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Le BIA ou la découverte de l’aéronautique dès le collège

Près de 11.000 jeunes ont passé leur Brevet d’Initiation Aéronautique en 2016. C’est plus du double par rapport à 2010. Le BIA s'affirme aujourd'hui indéniablement comme une porte d'entrée dans le monde aéronautique pour nombres de jeunes.

8.09.2017

Courant octobre, les diplômes BIA sont remis aux admis. Le taux de réussite de la session 2016 est estimé à 80,20 % soit 8.650 admis. © FFA

L’objectif de la formation qui mène au BIA est de sensibiliser et de familiariser des jeunes d’un niveau de fin de collège au monde de l’aéronautique en leur transmettant une réelle culture dans le domaine. Elle dure au minimum une quarantaine d’heures, généralement réparties d’octobre à avril. Dans le cadre général, le BIA compte une formation théorique dispensée dans un établissement scolaire (collèges et lycées). Cette formation peut aussi être effectuée dans un aéro-club.

La première de toutes les formations aéronautiques

Dans tous les cas, le BIA se prépare sous la responsabilité d’une personne titulaire du Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Aéronautique (CAEA). Et c’est bel et bien le point fort de cette formation. D’une part, elle constitue la première réelle formation aéronautique encadrée proposée aux jeunes et, d’autre part, elle est dispensée par des passionnés pour des jeunes intéressés par le milieu aéronautique.

Sous conditions particulières, elle peut-être aussi composée d’une initiation pratique de quelques heures, en aéroclub, réalisée par un instructeur.

Un QCM de 100 questions

L’examen final organisé par les académies se déroule chaque année vers la mi-mai. Il prend la forme d’un QCM de 100 questions qui porte sur un tronc commun de cinq thèmes : « Aérodynamique, Aérostatique et Principes du vol », « Étude des aéronefs et Engins spatiaux », « météorologie », « navigation, sécurité des vols », « histoire de l’aéronautique et de l’espace ». De plus, une épreuve facultative d’Anglais aéronautique est proposée aux candidats. Ainsi, les points supérieurs à 10 bonifient le résultat à l’examen. La note minimale exigée pour décrocher le diplôme étant la moyenne soit 50/100.

Le BIA est une porte d’entrée vers les autres formations aéronautiques, notamment celles de pilotage. Il permet une facilité financière avec les bourses octroyées aux admis. © FFA

Des élèves motivés

Le BIA connaît un succès croissant depuis quelques années puisque 10.785 candidats se sont présentés à l’épreuve en 2016 (incluant seulement 2 561 filles), contre moins de 5.000 en 2010. Preuve de son attrait et de son succès ! « La taille des promos augmente mais la composition reste à peu près la même : quelques un très motivés et passionnés avant même d’avoir commencé le BIA et une autre partie assez grande qui vient découvrir » précise Kevin Hugot, météorologue prévisionniste de formation à Météo France et enseignant la météorologie dans le cadre du BIA.

Véritable trait d’union entre l’enseignement initial et les formations et pratiques aéronautique, il représente un support pédagogique efficace car sa préparation fait appel à des notions de mathématiques, de physique, de technologie, de météorologie, de navigation, d’histoire des hommes et des techniques qui sont liées étroitement à l’objet volant. Nicolas Gravez, Responsable Communication et Innovation à la FFA me le confirme : « Les activités aéronautiques scolaires constituent un excellent levier pédagogique, mais sont également l’occasion d’établir un lien prospectif entre le milieu éducatif et le milieu aéronautique. »

Une porte d’entrée dans l’aéronautique

Le BIA ne saurait se limiter à une simple formation théorique. Si l’admis à ce brevet peut arrêter à ce stade, d’autres choisissent de continuer. Le BIA n’est qu’une porte d’entrée dans le monde aéronautique. Ainsi, le titulaire peut obtenir des bourses en s’adressant à son aéro-club pour débuter une formation au pilotage. D’autres poursuivent aussi vers une formation de pilote de planeur ou encore d’ULM. Ils peuvent également bénéficier de 6 mois de licence fédérale offert s’ils adhèrent au programme Jeunes Ailes.

Le BIA a aussi pour vocation de promouvoir les carrières de l’aérien, à l’exemple parfois de conférences proposées aux candidats du BIA par des professionnels du milieu. Il peut aussi être un réel atout sur une lettre de motivation afin de postuler à un emploi dans l’aérien. En effet, il a une valeur supplémentaire pour un emploi lié à l’aéronautique (au sol, comme en vol). L’Armée de l’Air, s’apprête d’ailleurs à rendre obligatoire le BIA pour tous les aspirants.

