zèle que les textes prennent de l’embonpoint et deviennent parfois si contraignants, qu’on en fait des boulets aux pied du Français.
    Faut dire aussi qu’en critiquant en permance, en attendant que l’Etat soit protecteur de tout, le Gaulois Français provoque cette posture. On peut comprendre celui qui tient la plume, à qui l’on fait porter le chapeau de tout et n’importe quoi.
    En période de choux maigres, les procédures pour déterminer celui qui doit payer n’ont pas fini de se multiplier…
    Donc le doigt dans la couture SVP, et on ne discute pas ! Merci

    • Jean-Baptiste Berger

      Rien à ajouter, tout est dit;

    • DP

      Le problème de la fonction publique d’état ou fonction territoriale, c’est qu’elle s’auto-alimente, s’auto-justifie et s’auto-reproduit comme une caste d’intouchables. C’est une Nomenklatura partie intégrante de la structure nationale coupée des réalités mais dictant leurs réalités !!! les politiques « marionettes » de passage doivent passer par les fourches caudines d’un « état de fait » immuable, un état dans l’état. Le statut protecteur de la fonction publique contribue à cette situation.

  • Bonjour Gil ROY,
    Je voudrais rebondir sur votre article associé au dernier commentaire ponctuant ses pertinents développements par « À nous d’en convaincre nos riverains… »….

    En ma qualité d’avocat, spécialiste du droit aérien et conseil de la FFPLUM et plus généralement du monde aéronautique, je suis ébahi par l’augmentation notoire des actions des maires, des Préfets et ses sous-préfets pour tenter de paralyser nos aérodromes, plates formes permanentes ou occasionnelles pour tous les motifs pertinemment évoqués par Gil ROY. Le plus caractéristique de ces attaques résident dans le fait qu’elles ne sont pas en règle : les violations du droit en la matière sont ahurissantes : fermeture décidée sans respect de la procédure ou pour un motif dénué de fondement juridique, refus d’ouverture pour un motif fantaisiste, conditions imposées et incohérentes d’exploitation d’un terrain, limitations illicites des survols des zones jusqu’à des couloirs de vol imposés par arrêté préfectoral !, etc., c’est à dire toutes prérogatives qui n’appartiennent pas à leurs décideurs et qui contraignent à engager recours gracieux, puis de coûteux recours pour excès de pouvoir devant les tribunaux administratifs parallèlement à des référés-suspension…… étant précisé qu’il apparaît, parfois, que ces soi-disant autorités renoncent quand sont montrés les dents judiciaires….
    Alors « À nous d’en convaincre nos riverains… », certes …., mais tout autant à nous d’en convaincre les premiers obstacles à nos terrains, c’est à dire les maires….. premiers vecteurs des fermetures ……..

    • Pilotaillon

      Permettez moi de comparer nos terrains avec les stades de foot. J’ai déjà choisi cette comparaison entre deux équipements collectifs, de diférentes tailles et souvent gérés par les collectivités territoriales.
      Ces deux infrastructures ne sont pas du tout soutenus par la population locale de la même manière.
      Le terrain de sport coûte pourtant beaucoup d’argent (entretien, éclairage parfois, nuisances de circulation et sonnores les jours de matches)…
      Seulement n’importe qui s’y sent admis, ne ressent pas de barrière intellectuelle pour entrer, dans les parties publiques en repectant les règles d’utilisation, dans ces enceintes coûteuses bien sûr.
      Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les terrains aéro ?
      Il me semble que si nous savons répondre sans biais et avec sincèrité à cette question, nous serons sur la voie de déconfiner les plateformes.

  • Cher Gil, merci pour la qualité de tes propos. J’ajouterai que le tissu économique d’une ville a souvent bénéficié beaucoup plus que l’on ne pense de la présence d’un aérodrome aussi petit soit-il. C’est un petit plus qui aide à la décision d’un entrepreneur de s’implanter là, ou d’un particulier d’acheter une maison secondaire ici. Est que des villes comme Valence, Le Mans, Laval, Nancy, Reims, Dijon, Avignon, Besançon, Le Palais ( belle ile), Courchevel, etc… aurait été exactement les mêmes sans leurs aérodromes? Certainement pas. Jetfly en est l’un des plus beaux exemples. La création de valeur, et d’emplois générés par Jetfly ne serait pas possible sans nos Aerodromes. Protégeons les et préservons leur statut douanier. Sans oublier comme tu le dis très justement de faire attention aux nuisances. Cédric / JETFLY

  • DP

    Prendre conscience de notre patrimoine….
    tout participe à notre histoire, à notre passé dont nous sommes le fruit…. une vie de tous les jours que nos énarques malveillants voudraient éradiquer de notre culture dont ils sont indignes.
    On pourrait aussi effacer les stades de foot, rugby, les cimetières… ect, sous prétexte de rentabiliser le foncier au profit d’un capitalisme galopant.

  • Bruno 38

    Bjr ,

    Vous dites :  » une telle occasion ne se reproduira pas une seconde fois  » .
    N’est ce pas l’argument que vont utiliser les détracteurs ?

  • Captain AF

    Bonjour

    D’accord à 200 % avec l’Edito.
    L’aéroport de Poitiers dont la région Aquitaine ne veut plus assurer une partie du financement est un exemple criant de l’intérêt d’un maillage national constitué par ce genre de plateforme.