Une formation d’avenir

Ainsi, le BIA semble s’imposer petit à petit comme un plus dans une carrière aéronautique. « L’obtention du BIA constitue une pièce essentielle contribuant à attester de la motivation du jeune tant pour l’aéronautique que pour faire un effort particulier puisque la préparation au BIA est un acte volontaire dans le cadre d’activités totalement optionnelles. Effectivement, lorsqu’il s’inscrit aux cours, l’élève fait le choix de travailler au minimum deux heures de plus par semaine pour une formation qui, a priori, l’attire. Suivre les cours du BIA et passer son examen est donc un gage de motivation et de qualité du jeune élève. » me confirme Kevin Dupuch, Secrétaire Général à la FFA.

Même si le BIA est d’abord et avant tout une formation théorique, depuis la session de 1994, on assiste à une généralisation des vols d’initiation associés à cette formation et effectués en aéroclub. Ainsi, en 2016, ils étaient 4 072 à avoir effectué un BIA incluant une initiation au pilotage.  © FFA

Le nombre d’inscrits à l’examen a progressé de 7 % de 2015 à 2016, et les chiffres de 2017 (non encore consolidés au niveau national) font également apparaître une progression du même ordre. Le BIA a donc encore de beaux jours devant lui !

Jean-François Bourgain

Les bourses pour une formation de pilotage vol moteur

Objectif atteint

Montant de la bourse

Lâcher

335 euros

Brevet de Base

335 euros

Brevet de Base avec BIA

500 euros

PPL

670 euros

Qualification Voltige

335 euros

Qualification Montagne

335 euros

Les bourses pour une formation de pilotage planeur

Objectif atteint

Montant de la bourse

Lâcher

150 euros

Brevet de Pilote Planeur

300 euros

Premiers 1000 kms (cumulés) sur la campagne,comme commandant de bord (seul à bord), inscrits à la Netcoupe.

200 euros

Participation à un premier championnat officiel (Inter-régional jeune, régional ou national).

200 euros

Les bourses pour une formation de pilotage ULM

Objectif atteint

Montant de la bourse

Montant de base

305 euros

Montant accordé au candidat suivant sa formation au sein d’un établissement ayant reçu le label fédéral

400 euros

Montant accordé au candidat détenteur du BIA

457 euros

Montant accordé au candidat détenteur du BIA, et suivant sa formation au sein d’un établissement ayant reçu le label fédéral

552 euros

Liens utiles :

Informations complémentaires

http://www.ffa-aero.fr/

http://www.monbia.fr/

 

Aerogligli met le BIA en ligne

A propos de Jean-François Bourgain

chez Aerobuzz.fr
Détenteur du Brevet d'Initiation Aéronautique (BIA) et Pilote Privé avion, Jean-François BOURGAIN est Journaliste Indépendant et Rédacteur spécialisé en aéronautique. Il collabore régulièrement, entre autres, à AéroBuzz.fr depuis 2016. Sa connaissance du milieu de l'aérien lui permet d'offrir aux institutions, entreprises et associations aéronautiques un vrai panel de services autour de la communication. Site Internet : https://jean-francois-bourgain-69.webself.net/