    Vous avez raison Gil, à la fin de cette catastrophe, martelons ce discours aux politiques sans mémoire, ceux qui jouent à leur guise et sans discernement avec notre argent !

    Bravo Aero/Buzz

  • Derry GREGOIRE

    Absolument en accord avec les arguments avancés dans cet édito…
    Il y a une douzaine d’années, à l’heure de de la sortie de quelques 150 aérodromes du giron de l’état pour être transférés à des gestionnaires privés ou des collectivités locales, habitants du village aéronautique des lacs sur l’aérodrome de Biscarrosse , nous nous étions posé la question du devenir de ces aérodromes, leur pérennité n’étant assurée que pour une durée de trois ans dans le texte. A cette occasion, nous nous étions rendu compte que si des associations de riverains (toujours promptes à faire fermer ces terrains d’aviation) étaient présentes et très actives ici ou là, il n’existait pas ou très peu d’associations d’usagers de ces aérodromes…Nous avons donc créé l’association des usagers de l’aérodrome de Biscarrosse en y associant les chasseurs et les écologistes locaux qui avec nos arguments, avaient bien compris qu’il était bien préférable d’avoir un aérodrome couvrant quelques 350 ha de verdures et de bois à la sortie de la ville de Biscarrosse, plutôt qu’une nième zone artisanale ou un nième lotissement, constructions destructrices d’environnement. Depuis lors, notre association, l’APAB (Association pour la Préservation de l’Aviation de la flore et de la faune en pays de Born) est devenue l’interlocutrice privilégiée de la Communauté de Commune des grands lacs, propriétaire de l’aerodrome, pour tout ce qui touche aux activités liées à cet aérodrome (charte de préservation vis à vis du bruit, de la préservation de la faune et des zones gérées par les chasseurs etc…).
    Un aérodrome (plus de 500 plateformes en France) outre le fait d’être une possibilité de desserte de proximité immédiate de structures médicales sur le territoire, est aussi une opportunité de préservation de « poumons verts » à la périphérie de la plupart de nos villes et villages…À nous d’en convaincre nos riverains…

  • Jean-Yves Normant

    Merci pour cette réflexion pertinente!
    Pouvez-vous donner quelques exemples de développement économique hors de l’aéronautique ? Et de circuits courts ?

  • Abou

    Bonjour,
    Malheureusement, le bon sens [dont vous faites preuve dans votre billet] n’est [pas] la chose du monde la mieux partagée. Gageons (pour parler comme Descartes) que sitôt revenus le droit de se promener on entendra plus de « qu’est-ce qu’on était tranquille » que de « heureusement qu’il y avait un aérodrome ». Merci en tous cas pour votre raisonnement que je partage en tous points

  • bernardbacquie

    Excellent article. Ce n’est pas pour te passer de la pommade, mais c’est à mon humble avis le meilleur que tu aies pondu, Gil. Tu es tout à fait dans ton rôle de lanceur d’alerte et la couverture de ton site te donne une caisse de résonance qui ne devrait pas laisser indifférent ceux qui ont une parcelle d’autorité ou de décisions. J’ajouterai que je ne comprends pas la fermeture des aérodromes dits secondaires. En imposant les mêmes contraintes de distanciation sociale qu’ailleurs, la pratique du vol pourrait être autorisée. La semaine dernière mon ami allemand, grand passionné du Bücker, pilote de ligne retraité également, m’a téléphoné. Il a failli s’étrangler quand je lui ai dit qu’on ne pouvait pas voler ici, in Frankreich ! Les Allemands, eux, volent, et nous on est là, idiots comme des oeufs sur le plat… Joyeuses Pâques !

    • JSS

      je ne suis pas vraiment d’accord avec la fin de cette réponse: d’après ce que j’ai compris, les urgences des hôpitaux français sont saturées, pas celles des hôpitaux allemands . Il apparaît donc civique et de bon sens de suspendre les vols de loisir, comme d’autres activités de sports (VTT, autres sports mécaniques…) qui peuvent potentiellement apporter des blessés (même en nombre limité). Il ne faut pas voir le mal partout.
      L’article de Gil Roy, lui , est très percutant. Malheureusement, je ne suis pas sûr que le riverain grincheux et jaloux se souviennent de la contribution de l’aérien à endiguer la pandémie…. ce qui ne veut pas dire qu’on a pas tous intérêt à essayer de capitaliser dessus avec nos élus locaux.

  • Merci pour cet article qui montre où est la vérité.
    Pour justifier le coût d’une infrastructure, d’un équipement, etc. il faut montrer qu’il est proportionné à l’utilité de l’objet. Or l’appréciation de cette utilité varie selon les personnes, leur champ d’action, leurs critères d’appréciation. Si le budget n’est plus le seul critère, tant mieux. De toute façon le coût collectif de la pandémie sera supérieur à toutes les économies réalisées depuis qu’il conditionne toute l’action publique.
    Mais il faut garder à l’esprit que le premier levier, surtout en démocratie, est l’opinion publique. Parlons du rôle de nos aérodromes, social, économique, logistique, de défense, etc. Deux aérodromes constituent une route qui n’a pas besoin de chaussée entre ses extrémités. Précieux quand des destructions ou des intempéries peuvent neutraliser, même en partie, la chaussée. Ou quand sa construction et sa maintenance serait impossible ou trop coûteuse.

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