9 commentaires

  • lem
    lemarchand

    Effectivement , un bel article au sujet d’une belle réussite…
    Pour avoir initié le CIRAS de l’Académie de Besançon en 1994 et pour le « piloter » encore aujourd’hui.. , je puis vous assurer du bien fondé de cette formation aéronautique et scolaire initiale …l’impact au niveau des jeunes est indéniable…
    « Donner des ailes à l’enseignement » .. tant au niveau pédagogique, qu’au niveau de la motivation scolaire et du comportement responsable , qu’au niveau de la réalisation du projet professionnel ou personnel … voilà ce qui nous anime !
    Une dynamique mesurable s’articule autour de ce projet et ceci dans tous les établissements du réseau, des associations et institutions partenaires .
    La famille de l’air toute entière se réunit autour de cette initiative ..qui fête aujourd’hui ses 50 ans ….il est bon de s’en souvenir …
    Plus de 3500 jeunes de la Région sont actuellement titulaires du BIA et les parcours réalisés ou en cours de finalisation sont remarquables … Tous les secteurs aéronautiques sont impactés…
    Un grand merci à tous les acteurs et partenaires du CIRAS…actuels , et aux anciens également . Un grand merci aussi pour le soutien initial et la confiance installée…
    De tels projets ne peuvent se faire et perdurer sans mettre en avant les valeurs fondamentales de l’aéronautique …….une équipe…
    Sachons transmettre aussi ses valeurs à nos jeunes .
    Un amical salut à toutes celles et ceux qui permettent chaque jour , grâce à leur passion de maintenir le « cap réussite » que nous devons d’indiquer à nos élèves qui sont notre avenir et notre relève…
    L’aventure continue !
    Il est vrai que le BIA devrait devenir une option officielle du …nouveau baccalauréat ….il a fait ses preuves de qualité , de longévité et d’efficacité !
    Il est une spécificité nationale et n’a pas d’équivalent à l’étranger.
    Notre pays est une grande nation aéronautique et cette initiative scolaire mise en place en 1947 mérite bien aujourd’hui une reconnaissance particulière…
    Affaire à suivre

  • bdd6913

    L’article ne mentionne pas l’engagement extraordinaire de l’armée de l’air, qui apporte un appui sans précédent aux Académies. Grâce au Colonel de St Exupéry, et à l’appui de l’Etat Major (merci au Général Mercier), une convention entre l’AA et l’EN permet aujourd’hui aux élèves de l’Ecole de l’Air, mais aussi aux personnels bénévoles des bases aériennes, de soutenir, voire encadrer la mise en oeuvre de formations BIA dans les lycées et collèges, lorsque ceux-ci n’ont pas encore de personnel qualifié. Une expertise professionnelle maintenant structurée au service de l’enseignement et d’une filière riche de métiers, mais surtout au service de nos enfants, ce qui est une grande marque et un grand privilège de notre Nation.

  • marson jean-pierre

    merci d’avoir mis en avant notre ouvrage Mon premier Brevet Aéronautique. Ne pas oublier aussi l’ouvrage de référence depuis la relance du BIA, l’ouvrage Initiation à l’Aéronautique. jpmarson pour Cépaduès.

  • AGVol135

    Très bon article concernant le BIA .
    Dommage que la FFA ne fasse pas le forcing auprès de l’EN afin de trouver un terrain d’entente pour que le BIA soit reconnu comme une option facultative possible (un bon plan pour gagner des points pour le BAC… et motiver encore davantage de jeunes ! Ce serait également une juste récompense pour les titulaires de ce Brevet).
    Cette formation au BIA, qui nécessite des apprentissages et des savoirs dans nombre de domaines, vaut bien une option Chinois, Art du Cirque, Danse, etc… non ?
    (qu’il soit clair que je ne dénigre pas du tout les innombrables options facultatives !)
    Allez la FFA et l’EN, vous souhaitez que la jeunesse déploie ses ailes ? Très bien, mais bougez-vous aussi pour la motiver et la propulser !!!

  • Toni Giacoia

    Excellent article qui rappelle l’importance du BIA dans le secteur aéronautique et spatial.

    C’est peut-être la seule formation transverse qui embrasse tout les domaines de l’aviation et de l’espace. Solide socle pour les sports, carrières, et loisirs aériens, il n’est pas étonnant qu’elle se généralise: même les spécialistes y voient un intérêt afin de sortir de leurs expertises et de mieux appréhender les facteurs extérieurs qui influent sur leurs travaux que ce soit sur les structures, la météo, la navigation, l’aérodynamique, la sécurité des vols. L’histoire de l’aviation et de l’espace permet de réaliser l’évolution et les tendances du monde aéronautique et spatial. L’anglais aéronautique est un plus qui permet de mieux préparer aux publications et communications de plus en plus anglophones. Grâce à cette option, les candidats peuvent obtenir un maximum de 2 points supplémentaires (sur 20) sur la note finale.

    Concernant le BIA et le CAEA, le blog de Laurent LEROY de l’Académie de Versailles regorge d’informations et d’actualités: http://blog.ac-versailles.fr/brevetinitiationaeronautique/ vraiment très intéressant, il vaut le détour.

    Pour le BIA-CAEA et surtout l’ANGLAIS AÉRONAUTIQUE, il y a de nombreuses informations et supports sur le site Aviation English: http://airforces.fr/bia/

  • Louis Ebel

    Un bel article pour une chouette formation !

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